L’explosion entre le jeune et le vétéran
Un combat à saveur locale qui promet entre Sébastien Bouchard et Mazlum Akdeniz

Dave Lévesque
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Il y a eu les combats entre Jean Pascal et Lucian Bute ou entre Davey Hilton et Stéphane Ouellet, mais il y a longtemps qu’on n’a pas eu une bonne confrontation locale. Mazlum Akdeniz et Sébastien Bouchard pourraient y remédier le 7 octobre à la Place Bell.
Le premier est un jeune poulain fringant qui veut se faire un nom alors que le second est un vieux routier en quête de reconnaissance avant d’accrocher ses gants.
On a surtout affaire à deux boxeurs qui aiment donner un spectacle pour des raisons bien différentes. Mais le show risque d’être bon, foi de Mazlum Akdeniz (18-0-0) qui est l’actuel détenteur de la ceinture continentale des Amériques des super-légers du WBC.
« Je pense que ça sera un combat explosif, il y aura beaucoup de coups qui seront lancés. Nous sommes deux boxeurs agressifs et c’est celui qui a le plus de cœur qui va gagner. »

Regarder en avant
Les deux hommes vont se disputer la ceinture des mi-moyens WBC International. Pour Bouchard, c’est un peu comme le dernier rêve, mais pour celui qu’on surnomme Mazz, c’est une étape.
« Pour moi, c’est le combat qui va me mettre sur la mappe, je veux passer à la prochaine étape et entrer dans le top 15 mondial.
« J’espère que ça va me donner la chance d’aller chercher quelques gros combats aux États-Unis, parce que l’objectif ça reste quand même de faire de l’argent, des millions si possible, pour assurer un confort à ma famille. »
Le pugiliste de 26 ans ne manque donc pas de confiance et il sait qu’il peut compter sur ce combat pour attirer l’attention.
« Je suis un boxeur agressif, les gens vont préparer leur pop-corn pour me regarder. Je ne viens pas pour gagner aux points, je suis là pour chercher le knock-out. »

Viser haut
Mazz nous accueille dans son gymnase de Longueuil qui est ouvert depuis moins de deux mois. Il vient d’ailleurs tout juste de recevoir son ring. Sa petite fille Èvine, qui vient d’avoir un an, se promène et regarde son papa s’entraîner en babillant et en lui faisant des sourires. Sa conjointe, Carine, les regarde tendrement. Elle nous précise aussi qu’elle attend une deuxième fille qui arrivera en décembre.
Akdeniz est né au Québec d’une famille turque aux origines kurdes. Un drapeau kurde est d’ailleurs accroché au mur du gym. Il ne veut pas faire dans la politique, mais son peuple lui tient à cœur.
« J’ai deux objectifs. Le premier est de devenir champion du monde et le deuxième serait de pouvoir remplir un stade dans l’est de la Turquie, dans la ville de Diyarbakir d’où ma famille est originaire.
« Je ne vois pas ça comme juste des rêves parce que je n’aime pas rêver, je suis un gars qui fonce. »

Penser à sa tête
Si Mazz veut réaliser ses objectifs, il devra agir vite parce qu’il s’est fixé l’âge de 30 ans comme échéance pour mettre un terme à sa carrière. Mais pourquoi ?
« Je veux penser à ma santé avant tout. Je ne reçois pas beaucoup de dommages, j’ai une bonne défense, mais j’ai du potentiel dans d’autres choses dans la vie et je pense que je peux faire quelque chose de bon même sans la boxe. J’ai le feeling qu’après 30 ans, je serai sur une pente descendante. »
Et en l’écoutant, on comprend qu’il veut aussi satisfaire son paternel qui lui avait dit de ne pas revenir à la maison s’il décidait de commencer la boxe.
« Mon frère et moi, on a quand même décidé d’y aller et il l’a toléré. Je lui ai demandé pourquoi il ne voulait pas que l’on boxe et il m’a donné l’exemple de plusieurs boxeurs, comme Mohammed Ali, qui ont fini avec des dommages au cerveau.
« Je comprends ce qu’il veut dire alors je veux faire ça de manière intelligente. Ce n’est pas un manque de passion pour la boxe, je veux juste penser à ma tête. »