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Inquiétant exode de nos athlètes vers les universités américaines

Le gardien montréalais Devon Levi, que l'on voit ici faire un arrêt face à Joel Armia du Canadien, est passé par la NCAA avant de faire le saut dans la LNH.
Le gardien montréalais Devon Levi, que l'on voit ici faire un arrêt face à Joel Armia du Canadien, est passé par la NCAA avant de faire le saut dans la LNH. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2025-04-30T15:09:58Z

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Le départ d’athlètes québécois vers les universités et collèges américains semble avoir pris de l’ampleur, regrette un observateur qui œuvre dans le monde du sport depuis plus d’une vingtaine d’années.

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Depuis qu’il a été nommé directeur général de l’Alliance Sport-Études, en 2006, Sébastien Fyfe a constaté qu’une tendance se dessine.

«C’est dur à chiffrer, admet-il en entrevue au Journal à quelques jours d’une grande fête organisée jeudi en l’honneur des 40 ans de l’organisme qui aide les athlètes à combiner leur passion et l’école sur les bancs des cégeps et des universités québécoises. On s’y intéresse sérieusement, c’est quelque chose qu’on veut plus creuser.»

Fyfe reconnaît que ce n’est pas nouveau, mais que plus de disciplines sont visées. Bien sûr, la NCAA est populaire chez les hockeyeurs et hockeyeuses d’ici, surtout depuis que les règles d’admissibilités ont été assouplies. Il y a aussi le tennis, le baseball ou le golf que l’on peut pratiquer à l’année aux États-Unis.

«C’est plus diversifié. On recrute même sur le bord de nos piscines au Québec pour les nageurs et les plongeurs», raconte-t-il.

Sébastien Fyfe, directeur général de l’Alliance Sport-Études
Sébastien Fyfe, directeur général de l’Alliance Sport-Études Photo fournie par l’Alliance Sport-Études

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Aux Jeux olympiques

Pour l’ancien membre de l’équipe nationale de handball, les possibilités de se développer dans le système scolaire québécois sont là. Il rappelle que Charles Philibert-Thiboutot, Jean-Simon Desgagnés et Audrey Leduc, trois étudiants de l’Université Laval, ont participé aux Jeux olympiques de Paris l’été dernier.

«Ça ne les a pas empêchés d’atteindre le plus haut niveau en sport et de continuer leurs études ici, note Fyfe. Il y en a des solutions. Avec des programmes d’entraînement et d’encadrement qui sont sérieux et professionnels des établissements d’enseignement de qualité, ce sont des conditions gagnantes.»

«Tout n’est pas rose»

Il soutient que le gazon n’est pas toujours plus vert chez le voisin. Parfois, les diplômes de la NCAA ne sont pas reconnus au Canada. Certains athlètes doivent aussi mettre une croix sur leur champ d’études de prédilection, car il n’est pas offert.

«Sans généraliser, parfois, les jeunes se font vendre une histoire, des possibilités de jouer beaucoup ou de pouvoir avoir tout ce qu’il faut pour s’entraîner, mais quand ils arrivent là-bas, ils peuvent être déçus. Ce ne sont pas juste de belles histoires, tout n’est pas rose.

«Les Américains ont tendance à être très bons pour se vendre. Il faut être capables de mieux se vendre ici et de montrer que ce qu’on a offrir est excellent. Pas seulement sur le plan sportif, mais aussi concernant le développement de la personne», ajoute Fyfe.

Encore l’argent

S’il y avait plus d’investissement dans le sport, les chances de retenir des athlètes et des cerveaux seraient meilleures.

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«Les athlètes olympiques reçoivent sensiblement les mêmes montants depuis 20 ans, même si le coût de la vie a monté», dénonce Fyfe.

«L’encadrement physique et mental des athlètes est mieux, poursuit-il. Il y a peut-être un peu plus d’argent qu’auparavant dans le système, mais les coûts ont tellement augmenté, je ne suis pas certain si c’est plus facile d’être athlète aujourd’hui qu’il y a 20 ans.»

40 ans, ça se fête en grand!

Au cours des 40 dernières années, l’Alliance Sport-Études a aidé quelque 15 000 athlètes à poursuivre leur parcours scolaire.

La Fondation de l’organisme a également versé plus de 3 millions $ en bourses à des jeunes s’adonnant à une cinquantaine de disciplines.

Quand les athlètes ne font pas partie d’un programme sport-études soutenu par leur institution, l’Alliance s’assure qu’ils reçoivent des services similaires dans les 52 cégeps et 11 universités membres.

«On parle d’horaires scolaires adaptés à ceux des entraînements, de la compréhension et la collaboration des profs quand les athlètes doivent partir pour des compétitions ou des camps, de l’aide pour des cours à distance», explique le directeur général de l’Alliance, Sébastien Fyfe.

Le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau avait ­remporté la première médaille d’or canadienne aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.
Le skieur acrobatique Alexandre Bilodeau avait ­remporté la première médaille d’or canadienne aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Photo d’archives

Médecin, comptable, avocat, ingénieur

Cette flexibilité a permis notamment à Alexandre Bilodeau d’être sacré double champion olympique et de devenir comptable agréé ou à Maxime Dufour-Lapointe, aussi en ski de bosses, de poursuivre ses études en médecine.

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La patineuse Marianne St-Gelais et la plongeuse Roseline Filion, respectivement triple et double médaillées aux JO, travaillent maintenant en communication.

Le fondeur Alex Harvey est aujourd’hui avocat, tandis que le cycliste David Veilleux, premier Québécois à participer au Tour de France, est ingénieur.

«Des exemples, il y en aurait des centaines, souligne Fyfe. Ce que je trouve très beau, c’est la grande diversité des parcours. Il y a en a qui marque plus l’imaginaire, mais chacun peut trouver sa voie. Il n’y a pas juste un moule. Tu n’es pas obligé d’être physiothérapeute ou enseignant en éducation physique.»

Rafaël Harvey-Pinard, du Rocket de Laval, a déjà remporté le prix du meilleur étudiant dans la LHJMQ.
Rafaël Harvey-Pinard, du Rocket de Laval, a déjà remporté le prix du meilleur étudiant dans la LHJMQ. Photo Martin Chevalier

Les joueurs de hockey

L’Alliance s’occupe aussi des hockeyeurs de la LHJMQ. Fyfe assure que l’époque où ces joueurs avaient la réputation de ne pas être de bons sur les bancs d’école est révolue.

«Ils sont maintenant au même niveau que tous les autres athlètes masculins avec un taux de réussite autour de 90%», mentionne-t-il.

En incluant les excellents résultats des filles, le taux de réussite scolaire globale des jeunes de l’Alliance se situe à «92-93%», selon Fyfe.

«Avant, ce n’était peut-être pas aussi facile de convaincre que c’était bénéfique que le sport et les études soient connectés. Il fallait faire un choix: tu étais un futur étudiant qui allait se consacrer sérieusement aux études ou un athlète qui était à 100% dans son sport. Maintenant, tout le monde comprend que l’un nourrit l’autre.»

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