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Frank Zampino, l’ex-numéro 2 de la Ville de Montréal, ruiné

Frank Zampino, ancien bras droit du maire Gérald Tremblay, se place sous la protection de la Loi sur la faillite

Frank Zampino et son avocate Isabel Schurman à la sortie de la salle de cour, après l’annulation de son procès pour fraude et abus de confiance en 2019.
Frank Zampino et son avocate Isabel Schurman à la sortie de la salle de cour, après l’annulation de son procès pour fraude et abus de confiance en 2019. Photo Martin Alarie
Photo portrait de Hugo Joncas

Hugo Joncas

2020-12-14T06:00:00Z

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L’ancien numéro 2 de la Ville de Montréal a échappé aux condamnations criminelles, mais les factures de son avocate et les poursuites civiles de la Ville ont fini par le ruiner.

Des « dépenses d’avocats substantielles » ont incité Frank Zampino à faire une proposition en vertu de la Loi sur la faillite. Le cabinet de son avocate Isabel Schurman lui réclame pas moins de 771 759 $. 

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Montréal a aussi fait inscrire des créances totalisant plus de 46 M$ en lien avec cinq recours toujours en cours contre lui, selon les documents qu’a produits le syndic Raymond Chabot.

« Là, il n’a pas les moyens de continuer à se défendre au civil, et au pénal il doit des sommes d’argent importantes, explique l’avocat de Zampino, Jean Lozeau, en entrevue avec notre Bureau d’enquête. Quand bien même que la Ville obtenait un jugement pour 10 M$, 1 M$, 500 000 $... il n’a pas cet argent-là. »

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« Si je me suis entouré de certaines personnes qui ont pu trahir ma confiance, j'assume les choix que j'ai faits », a déclaré l’ancien maire Gérald Tremblay devant la commission Charbonneau.
« Si je me suis entouré de certaines personnes qui ont pu trahir ma confiance, j'assume les choix que j'ai faits », a déclaré l’ancien maire Gérald Tremblay devant la commission Charbonneau. Photo Chantal Poirier

Frank Zampino était le bras droit de l’ancien maire Gérald Tremblay, et fut président du Comité exécutif jusqu’en 2008. 

Ses créanciers devront se contenter de broutilles, selon le plan que recommande le syndic. Zampino offre un montant de 50 000 $, dont 35 000 $ proviennent de sa conjointe, Maria Pietrantonio.

L’acceptation de sa proposition lui permettrait d’éviter la faillite pure et simple et de conserver son titre de comptable, mentionne Jean Lozeau.   

  • Écoutez La rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:   

Sorti de sales draps

La criminaliste Isabel Schurman a coûté très cher à l’ancien maire de Saint-Léonard, mais elle l’a sorti de sales draps.

En 2018, elle a fait acquitter Zampino après l’échec du procès sur le Faubourg Contrecœur.

Puis, en septembre 2019, elle a fait annuler son procès pour corruption dans les contrats de la Ville en invoquant les bavures policières de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Zampino en 2009 avec le collecteur de fonds d’Union Montréal Bernard Trépanier et Rosaire Sauriol, alors vice-président principal de Dessau.
Zampino en 2009 avec le collecteur de fonds d’Union Montréal Bernard Trépanier et Rosaire Sauriol, alors vice-président principal de Dessau. Photo courtoisie

Afin de payer ses substantielles factures d’avocat, Zampino a revendu à sa famille sa part d’un immeuble commercial de la rue Jarry Est, dans l’arrondissement de Saint-Léonard, pour 175 000 $.

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La somme « fut utilisée pour acquitter principalement ses frais de défense », mentionne un document du syndic.  

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio:   

Zampino promoteur

Malgré ses ennuis légaux, Zampino a trouvé le temps de s’impliquer dans des projets immobiliers avec sa famille.

En 2016, notre Bureau d’enquête lui croquait le portrait à la sortie d’un cabinet de notaire. Une compagnie enregistrée au nom de sa femme et de son fils venait de conclure l’achat d’une ancienne station-service de la rue Sherbrooke, dans l’est de Montréal. Prix de la transaction : 750 000 $, sans même prendre d’hypothèque.

Un an plus tard, l’entreprise revendait l’immeuble pour 150 000 $ de plus. 

Par le biais de ses entreprises, la famille de Zampino a vendu pour plus 10 M$ de condos depuis 2010.

– Avec Philippe Langlois et Andrea Valeria


Si vous avez de l’information à ce sujet, contactez notre journaliste en toute confidentialité à hjoncas@protonmail.com ou au 438 396-5546 (Signal, cell.). 

Sombre bilan financier  

47,3 M$ 

Total des réclamations des créanciers, dont :

46,3 M$ de la Ville de Montréal ;

77 1 759 $ du cabinet Schurman Grenier ;

27 5 182 $ de Revenu Québec ;

10 000 $ du cabinet Robinson Sheppard Shapiro. 

50 000 $ 

Montant que Frank Zampino offre aux créanciers, dont 35 000 $ proviennent de sa femme. 

187 684 $ 

Son actif, dont 16 631 $ hors REER. 

La gloire puis les déboires  

1986-1990 — Frank Zampino devient conseiller municipal à Saint-Léonard.

1990 — Il devient maire de Saint-Léonard.

2001 — Il se joint à l’Union des citoyens et citoyennes de l’île de Montréal de Gérald Tremblay. Il est toujours maire de Saint-Léonard, devenu un arrondissement après les fusions municipales.

2002 — Il devient président du Comité exécutif de Montréal auprès du maire Tremblay.

2008 — Démission de ses fonctions à la Ville. Il encaisse une allocation de départ et de transition de 167 963 $, selon La Presse.

2009 — Vice-président de la firme de génie Dessau pendant trois mois.

Mai 2012 — Il est arrêté pour fraude, complot et abus de confiance dans le dossier du Faubourg Contrecœur.

Novembre 2012 — Il s’adresse à la cour pour que la Ville lui rembourse ses frais de défense, sans succès.

2017 — Il est arrêté et accusé d’avoir participé à un cartel de firmes de génie.

Mai 2018 — Il est acquitté des accusations de fraude, abus de confiance et complot en lien avec le projet de Catania au Faubourg Contrecœur. Une condamnation « ne peut jamais reposer sur des suppositions et des conjectures », rappelle la cour, qui acquitte du même coup l’entrepreneur Paolo Catania, un ami de Zampino accusé d’avoir obtenu frauduleusement le contrat de développement du Faubourg, dans l’est de Montréal.

2018-2019 — La Ville de Montréal dépose une série de poursuites contre des acteurs allégués de la corruption dans ses contrats, dont Zampino.

Septembre 2019 — Annulation de son procès pour complot, fraude et abus de confiance dans les contrats publics. Le juge a déterminé que les enquêteurs avaient violé les droits de Zampino en épiant des conversations privilégiées qu’il avait eues avec son avocate, en violation de ses droits constitutionnels. 

30 novembre 2020 — Il dépose une proposition pour tenter d’éviter la faillite pure et simple et conserver son titre de comptable professionnel agréé.

  • Écoutez Jean-Louis Fortin, directeur du Bureau d'enquête, à QUB radio

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