L’ex-numéro 1 de la filière batterie d’IQ sollicite des fonds publics pour GM
Il est aujourd’hui lobbyiste pour General Motors (GM) qui veut bâtir un projet d’un demi-milliard de dollars à Bécancour


Francis Halin
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Moins d’un mois après avoir abandonné son poste de directeur principal de la Filière batterie chez Investissement Québec (IQ), Simon Thibault s’active comme lobbyiste pour demander des fonds publics à son ancien employeur au nom de General Motors (GM), a constaté Le Journal.
Fin mars, Le Journal avait rapporté que Simon Thibault avait annoncé son départ d’IQ, deux ans après son arrivée. Radio-Canada avait ensuite révélé qu’il passait chez GM.
Or, Le Journal a constaté que le nom de Simon Thibault vient d’être ajouté au Registre des lobbyistes. On y apprend qu’il a commencé à faire du lobbyisme pour GM le 17 avril dernier, quelques semaines après son départ d’IQ, le 24 mars.
Projet d’usine de GM
Alors que GM et POSCO Chemical prévoient bâtir à Bécancour une usine dont la valeur est estimée à plus de 500 millions $, le rôle du nouveau lobbyiste est clair.
« Discussions liées au financement (subventions, prêts ou autres) pour soutenir la construction d’une nouvelle installation de matériaux actifs cathodiques à Bécancour, Québec », peut-on lire.
« Le financement servirait, entre autres, à l’embauche de personnel et aux coûts de construction du projet », ajoute-t-on.
Quatre institutions publiques sont visées : la Ville de Bécancour, Investissement Québec, le ministère de l’Économie et de l’Innovation et le ministère de l’Environnement.
Interrogé par Le Journal, Simon Thibault a décliné notre demande d’entrevue, en renvoyant la balle aux communications de GM, à Détroit.
«General Motors est heureux d’accueillir Simon Thibault en tant que leader de l’organisation des Matériaux Critiques VE et membre du Centre d’Excellence des Matériaux Critiques VE», a indiqué un porte-parole de GM.
Pas de rencontres avec IQ encore
Jointe par Le Journal, Investissement Québec a souligné qu'il n'y avait pas eu de rencontres encore avec Simon Thibault concernant des demandes d'aides financières.
«Dans l’exercice de ses fonctions chez IQ, M. Thibault a signé des ententes de confidentialité, qu’il doit continuer de respecter», a mentionné la porte-parole d'IQ, Isabelle Fontaine.
Le bras investisseur a aussi rappelé que M. Thibault était assujetti au code d’éthique de la société d’État et que l’obligation de se confirmer à la loi sur le lobbyisme lui a été rappelée avant son départ.
Conforme à la loi
En journée, Lobbyisme Québec avait confirmé au Journal que les règles concernant un poste de directeur, comme celui de Simon Thibault, permettent d'agir comme lobbyiste en conformité avec la loi.
Pour ce qui est des ministres, ceux-ci doivent attendre deux ans après leur charge publique avant d'effectuer du lobbyisme.
Pour les membres du personnel de cabinet, l'interdiction est d'un an.