Lévis se dote d’une politique de gestion de la dette


Stéphanie Martin
Partager
Critiquée par l’opposition lors de l’adoption du budget 2022 pour une dette qui continue d’augmenter, l’administration Lehouillier à Lévis se dote d’une politique de gestion de la dette.
• À lire aussi: L’argent du 3e lien ira en santé et en éducation, promet Anglade
• À lire aussi: Le tunnel plus populaire que le tramway à Québec
Le maire Gilles Lehouillier en a fait l’annonce mercredi matin. La Ville adopte un plan financier à long terme, pour être prévisible dans le temps, dans un horizon de 10 ans.
«Ce mandat consiste en la préparation d’un plan financier intégré, incluant notamment une politique de gestion de la dette à long terme, une politique de gestion des excédents accumulés, une politique de gestion des actifs ainsi qu’une diversification des revenus. Cette nouvelle démarche inclura également des mécanismes de reddition de comptes sur l’analyse des états financiers», a indiqué la Ville mercredi.
«L’endettement de la Ville est bon, toutes proportions gardées», a affirmé le maire. «Notre dette est sous contrôle», mais la Ville veut se donner une planification à long terme et se donner des marges de manœuvre pour faire face aux imprévus, a souligné la directrice des Finances, Josée Bélanger.
Pas de ressources
Le maire, qui est à la tête de la Ville depuis 2013, a expliqué que si ce plan n’existait pas auparavant, c’est qu’«on n’avait pas les ressources et on ne prenait pas les moyens pour se les donner».
Il a donné l’exemple des centrales de police pour lesquelles on a attendu la fin de leur vie utile et un état de vétusté avancé avant de planifier leur remplacement. «On aurait pu mieux planifier», a indiqué le maire.
On a appris en décembre que la dette continue d’augmenter à Lévis. Elle grimpe de 2 millions $ pour se chiffrer à 489 millions $. Lors de la séance du conseil qui s’était tenue le 13 décembre, ce constat avait fait bondir Serge Bonin, le seul conseiller de l’opposition, qui avait affirmé que « le rythme d’endettement de la Ville est extrêmement préoccupant ». Il avait reproché l’absence de plan de contrôle de la dette. Cette sortie avait irrité le maire, qui lui avait reproché de «faire son show».
Grande ville
Mercredi, M. Lehouillier a voulu expliquer pourquoi la Ville adopte maintenant cette politique. «On est passé au statut de grande ville», a-t-il justifié, pointant aussi l’arrivée d’une nouvelle directrice des Finances, Josée Bélanger, qui apporte selon lui une nouvelle vision.
L’intervention du conseiller Bonin n’est pas à l’origine de la révision des mandats des comités, a affirmé M. Lehouillier, puisque celle-ci était déjà en branle, mais il a souligné que «les idées de tout le monde sont bienvenues là-dedans».
Le plan de gestion vient confirmer des intentions qui étaient déjà en place, et les pérennise dans le temps, soit atteindre la cible de 20 M$ en paiement comptant d’ici 2024, maintenir un ratio du service de la dette sur le budget ne dépassant pas la barre des 20 % et plafonner les emprunts nets de la Ville pour les quatre prochaines années afin de stabiliser et diminuer la dette à compter de 2027.
«Un premier gain»
Pour Serge Bonin, cette annonce est «un premier gain» pour son action politique au conseil. «Malgré cet accomplissement, il reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir réellement affirmer que l’exercice du pouvoir se fait de manière très transparente à l’hôtel de ville», a-t-il fait savoir par communiqué.
Il continue de demander une présence citoyenne sur le comité de finances. Gilles Lehouillier estime que sa Ville est transparente, mais ne ferme pas la porte à une forme de consultation citoyenne sur l’enjeu des finances, notamment par l’entremise de «groupes cibles».