Leurre d’une élève de 15 ans: un ex-joueur des Alouettes écope de trois mois de prison
Christophe Normand avait rencontré la victime alors qu’il était suppléant dans une école secondaire de l’Estrie


Erika Aubin
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Un ex-footballeur des Alouettes qui a tenté d’avoir une relation sexuelle avec une de ses élèves de 15 ans en lui envoyant des textos suggestifs n’a pas réussi à éviter la prison, et a plutôt été condamné à trois mois de détention.
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Pendant la saison morte des Alouettes en 2022, le joueur Christophe Normand a effectué des remplacements dans une école secondaire de Waterloo, en Estrie. Il était d’une certaine manière une célébrité à l’école, a noté le juge Serge Champoux dans son jugement rendu lundi au palais de justice de Granby.
Dès la fin de l’année scolaire, l’homme de 33 ans s’est mis à envoyer des textos à une élève de quatrième secondaire à qui il avait enseigné l’éthique et la culture religieuse. Il a notamment complimenté sa «belle shape» en plus de lui proposer de venir le rejoindre dans une chambre d’hôtel de Montréal.

Position d’autorité
Au terme de son procès, en avril dernier, Normand avait été reconnu coupable de leurre d’une mineure. Non seulement elle n’avait pas l’âge du consentement, mais il était aussi en position d’autorité.
Après son arrestation, le sportif avait rapidement perdu son poste de centre-arrière dans la Ligue canadienne de football.
Lors des observations sur la peine, la victime a décrit dans une lettre comment ces événements avaient ancré une peur en elle. Elle sent maintenant qu’elle doit être prudente «envers ce monde qui semblait, avant, plus sûr et accueillant».
«Vous ne pouvez même pas faire confiance à un professeur... à qui dans ce monde pouvez-vous faire confiance?» avait ajouté la jeune femme.
À purger les week-ends
La Couronne réclamait jusqu’à six mois de détention. De son côté, Normand espérait s’en tirer avec une sentence à purger à la maison. Il souhaitait que la médiatisation soit prise en compte comme dommage pour une peine plus clémente.
«La couverture en question n’est ni démesurée, ni abusive, ni oppressive. L’accusé était un athlète professionnel connu. Il appréciait et profitait de ce statut. [...] Il n’a pas été injustement traité», a toutefois estimé le juge Serge Champoux.
Christophe Normand pourra toutefois purger sa peine d’emprisonnement de trois mois de façon discontinue, soit pendant les week-ends.
Il sera ensuite assujetti à une probation de trois ans, avec plusieurs conditions à respecter, dont un suivi pendant deux ans pour toute problématique en matière sexuelle. Son nom ne sera pas inscrit au Registre des délinquants sexuels.
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