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Plus de 13 000$ par année pour jouer au hockey: lettre ouverte d'un ancien du Canadien devenu papa d'un jeune hockeyeur

Photo ADOBE STOCK
Photo portrait de Alexandre Picard

Alexandre Picard

2024-11-23T05:00:00Z

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Ancien du Canadien devenu analyste à TVA Sports, Alexandre Picard est aussi le papa d’un hockeyeur de 11 ans, avec qui il parcourt les arénas de la province. Il y a quelques semaines, il nous a envoyé une lettre ouverte rédigée au début du mois de septembre, dans laquelle il dresse un constat frappant: de nombreux enfants doivent renoncer au hockey, notre sport national, faute de moyens.

Pour accompagner ses propos, Le Journal vous propose une série de textes sur les coûts liés à la pratique du hockey ainsi que sur les initiatives mises en place pour aider les parents moins fortunés ou frappés de plein fouet par la hausse du coût de la vie. 


Le hockey est un sport pour les fortunés!

Vous avez sûrement entendu cette phrase plusieurs fois, surtout lorsqu’il est question des sacrifices financiers nécessaires pour permettre à nos jeunes de pratiquer leur sport favori.

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Avec l’augmentation du coût de la vie et l’incertitude des dernières années, de nombreux enfants doivent renoncer au hockey, faute de moyens.

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Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Cela pourrait même affecter le développement des jeunes d’ici, au point de passer à côté d’un talent naturel. J’ai connu des joueurs québécois professionnels qui ont eu besoin d’aide financière, de dons d’équipement ou de passe-droits pour les frais d’inscription dans leur jeunesse.

Intrigué par le coût total d’une saison de hockey élite pour un joueur de 11 ans, j’ai décidé de comptabiliser toutes les dépenses liées au hockey de mon fils lors de sa dernière saison.

À prendre en considération dans ce calcul qui s’applique à notre situation:

- La situation géographique: nous sommes à Drummondville;

- Le niveau: M13 AAA dans la LHEQ;

- Les pratiques (deux sur trois pendant la semaine) étaient à 35-45 min de route de la maison.

Voici les différentes catégories que j’ai considérées comme des dépenses:

- Le kilométrage pour les entraînements et les parties;

- Le coût d’inscription et d’assurance du hockey mineur;

- L’équipement (jusqu’au ruban et à l'aiguisage des patins);

- Le linge à l’effigie de l’équipe (manteau, chandail, tuque, casquette);

- L’hôtel pour les parties et les tournois;

- Les restaurants et épiceries lors des déplacements.

Plus de 13 000$ par an

Roulement de tambour... le coût total de la saison 2023-2024 pour mon fils s’élève à 13 656$. Cette facture salée s’explique notamment par les nombreux déplacements en saison régulière vers des endroits comme Québec, la Beauce, Rimouski, Chicoutimi et Baie-Comeau. Cela implique des nuitées à l’hôtel et plusieurs repas au restaurant.

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L’an dernier, la LHEQ était divisée en trois sections. La délimitation a été faite à partir de Drummondville. Nous étions donc forcés de nous rendre vers le nord, ce qui signifiait qu’aucun match n’était prévu contre Sherbrooke (à 45 min de route) ou Saint-Hyacinthe (à 35 min de route).

• À lire aussi: «Une petite fille de 11 ans qui pleure tout le long du chemin, est-ce normal?»: voici certains de vos témoignages sur notre hockey mineur

En Suède, un règlement est en place pour que les équipes en bas âge n’aient pas à parcourir de grandes distances. On pourrait peut-être s’inspirer de ce qui se fait ailleurs.

À noter que nous sommes situés au Centre-du-Québec. Je n’ose même pas imaginer les coûts associés aux déplacements à partir de régions éloignées comme l’Abitibi, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.

Il est également important de préciser que ces coûts concernent uniquement la saison hivernale. Mon fils n’est pas inscrit au hockey de printemps-été ni à des leçons privées, malgré la tendance croissante ces dernières années.

Pour ceux qui le font, il faut ajouter quelques milliers de dollars supplémentaires.

Mon père avait deux emplois

Les familles nombreuses me viennent aussi en tête, pour qui la facture peut doubler ou tripler selon le nombre d’enfants inscrits. Ça devient encore plus difficile quand vous avez un gardien de but dans la famille.

Ce ne sont que des constats. Les camps d’entraînement sont maintenant derrière nous, et l’action a repris à travers la province. Bien que cela exige du temps et de l’argent, selon les différentes catégories, il est essentiel de se rappeler une chose en tant que parent: ne voyez pas ces dépenses comme un investissement à long terme.

En d’autres mots, ne vous attendez pas à un retour sur investissement. Faites-le pour les bonnes raisons: pour créer des souvenirs avec vos enfants, pour les encourager à rester actifs, à se dépasser et à devenir de futurs bons citoyens.

Merci à vous, parents de jeunes hockeyeurs, pour vos sacrifices. Je comprends maintenant pourquoi mon père avait deux emplois et pourquoi ma mère a travaillé si dur pour gravir les échelons dans son domaine, afin que mon frère et moi puissions pratiquer le plus beau sport au monde.

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