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L’esprit d’un champion

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Photo portrait de Louise Bourbonnais

Louise Bourbonnais

2022-06-04T04:00:00Z

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Considéré comme le meilleur joueur de tennis de tous les temps, Roger Federer a su séduire son public tant par son jeu que par sa personnalité. C’est le journaliste sportif du New York Times, Christopher Clarey, qui a retracé son parcours dans une nouvelle biographie maintenant disponible en français.

« Je tenais à écrire cette biographie, si je ne l’avais pas fait j’aurais eu des regrets », confie d’emblée, l’auteur et journaliste Christopher Clarey qui couvre le tennis depuis 35 ans et qui a suivi le tennisman pendant 20 ans en réalisant de multiples entrevues. « J’avais accès à des informations extraordinaires et j’avais un contact privilégié avec ce sportif d’envergure », précise Clarey qui a mis six mois à écrire son livre de près de 600 pages en plus de passer autant de temps à faire des recherches et à réaliser de nouvelles entrevues tout en fouillant dans ses écrits réalisés ses 20 dernières années. 

C’est grâce à ses longues entrevues et les voyages qu’ils ont faits ensemble que Christopher Clarey a pu saisir toute la personnalité de celui qui compte 103 titres et 1251 victoires en carrière, faisant de lui le plus grand champion de tennis.

En lisant ce livre, on comprend que l’auteur a été fasciné par la personnalité du champion. Un jour, lors d’un voyage à Buenos Aires en Argentine, ils ont réalisé une entrevue dans sa limousine. Federer recevait 2 millions $ par apparition, c’était en 2012. 

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« Roger était impressionné par les fans autour de lui, comme s’il découvrait qu’il était populaire même dans cet endroit d’Amérique du Sud, où il mettait les pieds pour la première fois », indique l’auteur.

Un être particulier

Malgré son talent indéniable, rien ne pouvait laisser présager que Federer deviendrait le joueur de tennis le plus adulé au monde. 

« Jeune, il n’acceptait pas la défaite, il a commencé à jouer au tennis à huit ans et il avait des problèmes à gérer sa colère et ses émotions, ne pouvant tolérer que d’autres pouvaient être meilleurs que lui », souligne l’auteur qui rappelle que Roger a amorcé sa carrière au tennis à l’âge de 12 ans alors qu’il hésitait entre le football et le tennis. 

« Il est devenu champion à 21 ans et avec les années, il a appris à contrôler davantage ses émotions et à accepter la défaite avec plus de grâce et de perspective », fait remarquer le journaliste du New York Times.

Mais c’est aussi cette frustration à voir ses rivaux remporter des matchs qui lui a permis de développer sa détermination et devenir le meilleur.

Federer était aussi prêt à sortir de sa zone de confort. Lui qui est né dans la Suisse allemande à Bâle, il a accepté à 14 ans à s’établir à Lausanne dans la Suisse francophone, même si, à cette époque, il ne parlait pas le français. Il a avoué que c’était difficile au point de pleurer, mais que cela a forgé son caractère lui permettant de développer sa persévérance et son indépendance. 

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Détermination et sensibilité

Selon Christopher Clarey, si Federer s’est rendu aussi loin c’est en raison de plusieurs facteurs. 

« Il avait du talent, mais pour devenir un grand champion, il faut aussi une équipe derrière et Roger a su assembler les bonnes personnes et faire les bons choix. Il faut le bon coach, le bon agent et les bons commanditaires », constate l’auteur. 

Selon Clarey, Federer est aussi intuitif. « Il sait quand le moment est venu de prendre une pause en raison de ses blessures pour ensuite revenir avec une énergie positive. »

Parmi ses autres qualités, Christopher Clarey cite l’importance de son jeu avec ses gestes, ses mouvements tout en élégance. À cela s’ajoute sa capacité à s’adapter à une foule de situations dans tous les domaines de sa vie. « Il est aussi quelqu’un de très empathique, les gens le ressentent et ça explique l’amour du public à son égard. »

En revanche Federer serait têtu ce qui, toutefois, l’a aidé à développer sa détermination. « Il est aussi trop sensible, il pouvait pleurer après un grand match, mais parce qu’il a montré cette grande sensibilité au public cela a fait de lui quelqu’un d’attachant, mais ça lui a aussi coûté des matchs », estime le journaliste. 

La suite

Même si Federer est toujours actif au tennis à 41 ans, le journaliste s’attend à ce que l’heure de la retraite sonne bientôt, mais il ne restera pas chez lui à ne rien faire pour autant, même s’il passera davantage de temps avec sa femme, Mirka, et leurs enfants.

« Je crois qu’il fera beaucoup de choses en commençant par se consacrer à des œuvres caritatives ».

D’ailleurs, lors du tremblement de terre de 2010 à Haïti, il n’a pas hésité à mobiliser pour la cause des vedettes du tennis mondial en Australie récoltant près de 200 000 $ australiens.

En 2020, tandis que l’Australie était ravagée par des feux de forêt, il a fait un don conjoint avec Rafael Nadal de 250 000 $ australiens.

Il a aussi fait un don d’un million de francs suisses au début de la pandémie de COVID-19 pour aider les personnes les plus vulnérables dans son pays.

« Il n’a pas passé autant de temps avec Bill Gates inutilement », lance Clarey. « Il a aussi la fibre d’un entrepreneur et à mon avis, il va utiliser son image pour avoir un impact pour lancer quelque chose. »

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