L’espoir que Kent Hughes compare aux frères Tkachuk

Stéphane Cadorette
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Quand un directeur général se fait aborder spécifiquement sur un espoir, il est plutôt rare qu’il s’exprime comme un livre ouvert.
Questionné sur l’attaquant américain Ryan Leonard, Kent Hughes n’a pu s’empêcher de sourire et de sortir l’encensoir jusqu’à le comparer aux frères Tkachuk.
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Bien des fidèles du Canadien ont encore sur le cœur le repêchage de 2018, lorsque leur équipe a opté pour Jesperi Kotkaniemi avec le troisième choix au lieu de Brady Tkachuk, sélectionné tout juste après. Deux ans plus tôt, les Flames avaient fait de Matthew Tkachuk le sixième choix au total, trois rangs devant le Canadien.
Depuis, c’est un peu comme si les frangins, avec leur style hargneux et leur production offensive, alimentent les cauchemars de nombreux partisans montréalais, qui auraient aimé voir les deux pestes dans leurs rangs.

Est-ce que ce fantasme pourrait se réaliser par le biais de Ryan Leonard? L’attaquant en puissance du programme de développement américain des moins de 18 ans pourrait devenir un franc-tireur alléchant avec 51 buts en 57 matchs la saison dernière.
Dans son point de presse au camp d’évaluation des espoirs à Buffalo, Hughes a été questionné sur ses impressions quant à Leonard. Sans même se faire demander un comparatif, ses yeux ont scintillé et il s’est lui-même avancé.
«Tu as juste à le voir jouer et ses forces sortent tout de suite. C’est un gars qui joue dans le style de Matthew Tkachuk ou Brady Tkachuk. Il est vraiment agressif physiquement. Il joue de manière très intense et il donne son effort à chaque présence», a-t-il louangé.
Familier avec l’organisation
Plus tôt, au cœur du bouillonnement des espoirs, agents et décideurs qui grouillent dans les couloirs d’hôtels à Buffalo, le Journal a pu discuter avec Leonard, un jeune homme de nature décontractée qui dégage une grande confiance. La veille, il avait justement rencontré le Canadien.
«Il y avait une bonne ambiance durant cette entrevue», a-t-il souligné. Je trouve qu’on a eu une bonne connexion ensemble. Je connaissais déjà un peu Kent, donc c’était assez facile de bien m’entendre avec lui. C’était agréable.»
Leonard ne tombait effectivement pas en terrain inconnu. Durant son parcours dans le hockey mineur au Massachussetts, il a régulièrement croisé Hughes et a même été dirigé par Martin St-Louis.
«Kent était mon conseiller avant de devenir directeur général. Je le voyais à l’aréna et nous avons établi un bon lien. Je connais son fils Jack et nous avons une relation amicale.
«Martin nous a dirigés dans des camps estivaux. J’étais trop jeune pour prétendre que nous avions une chimie ensemble, mais j’étais définitivement impressionné de me retrouver avec lui. Son nom parle de lui-même et quand il se retrouve à tes côtés, tu sais que ce sera une bonne journée», a souri le prolifique marqueur.

Un attaquant en puissance
Plusieurs répliqueront que le gabarit actuel de Leonard, à 6 pieds et 192 livres, ne laisse pas croire qu’il pourra un jour s’imposer physiquement dans la LNH comme les frères Tkachuk, par exemple.
Deux recruteurs de l’Association de l’Ouest consultés récemment par le Journal le perçoivent cependant bel et bien comme un futur attaquant en puissance.
«Tu n’as jamais assez de bons marqueurs. Il a du chien, il frappe, c’est un vrai», a dit l’un deux, tandis que l’autre a renchéri.
«C’est un marqueur, mais surtout un compétiteur. Il a des habiletés, mais il joue pesant», a résumé le second.
Leonard, qui ne manque clairement pas d’assurance et qui s’est aussi fait comparer à Chris Kreider par certains analystes, se dit flatté qu’on lui accole cette étiquette.
«Il y a plusieurs joueurs qui me servent d’inspiration et il fait définitivement partie de cette liste. Tous les attaquants en puissance de la ligue pourraient aussi correspondre à mon style», a-t-il fait valoir.
Prêt pour Montréal
Ce n’est certainement pas parce que Leonard est familier avec Hughes et St-Louis qu’il faut conclure qu’il se retrouvera dans la métropole. Si toutefois ça devait être le cas, l’ailier se sentirait d’attaque pour plonger dans la marmite.
«Le marché de Montréal parle de lui-même. Tout le monde sait ce que le hockey représente là-bas et ce que cette ville a à offrir. Le Canadien est une très bonne organisation. Le Centre Bell est génial. J’espère que je pourrai jouer là un jour», a conclu celui qui se voit «assurément sortir dans le top 10».
Jouer un jour au Centre Bell, il y a fort à parier que ça arrivera. Reste à voir si ce sera dans l’uniforme Bleu-Blanc-Rouge.