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Les visages de l'itinérance: leur vie détruite par la consommation et les expulsions de logement

Photo Olivier Faucher
Photo portrait de Olivier Faucher

Olivier Faucher

2023-09-15T04:00:00Z
2023-09-15T13:10:48Z

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La consommation et l'expulsion d'un logement sont au cœur des histoires des personnes qui se retrouvent dans la rue, selon le récent recensement du gouvernement. Le Journal a recueilli les témoignages d'itinérants montréalais parmi les plus de 10 000 qu'on retrouve maintenant au Québec, lors d'une visite à la Mission Old Brewery à Montréal.

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Tout bascule après la perte de son emploi

Damien s'est retrouvé à la rue dès 2019
Damien s'est retrouvé à la rue dès 2019 Photo Olivier Faucher

La vie d’un Montréalais qui vit avec des problèmes de consommation a basculé lorsque la perte de son emploi l’a mené à la rue il y a quatre ans.

« Je me suis retrouvé dans la chnoute. Je ne m’attendais pas à ça », raconte Damien, 39 ans, qui a préféré ne pas mentionner son nom de famille.

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Ce dernier a travaillé toute sa vie dans la restauration jusqu’en 2019 ; il était alors employé dans un restaurant de sushis à la gare Centrale.

Mais sa situation financière était fragile en raison de ses problèmes de consommation de drogue, comme la cocaïne, le crack, et l’héroïne.

Du jour au lendemain, son restaurant a annoncé sa fermeture. Sans emploi, Damien a rapidement vu sa vie s’écrouler.

« Je me suis retrouvé à la rue. Je suis venu habiter ici, à la Mission Old Brewery. »

  • Écoutez l'entrevue avec Bruno Marchand, maire de Québec à l’émission de Benoit Dutrizac via QUB radio :

Séjour aux soins intensifs

Ses problèmes de drogue se sont ensuite aggravés. « Tu es entouré de ça. Tous les jours, tu t’en fais offrir. C’est vraiment difficile de vivre ici sans consommer. »

Passant par des maisons de thérapie et de transition, Damien n’a toujours pas réussi à s’en sortir et a dû faire entre autres un séjour aux soins intensifs après une endocardite, une infection du cœur, liée à sa consommation.

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Le fait que la drogue soit de plus en plus forte dans la rue ne fait rien pour l’aider. « Les dealers se câlissent de nous autres. Ils sont prêts à mettre n’importe quoi dans la substance pour qu’on revienne en chercher. »

Damien attend ses remboursements d’impôts pour espérer se trouver un logement à 25 % de son salaire.

« On n’est pas la priorité », mentionne-t-il pour expliquer la hausse de l’itinérance au Québec. Ils veulent plus vendre des condos et des propriétés que louer. »

L'alcoolisme lui a coûté son logement

L'intervenant Gino Gosselin et Stéphane Richard, en situation d'itinérance.
L'intervenant Gino Gosselin et Stéphane Richard, en situation d'itinérance. Photo Olivier Faucher

Un homme qui a perdu son logement en raison de sa consommation estime qu’on est plus à risque qu’on le pense de se retrouver à la rue.

« On avait un logement, mais à cause de l’alcoolisme, on s’est fait mettre dehors. On avait des retards [de paiement] par-dessus retards », raconte Stéphane Richard, qui vivait à Ahuntsic avec sa copine de l’époque.

Il s’est ainsi retrouvé à la rue en 2019 et n’a toujours pas réussi à s’en sortir. L’inflation, notamment, ne l’aide pas.

« Moi j’essaie d’économiser, pis c’est juste les cigarettes que ça paie. Des fois de la bière, parce que je suis à bout. »

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Il croit que les loyers devraient « baisser » pour éviter qu’encore plus de gens se retrouvent à la rue.

« Même les familles ne peuvent pas vivre. Même toi, tu peux perdre ta job et du jour au lendemain, tu es à risque », lance-t-il, en s’adressant à notre représentant.

Trop de condos, pas assez de logements

Michel Lévesque
Michel Lévesque Photo Olivier Faucher

Un homme qui a déjà été dans la rue n’en peut plus de voir les condos pousser à Montréal, pendant que les logements à loyer modique manquent pour les sans-abri.

« C’est bien beau parler de millions et de milliards, je m’en ca$!%@$ moi ! Pourquoi est-ce qu’ils sont capables de construire des condos dans le temps de le dire, mais qu’ils ne sont pas capables de construire ce qu’on demande ? », s’exclame Michel Lévesque, 62 ans.

Ce dernier fréquente la Mission Old Brewery, même s’il a un toit. « Je demeure en coloc. Je paie. J’ai une chambre, une cuisine, un salon, mais c’est pas chez nous. J’ai un coloc qui est alcoolique chronique. »

  • Écoutez l'entrevue avec Elisabeth Prass, députée de D’Arcy-McGee, porte-parole de l’opposition officielle en matière de lutte contre l’itinérance et porte-parole en matière de santé mentale et de services sociaux à l’émission d’Alexandre Dubé via QUB radio :

M. Lévesque, qui s’est déjà retrouvé en situation d’itinérance dans le passé, aimerait se trouver un logement pour « s’éloigner de la consommation ».

Originaire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, il est particulièrement inquiet de voir ce quartier se transformer en faveur des plus riches.

« Il manque de logements définitivement. Il y a tellement de condos qui ont été construits dans Hochelaga-Maisonneuve, c’est incroyable ! »

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