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Le grand auteur de thrillers J.R. dos Santos dévoile les véritables intentions du pouvoir chinois dans son nouveau roman

Photo fournie par Pau Storch Éditions Hervé Chopin
Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

2023-08-19T04:00:00Z

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L’écrivain et journaliste portugais J.R. dos Santos, reconnu comme un des plus grands auteurs de thrillers érudits en Europe et aux États-Unis, s’est intéressé de près à la politique, aux traditions et aux pratiques du pouvoir chinois pour écrire un nouveau roman à couper le souffle, La femme au dragon rouge. Par le biais de ses personnages et de leurs multiples aventures, il décortique la stratégie millénaire de l’Empire du Milieu et dévoile ses intentions face à l’Occident.

Le roman met en scène une jeune ouïgoure membre du Parti communiste chinois, Madina. Elle a appris très jeune le chinois, elle est éduquée et voue un culte sans faille au leader du Parti. Pourtant, elle est emprisonnée et avoue des crimes qu’elle n’a pas commis.

Tomás Noronha, célèbre cryptologue et vedette de la série, apprend que sa femme a été enlevée en Inde avec une inconnue qui se fait appeler Dragon rouge. Il part à toute vitesse à leur recherche, assisté de Charlie Chang, agent de la CIA. Tomás est confronté à une réalité dont il ignorait l’existence.

J.R. dos Santos, en entrevue via courriel, explique ce qui l’a plongé dans l’écriture de ce roman palpitant. 

« J’ai réalisé que le Parti communiste chinois jouait un double jeu avec le monde, de plusieurs manières. »

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Il explique. « La doctrine militaire de la Chine est principalement basée sur la tromperie, comme on peut le voir dans L’art de la guerre de Sun Tzu. Cette stratégie parfaite consiste à engager la guerre avec quelqu’un – en ce cas l’Occident – en faisant en sorte que l’ennemi ne réalise pas qu’il y a une guerre. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard, bien entendu. »

« Ils parlent un double langage : ils parlent d’amitié, d’harmonie, de fondations communes, de construire des ponts, etc., toutes sortes de choses qu’on veut entendre. Mais en fait, ils construisent une force militaire formidable et assujettissent autant de pays qu’ils peuvent, exportant leur projet de dictature totalitaire et de société de surveillance. »

« Ils vont poursuivre ce projet si nous continuons à nous méprendre face à leurs projets réels. Voilà pourquoi j’ai trouvé nécessaire d’écrire La femme au dragon rouge. Le roman explique ce qui se passe réellement en Chine et quels sont les véritables ambitions du Parti communiste chinois pour l’humanité. »

Photo fournie par Pau Storch Éditions Hervé Chopin
Photo fournie par Pau Storch Éditions Hervé Chopin

Un défi d’écriture

Son thriller est rempli à ras bord d’information pertinente, d’analyses pointues, de connaissances, mais aussi d’action et d’émotions fortes. Quel était son plus grand défi d’écriture ?

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« Ma plus grande peur, c’était l’intolérance, le sectarisme. Je trouvais nécessaire d’expliquer le danger que présente le Parti communiste chinois face au monde et à la liberté, mais j’avais peur que cette mise en garde fasse naître l’idée du “péril jaune”. Il n’y a pas de “péril jaune”. Le problème, ce n’est pas la Chine, un pays magnifique où vivent des gens cultivés qui travaillent très fort. Le problème est spécifiquement le Parti communiste chinois et son projet d’exporter une dictature et de dominer d’autres pays. » 

Camps de concentration

Il poursuit son explication. « En Chine, il y a plus de 100 camps de concentration où sont emprisonnées des millions de personnes, pour des raisons d’ethnicité. Le Parti communiste chinois renforce le travail sans salaire (c’est-à-dire l’esclavage), pratique l’avortement et la stérilisation forcée de femmes de certains groupes ethniques, ce qui s’appelle aussi un génocide selon la définition des Nations Unies. »

« Plus encore : le Parti communiste chinois a tué entre 35 et 65 millions de personnes, ce qui en fait le plus grand tueur de l’Histoire, plus encore que le Parti communiste soviétique et le Parti nazi en Allemagne. »

J.R. dos Santos, qui a habité à Macao dans sa jeunesse, ajoute qu’il ne pouvait pas « demeurer indifférent ». 

« Mais le défi, c’était d’écrire un roman sur ce qui se passe en Chine, sans étendre la tache sur tout le peuple chinois. C’est lui, en fait, la première victime. » 

  • J.R. dos Santos est journaliste, reporter de guerre, présentateur du journal télévisé de 20 h au Portugal.
  • Il est considéré comme l’un des plus grands auteurs de thrillers érudits en Europe et aux États-Unis.
  • Il vient de terminer son prochain roman, qui sortira en 2024.
  • Son roman Codex 632 vient d’être adapté en série ; elle sera diffusée en octobre.
  • Il sera en visite à Montréal et à Québec à la fin du mois de novembre.

EXTRAIT

« – Alors, allons à l’essentiel, répliqua Chang avec exaspération. Qu’est-ce que ce manuscrit a de si significatif pour que votre femme y ait fait référence ?

– Je ne peux pas le dire, répondit Tomás. Je connais le Papyrus 47, mais il me manque certaines données pour comprendre en quoi il est en lien avec l’enlèvement de ma femme. N’oubliez pas que vous ne m’avez encore rien dit de concret quant aux motivations de ce rapt. Sans ce genre d’informations, je me contente de vous livrer mes connaissances sur ce manuscrit, et c’est à vous d’évaluer la pertinence de ce que je vous fais savoir. »

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