Les Vénézuéliens «sont coincés entre un assoiffé de pouvoir et un dictateur»
Un Colombien qui a vécu à San Cristobal témoigne de la situation au Journal

Mathieu-Robert Sauvé
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Un Québécois d’origine colombienne présentement à Bogota affirme que les Vénézuéliens sont pris entre l’euphorie de la fin d’une dictature et l’insécurité qui attend ses frères d’Amérique latine.
«Pour les Colombiens, les Vénézuéliens sont comme les membres d’une même famille. Un peu comme les gens de Montréal et de Rimouski», affirme Daniel Valenzuela. Ce Montréalais du quartier Côte-des-Neiges est actuellement dans la capitale colombienne avec sa femme Laura et leur fils Mathias.
Ses amis au Venezuela, avec qui il est en contact quotidien, sont «euphoriques de s’être débarrassés du président Maduro, mais très inquiets de la suite». Ils craignent de voir le dictateur simplement remplacé à la tête de l’État.
L’intervention survenue en fin de semaine, lorsque les États-Unis sont venus capturer le président Nicolas Maduro, n'a pas énormément surpris, car des opérations de la marine américaine se sont multipliées depuis quelques mois dans la région.

S’ils sont actuellement coincés entre un dictateur et un assoiffé de pouvoir, comme il décrit le président des États-Unis, les Vénézueliens «souhaitent saisir l’occasion de l’intervention américaine pour améliorer le processus démocratique et garantir la liberté d’expression», précise l’entrepreneur et commerçant qui vit au Québec depuis 15 ans.
Entreprise familiale
Pendant plusieurs années, au tournant de l’an 2000, M. Valenzuela a accompagné son père dans une entreprise de fabrication d’outils et de semelles de chaussures à San Cristobal, à l’ouest du Venezuela. L’entreprise familiale a compté jusqu’à 20 employés locaux, jusqu’à ce que le climat politique devienne trop instable. «Mon père a choisi de fermer boutique avant de subir des conditions économiques trop difficiles», résume-t-il.
L’intervention brutale et contraire aux règles de droit international menée à Caracas samedi a eu pour effet de hausser le niveau d’inquiétude des Colombiens face à la possibilité d’être les prochains sur la liste de Donald Trump, indique le Montréalais.
«Notre pays regorge de ressources naturelles qui pourraient intéresser les intérêts américains, mais je ne crois pas que ce soit une menace immédiate», commente-t-il, au moment où une dépêche de l’AFP signale que le président colombien Gustavo Petro était prêt à «reprendre les armes» pour faire face à la menace américaine.
Pas de Mandela no 2
Le retour de la militante vénézuélienne Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix, ne sera pas couronné, comme ce fut le cas du leader sud-africain Nelson Mandela à sa sortie de prison. Elle aurait dû être présidente du pays si les élections n’avaient pas été manipulées en faveur de Nicolas Maduro, croit M. Valenzuela.

«Il faudrait d’abord qu’elle revienne d’exil en Espagne et qu’elle se fasse élire démocratiquement», estime M. Valenzuela. Ce retour pourrait toutefois contribuer à l’assainissement des mœurs politiques, juge-t-il.
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