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Sous peu, les variants pourraient rendre les vaccins inefficaces

Francis Pilon | Journal de Montréal

2021-04-01T09:17:32Z

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Les vaccins actuels pourraient devenir obsolètes d’ici un an contre les variants de la COVID-19, selon un nouveau rapport qui a sondé des experts de la santé publique dans 28 pays et dont certains se trouvent à Montréal.

Selon l’enquête menée par «The People’s Vaccine Alliance» auprès de 77 épidémiologistes à travers le monde, la majorité des experts croient que les mutations du virus rendraient inefficaces les vaccins de première génération dans moins d’une année.

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Pire encore, le tiers des spécialistes interrogés affirment que les vaccins seront obsolètes d’ici 9 mois.

La coalition derrière ce rapport, qui regroupe 50 organisations comme Oxfam et ONUSIDA, a aussi questionné des virologues et des spécialistes des maladies infectieuses. Le document souligne que l’École de santé publique de l'Université de Montréal a participé à cette recherche. 

Toujours selon l’enquête, près 88% des épidémiologistes croient que le faible taux de vaccination des pays pauvres augmentent les risques d'apparition de variants dans le monde. 

«Il est probable que seulement 10% des habitants de la majorité des pays pauvres seront vaccinés l'année prochaine», s’inquiète The People’s Vaccine Alliance. 

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Pas de panique 

Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM), affirme qu’il existe des solutions pour adapter les vaccins aux nouveaux variants.

«On a des vaccins annuels qui sont déjà en place comme avec les vaccinations contre la grippe. On le renouvelle tous les ans avec une nouvelle souche. Tous les virus mutent, c’est normal. Les vaccins sont faits pour une souche et ils peuvent ensuite évoluer», rassure Mme Borgès Da Silva.

L’experte affirme qu’il y a aussi du positif lié aux mutations de la COVID-19.

«Dans l’histoire de l’humanité, toutes sortes de virus sont apparus. Dans certains cas, les mutations de ceux-ci se sont avérées moins nocives et elles ont aussi disparu. Donc, il ne faut pas juste voir un portrait noir des variants. Toutes les situations sont possibles», mentionne au Journal la professeure de l’ESPUM.

Virus sans frontière 

Constat similaire pour Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui rappelle que le virus n’a aucune frontière.

«Il y a très peu de pays en développement qui ont accès aux vaccins en ce moment. Les fabricants sont déjà en train de voir comment ils pourront déjouer les mutants, dont celui qui est africain, mais il est surtout temps de développer une stratégie mondiale de vaccination», commente M. De Serres.

Selon lui, personne ne sera à l’abri de la COVID-19 tant que toute la population mondiale ne sera pas vaccinée. 

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