Les Trois Accords: toujours les vacances depuis presque 25 ans pour les quatre amis
Le groupe revient avec son huitième album en carrière, réalisé par Gus van Go


Raphaël Gendron-Martin
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«On reste ensemble parce qu’on a du fun pour vrai et qu’on est amis dans la vie. On fait attention l’un à l’autre.» Avec leur huitième album en presque 25 ans de carrière, les membres des Trois Accords prouvent que l’amitié peut traverser les montagnes.
Au Québec, rares sont les groupes qui arrivent à durer dans le temps. Récemment, le groupe Kaïn a annoncé sa séparation après plus de 25 ans. En 2023, le décès de Karl Tremblay a probablement sonné la fin des Cowboys Fringants, après 26 ans.
Actifs depuis le début des années 2000 — les balbutiements du groupe remontent même à 1997 —, les musiciens des Trois Accords semblent encore inébranlables, eux qui reviennent avec le disque Toujours les vacances et qui repartiront sur la route cet hiver.

Rencontré au studio La Traque, où le groupe répète son nouveau spectacle, le chanteur et principal parolier Simon Proulx tente d’expliquer la longévité de son groupe, que plusieurs voyaient comme un one-hit wonder avec la loufoque Hawaïenne, en 2003.
«Je pense que les gens se sont aperçus de l’univers artistique qu’on avait. Il y a une réelle démarche. On trouve aussi qu’on a encore de quoi à dire. [...] On essaie de faire des albums qui sont chaque fois meilleurs, de faire des trucs qui vont plus loin.»
Des voyages plein la tête
Aller «plus loin», le groupe de Drummondville l’a littéralement fait avec ce disque. Pour le vidéoclip de la chanson-thème, Simon et ses trois comparses (Alexandre Parr, Pierre-Luc Boisvert et Charles Dubreuil) se sont envolés pour l’Alberta. «J’avais une idée de faire un genre de documentaire d’alpinisme», dit Simon.
Le thème des voyages revient un peu partout sur l’album. En écrivant les nouvelles chansons, Simon mentionne s’être mis à penser à une ambiance «backpack [sac à dos], voyage, Manu Chao!».
Le chanteur s’est remémoré l’état d’esprit qu’ont souvent les Québécois, jeunes adultes, qui décident de partir à l’aventure en sac à dos. Lui-même indique avoir fait ce voyage vers 19 ou 20 ans, en Europe, «à se promener sur des trains en Andalousie».
Les quatre musiciens ont souvent voyagé ensemble, dans le passé. Bien sûr, dans le cadre de leurs nombreuses tournées, des deux côtés de l’océan, mais aussi quelques fois juste entre amis. «Genre aller à Londres ensemble, ou aller voir The Hives à Chicago, dit Simon. C’est cool d’être dans un contexte de voyage qui n’est pas professionnel.»

S’ennuyer des Cowboys Fringants
Les Trois Accords ont aussi souvent voyagé avec Les Cowboys Fringants, dont ils ont assuré plusieurs premières parties en Europe. Sachant que le groupe de Repentigny ne reviendra plus jamais comme avant, Simon admet ressentir un vide.
«C’est sûr que ça nous manque. C’est plate de dire qu’on ne fera plus de tournées ensemble en Europe, répond le chanteur. On avait du plaisir de se croiser, de faire de la musique. Karl [Tremblay] était aussi vraiment cool comme personne.»
En juin 2024, lors de leur spectacle aux Francos de Montréal, Les Trois Accords ont invité Jean-François Pauzé, Marie-Annick Lépine et Jérôme Dupras à venir jouer Saskatchewan avec eux.
«C’était très émouvant comme moment, confie Simon. C’est sûr que, comme groupe, ça nous ramène au fait que ça va finir un jour, que ce n’est pas éternel. C’est la première chose que JF [Pauzé] m’a dite quand il m’a vu: “Profites-en, tu ne sais pas [quand ça peut se terminer].”»
L’album Toujours les vacances, des Trois Accords, est disponible. Le groupe fera un spectacle-lancement le 12 novembre, à l’Espace St-Denis de Montréal. Il commencera sa tournée en janvier 2026. Pour toutes les dates: lestroisaccords.com.
Trois chansons expliquées par Simon Proulx
Le Journal a demandé au chanteur de commenter trois titres du nouvel album des Trois Accords.
- Toujours les vacances: «Béatrice [Martin, alias Cœur de pirate] et moi, on avait chanté ensemble [au Gala de] l’ADISQ en 2010. On s’était beaucoup appréciés et elle était devenue une amie. Depuis, on se disait souvent qu’on devrait faire une chanson ensemble, mais ça n’arrivait jamais. Puis là, Béatrice m’a écrit et ça s’est matérialisé. Ç’a été une vraie coécriture, ce qui est rare.»
«Le concept de la chanson, c’est quelqu’un qui reproche à l’autre d’être toujours en vacances et qu’ils ne peuvent rien faire. Et l’autre qui dit: moi, quand je suis avec toi, c’est toujours les vacances. C’est une espèce de côté négatif-positif qui était vraiment inspirant.»
- Boston: «Ça faisait longtemps que je voulais faire une chanson où la rime était tout le temps la même. Ça faisait environ 12 ans que j’avais cette chanson-là pas terminée. J’avais un ami qui était au MIT [Massachusetts Institute of Technology] et j’allais souvent le voir. C’est là que j’ai eu l’idée d’une personne qui espionne un prof.»
- Marrakech: «Ç’a tellement été compliqué, cette chanson-là! Il y avait plein d’idées où deux personnes se sauvent; une est recherchée par la police et l’autre se sauve des paparazzis. Les deux se retrouvent dans un moment unique qui ne va jamais se reproduire. Je trouvais ça magique. Dans le désert, c’est la seule place où tu peux être tranquille et incognito. Ç’a été un long processus parce que la chanson aurait pu durer 12 minutes!»