Les Tkachuk, fous comme leur père!


Marc de Foy
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BOSTON | Comme dirait Johnny Upton, capitaine des désopilants Chiefs de Charlestown dans le film Slap Shot, les frères Tkachuk sont maganés. Ni l’un ni l’autre n’étaient présents aux courts points de presse des équipes canadienne et américaine, mardi, au TD Garden. Les deux soignent des bobos.
Pas surprenant quand on les voit jouer même si, dans le cas de Brady, on parle d’une blessure accidentelle. Les deux devraient être néanmoins de la finale de la Confrontation des 4 nations, jeudi soir.
Le contraire serait étonnant. Il faudrait qu’ils soient à moitié morts, et encore!
Comme dans le temps d’Eddie Shore et de Toe Blake
Les frangins sont de la race des joueurs de hockey qui n’abandonnent jamais. Ceux qui sont bâtis pour le gros boulot et qui ne reculent devant rien ni personne. Des joueurs comme dans le temps d’Eddie Shore et de Toe Blake, dirait Reggie Dunlop.
Leur attitude est le fruit de la génétique. Ils ont de qui tenir. Leur père, Keith, était un dur de dur pendant sa carrière.
S’il est une chose, c’est qu’il est encore plus féroce qu’eux, car le jeu pratiqué dans son temps était une véritable guerre.
Keith Tkachuk était un attaquant de puissance qui réussissait des tours du chapeau à la Gordie Howe. Il terminait souvent ses soirées avec un but, une passe et une bagarre, quand ce n’était pas deux.
Il avait un physique pour veiller tard. Faisant six pieds deux pouces, il faisait tonner ses 235 livres partout sur la patinoire. Il était détestable, mais il a connu une très belle carrière comme en font foi ses statistiques.
En 1201 matchs, il a compté 538 buts et obtenu 527 mentions d’aide pour 1065 points. Tout ça malgré un total de 2219 minutes de pénalité.
Quand vous l’affrontiez, vous saviez qu’il vous ferait passer une longue soirée.
Pour et contre
C’est le message que ses garçons ont voulu passer aux joueurs canadiens au début du match de samedi dernier au Centre Bell.
Le paternel n’avait aucune idée qu’ils commenceraient le match sur le pied de guerre. Mais Matthew lui a mis la puce à l’oreille quand il l’a vu inviter Brendan Hagel à jeter les gants. À la reprise du jeu, Brady lançait le même défi à Sam Bennett.
Le père Tkachuk était tout sourire quand les caméras de télévision l’ont repéré dans les gradins à côté de sa fille Taryn, qui évolue avec l’équipe de hockey sur gazon de l’Université de Virginie.
Il a eu d’ailleurs un commentaire savoureux lorsqu’un journaliste du site de la Ligue nationale l’a interviewé là-dessus.
«Ces deux-là sont fous, je ne sais pas quoi dire, a-t-il déclaré.
«Mais ils sont des enfants formidables en dehors de la glace. Ils sont amusants.»
Ce n’est toutefois pas tout le monde qui a aimé. L’affaire s’est même rendue jusqu’à l’Assemblée nationale. Coudonc, ils n’ont rien de plus d’important à faire là-bas?
Des amateurs m’ont écrit pour dire que ce genre d’action n’avait tout simplement pas sa place dans le sport. Certains condamnaient Gary Bettman pour son inaction à imposer des suspensions, tout en se disant conscients que ça n’arriverait pas parce qu’il s’agit d’un événement sous le contrôle absolu de la Ligue nationale.
On ne voit d’ailleurs personne de la Fédération internationale de hockey sur glace et de Hockey Canada.
Pas de répétition à prévoir
Cela dit, les deux équipes s’en sont tenues au hockey une fois la foire terminée. On peut penser aussi que de telles scènes ne se répéteront pas au début de la finale.
Les deux formations sont déjà assez amochées comme ça. L’équipe américaine a perdu les services de Charlie McAvoy, qui a dû être hospitalisé pour une blessure au haut du corps. Ce sont les Bruins qui vont être contents, mais tels sont les risques de présenter un tournoi en pleine saison.
Outre Matthew Tkachuk et McAvoy, Auston Matthews manquait à l’appel lors de la rencontre de lundi contre la Suède. Du côté canadien, on sait que Sidney Crosby joue en dépit d’une blessure à un bras.
Le pire, c’est que les joueurs des deux équipes remballeront leur équipement après la finale pour rejoindre leur équipe respective en vue de la reprise des activités de la Ligue nationale, samedi.
Pas le temps de chômer!