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Les tarifs... quels tarifs? La Nouvelle-Orléans est sur le party!

La cathédrale St-Louis prend des airs de temple du Super Bowl une fois la nuit tombée, cette semaine.
La cathédrale St-Louis prend des airs de temple du Super Bowl une fois la nuit tombée, cette semaine. STÉPHANE CADORETTE
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-02-03T19:01:48Z

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LA NOUVELLE-ORLÉANS | Dimanche, fin de journée, à La Nouvelle-Orléans... Le soleil tape, plusieurs bâtiments historiques sont décorés aux couleurs du Super Bowl, les mythiques balcons dans le quartier français sont animés. Dans cette ville de la Louisiane qui se prépare à la grand-messe du football, la menace des tarifs de Donald Trump sur les produits canadiens n’est pas l’ombre d’une parcelle de lointaine préoccupation.

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En d’autres mots, moins recherchés mais qui résument tout, les gens sont ici pour le Super Bowl et ils s’en torchent complètement des tarifs!

Je suis sur place toute la semaine pour la couverture du duel entre les Chiefs et les Eagles, dimanche, au Caesars Superdome. C’est le plus américain des événements américains dans un état républicain, et en ce sens, il est intéressant de tâter le pouls des gens sur place, rassemblés pour cette grande extravagance sportive et culturelle.

Les bâtiments de Jackson Square sont illuminés aux couleurs des Chiefs et des Eagles, en soirée.
Les bâtiments de Jackson Square sont illuminés aux couleurs des Chiefs et des Eagles, en soirée. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

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Évidemment, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai fait un tour exhaustif de la ville et que l’échantillon proposé détient une quelconque valeur scientifique.

Reste qu’au bout de quelques discussions, pas besoin d’être un devin pour comprendre que dans cet État du Sud des États-Unis, le cœur est à la fête. On est loin de l’humeur maussade que les tarifs douaniers de 25% génèrent chez nous, même si un sursis de 30 jours a été en fin de journée lundi.

«Les tarifs? Quels tarifs? Désolée, je n’ai pas trop suivi cette histoire», s’est excusée la conductrice Uber qui m’amène à mes quartiers généraux des prochains jours, elle qui s’épivardait quelques instants plus tôt à parler du Super Bowl et des charmes de La Nouvelle-Orléans.

Pas la même visibilité

Même constat pour le serveur chez Drago’s, où j’ai cassé la croûte en fin de journée, pour savourer l’une des nombreuses spécialités locales de la cuisine cajun.

«Le Canada?» m’a-t-il questionné en poussant un grand rire. «Je ne sais pas, ces tarifs ne seront peut-être pas une bonne idée pour les consommateurs américains non plus. Il faudra voir, mais pour l’instant je n’en entends pas vraiment parler», a-t-il continué.

Voilà qui résume bien l'état d'esprit des gens à La Nouvelle-Orléans, où on affirme sur ce chandail qu'on ne soutient ni les républicains, ni les démocrates, mais les strip-teaseuses.
Voilà qui résume bien l'état d'esprit des gens à La Nouvelle-Orléans, où on affirme sur ce chandail qu'on ne soutient ni les républicains, ni les démocrates, mais les strip-teaseuses. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Si les grands médias nationaux américains traitent de la guerre commerciale que le président américain a déclaré au Canada, au Mexique et à la Chine, c’est tout sauf l’éclipse médiatique, ici à La Nouvelle-Orléans.

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Sur le site web du Times Picayune, principale source d’information locale, il faut fouiner pour trouver une nouvelle par rapport aux tarifs.

On a beau défiler et défiler et défiler encore, sur la page principale, pratiquement tout ce qui s’écrit est en lien avec le Super Bowl.

Dans la page actualités, avant l'annonce du sursis, on pouvait trouver un article de l'agence Associated Press, sans plus, sur le sujet.

Ce n’était que la cinquième nouvelle dans la page, tout juste en haut d’un article traitant du moment idéal pour donner le bain à son chat. Oui, oui, pour vrai!

Encore là, il ne faut pas croire que c’est aussi le cas à New York, au Vermont, dans le Maine ou dans d’autres états à la frontière. À La Nouvelle-Orléans, la ville est plongée dans le Super Bowl.

Une ambiance festive

À une semaine du grand match, la célèbre rue Bourbon était déjà très animée, dimanche soir.
À une semaine du grand match, la célèbre rue Bourbon était déjà très animée, dimanche soir. PHOTO STÉPHANE CADORETTE

Il faut savoir que La Nouvelle-Orléans travaille depuis six ans à organiser les festivités. C’est la 11e fois que l’événement est présenté dans cette ville qui a le don de recevoir la visite comme nulle part ailleurs. Et parlant de visite, pas moins de 125 000 personnes de l’extérieur de la ville sont attendues d’ici au match, dimanche.

Déjà, la ville au cachet européen a enfilé ses habits des grandes occasions. Sur la façade de la superbe cathédrale St-Louis, des projections lumineuses du logo du Super Bowl 59 rassemblaient les curieux en soirée.

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Tous affluaient ensuite joyeusement vers les rues du quartier français, au son d’une musique festive et avec plusieurs personnes costumées.

Les locaux sont heureux de recevoir le Super Bowl pour la première fois depuis février 2013. Les visiteurs sont là pour festoyer à souhait et les options pullulent partout.

Kevin Owens avant les tarifs

En me dirigeant vers la rue de tous les vices, la fameuse Bourbon Street, je m’attable à un comptoir pour un verre de route. Mon voisin me demande d’où je viens. Quand je lui réponds «Québec, Canada», ce n’est pas des tarifs dont il m’a parlé, mais du combattant en arts martiaux mixtes Georges St-Pierre et du lutteur Kevin Owens.

Avant de partir, verre à la main en pleine rue pour faire comme le veut la coutume de la place, je me suis essayé pour une petite question. Et quand j’ai prononcé le mot tarifs, j’ai senti que j’aurais connecté davantage avec mon interlocuteur si j’avais voulu discuter de la reproduction du mangabey à joues grises en Ouganda.

«Bro! S’il y a une semaine où je ne veux pas me casser la tête, c’est celle du Super Bowl !», a-t-il répondu.

Le sport ne sera jamais en enjeu de société important, mais il a le pouvoir de faire oublier, l’espace d’un instant, les lourdeurs de la vie. C’est déjà ça de pris.

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