Comment les réseaux sociaux gèrent-t-ils la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan?

ETX Studio
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Les talibans vont-ils utiliser Twitter, Facebook ou YouTube? Depuis la prise de Kaboul, les yeux du monde sont tournés vers l'Afghanistan et... sur les réseaux sociaux. Huit mois après avoir banni le compte de Donald Trump, comment les plateformes prévoient-elles de gérer cette situation explosive?
Les talibans semblent s'être mis à la page quant aux réseaux sociaux. Le porte-parole de l'organisation extrémiste, Zabihullah Mujahid, s'est d'ailleurs emparé de Twitter pour annoncer le contrôle de Kaboul, capitale de l'Afghanistan.

Depuis, leurs communications sur le réseau social continuent de plus belle et attirent de nombreux utilisateurs. Ils sont désormais presque 330 000 abonnés à suivre le compte du porte-parole des talibans sur Twitter, créé en avril 2017. La majorité de leurs dernières publications a d'ailleurs dépassé le millier de «J'aime». Le tweet annonçant la première conférence de presse depuis la prise de la capitale de l'Afghanistan a même presque atteint les 6000 «Like».
Une surveillance sur Twitter
Si Twitter a suspendu le compte de Donald Trump de sa plateforme en début d'année 2021, celui revendiqué par les talibans reste encore, en ce 19 août, accessible. Une décision critiquée sur les réseaux sociaux par de nombreux utilisateurs.
Pourtant, Twitter se défend en affirmant «suivre de près» la situation tout en soulignant rester vigilant quant aux types de publications qui pourraient enfreindre ses politiques. Le réseau social du petit oiseau bleu préfère insister sur l'utilité de sa plateforme pour les Afghans cherchant de l'aide.
«La situation en Afghanistan évolue rapidement. Nous voyons également des gens dans le pays utiliser Twitter pour demander de l'aide et de l'assistance. La priorité absolue de Twitter est d'assurer la sécurité des personnes, et nous restons vigilants. Nous prenons des mesures pour protéger les voix de ceux qui, sur notre service, représentent des groupes protégés, notamment les travailleurs humanitaires, les journalistes, les médias, les militants des droits de l'homme et autres.», nous a confié le porte-parole de Twitter.

Twitter assure prêter une attention particulière au respect de ses politiques de modération.
«Nos équipes solides et dévouées fournissent une couverture mondiale 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour appliquer nos règles de manière proactive à grande échelle et agir rapidement sur le contenu qui enfreint les règles de Twitter. En particulier les politiques interdisant la glorification de la violence, les comportements abusifs, les conduites haineuses, les menaces violentes et le gore gratuit. Nous avons donné la priorité à l'étiquetage des Tweets pour fournir un contexte aux personnes sur le service qui peuvent voir des exemples de contenu erroné ou trompeur qui enfreint notre politique en matière de médias synthétiques et manipulés. Notre approche d'application est agile et nous resterons transparents sur notre travail alors qu'il continue d'évoluer pour répondre à ces problèmes de plus en plus complexes», a ajouté le porte-parole de Twitter.
Interdits sur Facebook, YouTube et Google
Du côté de Facebook, le discours est plus tranchant. Reconnue comme une organisation terroriste par le réseau social américain, les comptes ayant un lien avec les talibans se verront supprimés de la plateforme.
«Les talibans ont été reconnus comme une organisation terroriste en vertu de la loi américaine, et nous leur avons interdit d'utiliser nos services en vertu de nos politiques sur les organisations dangereuses. Cela signifie que nous supprimons les comptes gérés par les talibans ou à leur nom et interdisons les éloges à leur égard, le soutien envers eux et leur représentation», nous a expliqué le porte-parole de Facebook.

Le réseau social a également indiqué travailler avec une équipe spécialisée pour mieux comprendre et identifier les contenus pouvant être dangereux. «Nous avons également une équipe d'experts consacrée à l'Afghanistan, qui sont des locuteurs de dari et de pachto et qui connaissent le contexte local, ce qui nous aide à identifier et à nous alerter quant aux problèmes émergeant sur la plateforme. Nos équipes suivent de près cette situation au fil de son évolution. Facebook ne prend aucune décision concernant le gouvernement reconnu dans un pays en particulier, mais respecte plutôt l'autorité de la communauté internationale dans la prise de ces décisions. Peu importe qui détient le pouvoir, nous prendrons les mesures appropriées contre les comptes et les contenus qui enfreignent nos règles.»
Même discours sur WhatsApp. «Nous sommes obligés de respecter les lois américaines sur les sanctions. Cela inclut l'interdiction des comptes qui semblent se présenter comme des comptes officiels des talibans. Nous recherchons plus d'informations auprès des autorités américaines compétentes étant donné l'évolution de la situation en Afghanistan», a déclaré le porte-parole.
YouTube et Google ont également indiqué avoir supprimé les comptes «détenus ou exploités» par les talibans tout en rappelant leur politique de lutte contre les propos violents et les contenus extrémistes.
«Tous les contenus sur YouTube sont soumis à nos conditions d'utilisation et aux règles de la communauté. YouTube respecte toutes les sanctions applicables et les lois sur la conformité commerciale, y compris les sanctions américaines applicables. En tant que tel, si nous trouvons un compte qui serait détenu et exploité par les talibans afghans, nous le résilions. De plus, nos politiques interdisent les contenus qui incitent à la violence», a rappelé le porte-parole de YouTube.

«Nous mettrons fin aux comptes Google que l'on croit détenus ou exploités par les talibans conformément à toutes les sanctions applicables et aux lois sur la conformité commerciale. De plus, nous avons depuis longtemps des politiques interdisant les contenus qui encouragent l'extrémisme violent, y compris le recrutement, la promotion d'actes terroristes et l'incitation à la violence», a ajouté le porte-parole de Google.
Interrogés sur le nombre de comptes ou de groupes déjà supprimés liés aux talibans, aucun réseau social n'a fourni de chiffres exacts.