Les talibans se sont engagés, dimanche, à garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et l’accès de l’aide en Afghanistan lors d’une rencontre avec le responsable des affaires humanitaires de l’ONU, a annoncé un porte-parole des Nations Unies.
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Le Britannique Martin Griffiths, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, était, dimanche, à Kaboul pour plusieurs jours d’entretiens avec les dirigeants talibans alors que le pays est menacé par une crise humanitaire à grande échelle.
«Les autorités se sont engagées à garantir la sûreté et la sécurité des équipes humanitaires, l’accès de l’aide humanitaire aux gens qui en ont besoin ainsi que la liberté de mouvement des travailleurs humanitaires – les hommes et aussi les femmes», a déclaré, dans un communiqué, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.
M. Griffiths a réaffirmé, de son côté, l’engagement de la communauté humanitaire d’apporter «une aide humanitaire impartiale et indépendante», selon le même communiqué.
Il a appelé toutes les parties à s’assurer du respect des droits des femmes, à la fois au sein des populations et parmi les équipes humanitaires.
La question des droits des femmes est celle sur laquelle les talibans, qui ont pris le pouvoir le 15 août à l’issue d’une offensive militaire éclair, sont les plus attendus par la communauté internationale.
Cette dernière, ainsi qu’une partie de la population afghane, garde en mémoire la brutalité du mouvement islamiste entre 1996 et 2001. Les talibans s’efforcent, depuis leur retour au pouvoir, de montrer un visage plus modéré.
Promesse de «coopération»
La délégation des talibans, emmenée par le cofondateur du mouvement, Mullah Abdul Ghani Baradar, a remercié les responsables de l’ONU pour la «continuation promise de l’aide humanitaire au peuple afghan», les assurant de «la coopération et de la fourniture des installations nécessaires», selon un communiqué publié sur Twitter par le porte-parole des talibans, Suhail Shaheen.
La moitié des 38 millions d’habitants ont besoin d’aide humanitaire et plus de la moitié des enfants âgés de moins de cinq ans souffriront de la faim dans l’année à venir, alertent les Nations Unies.
Avant l’offensive éclair des talibans, l’Afghanistan était déjà fortement dépendant de l’aide, 40% du PIB du pays provenant de financements étrangers.
Des vols humanitaires onusiens ont repris, récemment, vers le nord et le sud de l’Afghanistan, avait indiqué, jeudi, M. Dujarric, en disant espérer qu’ils pourront être intensifiés prochainement.
Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, doit tenir, à Genève, une réunion le 13 septembre entre États membres afin d’accroître l’aide humanitaire à l’Afghanistan.
Entre 2002 et 2021, des vols onusiens ont desservi plus de 20 destinations en Afghanistan, et l’objectif de l’ONU est de revenir vers une telle amplitude dès que la sécurité et le financement des opérations seront assurés.
