Les Steelers éliminés: la fin pour Mike Tomlin?


Stéphane Cadorette
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Les Ravens ont malmené les Steelers 28 à 14 pour poursuivre leur route en séries et c’est à se demander si le moment est venu à Pittsburgh pour mettre un terme au règne de 18 ans de l’entraîneur-chef Mike Tomlin.
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Mettons les choses au clair tout de suite: Tomlin est un excellent entraîneur. Parfois, cependant, être un excellent entraîneur ne suffit plus.
On répète à satiété qu’il n’a jamais connu une saison perdante à la tête des Steelers. C’est vrai qu’il s’agit d’un exploit notoire, mais il est aussi vrai que trop souvent, son équipe s’éteint une fois les séries arrivées. Et souvent, de très mauvaise façon.
L’ADN des Steelers a toujours été d’être l’équipe la plus physique sur le terrain. Face aux Ravens, ils se sont pourtant fait secouer le pommier sans ménagement.
Ils ont eu l’air d’enfants sans défense, intimidés dans la cour d’école par les bums du quartier.
Les Steelers ont l’habitude de répliquer coup pour coup face à leurs ennemis jurés. Samedi soir, ils ont gentiment tendu l’autre joue après chaque claque plus violente l’une que l’autre. Comme s’ils concédaient béatement qu’ils n’étaient pas dans la même ligue que leurs tortionnaires.
Les Ravens ont couru 50 fois pour 299 verges et deux touchés au sol dans cette boucherie. On parle d’une moyenne de 6,1 verges par jeu de course. On reviendra sur les exploits du roi Derrick Henry, mais réglons d’abord le cas de Tomlin.
Situation récurrente

Si c’était un mauvais match dans le système des Steelers, il n’y aurait pas lieu de paniquer. Or, il s’agissait d’une sixième défaite de suite pour l’équipe en séries. Dans ces six défaites, l’équipe qui s’est forgé une riche histoire avec son «rideau de fer» en défense a concédé au moins 28 points chaque fois.
Les premières demies sont particulièrement problématiques. Face aux Ravens, les Steelers ont retraité au vestiaire à la mi-temps avec un retard de 21 à 0.
Le scénario avait été identique l’an dernier face aux Bills. En 2021, contre les Chiefs, ils tiraient aussi de l’arrière par 21 à 7 à la demie. Un an plus tôt, les Browns s’étaient dotés d’un coussin de 28 à 0 contre eux dans les 30 premières minutes.
Cette fois-ci, après la première demie, les Ravens dominaient outrageusement les Steelers sur tous les plans imaginables (19 premiers jeux contre 2 et 308 verges contre 59).
Pourquoi les Steelers sautent-ils constamment sur le terrain avec un niveau d’énergie aussi déficient année après année en séries? Leur dernière victoire éliminatoire remonte à la saison 2016.
Tomlin, répétons-le, n’est évidemment pas un mauvais entraîneur. Il est cependant tout à fait légitime de se demander s’il a fait plus que son temps à Pittsburgh.
À une époque pas si lointaine, Andy Reid n’arrivait plus à rien avec les Eagles à Philadelphie. Il connaissait de bonnes saisons, mais n’arrivait pas à pousser son équipe à franchir le pas suivant. Les Eagles l’ont finalement laissé aller et il a atteint le summum de sa carrière avec les Chiefs après coup. Reid n’était évidemment pas un mauvais entraîneur, mais à Philadelphie, il était coincé au neutre avec un message qui, visiblement, ne passait plus.
Malgré tout le respect que Tomlin impose, les Steelers s’éteignent avec lui quand l’enjeu s’élève. On en vient à croire que s’il reste en place, les Steelers seront toujours compétitifs. Ils seront toujours une bonne équipe, bien dirigée. Mais peuvent-ils vraiment aller plus loin sous ses ordres? La question se pose.
Vive le roi!
MR. DERRICK HENRY!!!!!!!!!!
— Baltimore Ravens (@Ravens) January 12, 2025
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On vous disait avant ce duel que jamais les Ravens n’avaient été si bien outillés pour faire oublier les ratés de Lamar Jackson en séries, lui dont le dossier était de 2-4, avec neuf revirements à sa fiche, avant ce match.
Contre les Steelers, Jackson n’a même pas eu besoin d’être miraculeux, lui qui a réussi 16 de ses 21 passes pour 175 verges et deux touchés, en plus de courir pour 81 verges.
Le vrai moteur de l’attaque, toutefois, a été le porteur Derrick Henry, avec 26 courses pour 186 verges et deux touchés. C’est lui qui a assassiné toute forme de volonté chez l’ennemi.
DERRICK HENRY RUNS FOR 30 YARDS
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THAT STIFF ARM 😤pic.twitter.com/e5xdwTcBLd
C’est exactement pour cette saison que les Ravens sont allés le chercher dans la saison morte. Non seulement parce qu’il a le don d’achever des rivaux, mais parce que la pression sur les épaules de Jackson devient infiniment moindre quand le roi règne.
Il s’agissait du quatrième match de plus de 150 verges pour Henry en séries, ce qui égale la marque de Terrell Davis avec les Broncos, à la fin des années 1990.
La domination au sol des Ravens leur a permis de conserver le ballon pendant 39min33s, une éternité. S’ils arrivent à répéter cette formule, ils seront franchement difficiles à freiner.
LES 3 ÉTOILES DU MATCH
Derrick Henry

Il a été l’étoile incontestée de cette rencontre en s’offrant deux courses de 30 verges ou plus. Il est devenu, avec ce match, le premier porteur de l’histoire à signer quatre matchs de plus de 130 verges au sol et deux touchés à 30 ans ou plus. Il s’agissait aussi de son troisième match de séries en carrière de plus de 180 verges.
Lamar Jackson

Le quart-arrière des Ravens était privé de son receveur Zay Flowers, le meilleur espacé de l’équipe. Il a bien géré la situation en distribuant le ballon à sept receveurs et en n’étant pas victime du moindre revirement.
Nnamdi Madubuike

Sans dire que le plaqueur des Ravens s’était fait discret cette saison, son jeu n’était toutefois pas à la hauteur de sa phénoménale saison de 2023. Dans ce match sans lendemain, il a brillé avec quatre plaqués, dont un pour une perte, avec deux sacs et une passe rabattue.