Les séries commencent maintenant pour les Hurricanes


Marc de Foy
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Un match ne fait pas une série. La fatigue que l’on prête au Canadien après deux séries éprouvantes de sept matchs fera peut-être surface. Or, comme le dit Alexandre Carrier, l’équipe a la jeunesse en sa faveur.
Jakub Dobes, le gardien le plus occupé des séries, se dit encore en pleine forme. « Je pourrais encore jouer 40 matchs ! », a-t-il lancé à Hockey Night In Canada après le dernier match de la série contre les Sabres, lundi.
Il ne fait pas qu’arrêter les rondelles, Jakub. Il a la langue bien pendue. Autant sur la glace que devant les caméras.
« Il est un peu bizarre, a convenu Alexandre Texier à TVA Sports après le match de jeudi, mais on ne le dérange pas. »
Et ça continue !
Une vraie opposition
Le Canadien roule à pleins gaz. Il ne veut pas s’arrêter.
Que les Hurricanes se le tiennent pour dit. Après deux séries faciles contre les Sénateurs et les Flyers, ils ont maintenant de l’opposition. Les séries commencent maintenant pour eux. Leur défaite en lever de rideau de la finale de l’Association de l’Est a eu pour effet de les ramener sur terre.
La déclaration de leur entraîneur Rod Brind’Amour selon laquelle son équipe a manqué de respect au Canadien a de quoi surprendre.
Les Hurricanes ont eu 11 jours pour étudier le Tricolore à fond.
Ont-ils joué au golf ?
Ils auraient dû savoir.
D’une façon indirecte, ils ont insulté aussi les Sabres et le Lightning, qui sont tombés face au Canadien lors des deux premiers tours des séries. Brind’Amour aurait peut-être dû donner un coup de fil à ses homologues Jon Cooper et Lindy Ruff.
Bâtis sur du solide
Il va bien falloir se rendre à l’évidence que cette édition du Canadien n’est pas du chiqué. Et quand je dis ça, je fais référence, notamment, aux journalistes qui, comme moi, ont prédit une victoire des Hurricanes dans cette série.
Bien oui, je le répète, il n’y a qu’un match de joué. Mais cette édition du Canadien est spéciale, très spéciale même.
Martin St-Louis, à qui certains trouvent encore le moyen de chercher des poux, est franchement impressionnant. Il sait dire les bonnes choses et appuyer sur les bons boutons.
Il sera le premier à dire qu’il lui reste des choses à apprendre, mais il est devenu un entraîneur de la Ligue nationale. Ses joueurs l’apprécient parce qu’ils traitent d’égal à égal avec eux.
Nick Suzuki est devenu un superbe capitaine. Il ne parle pas fort. Il est monocorde dans ses entrevues. Mais il dégage une confiance contagieuse.
Un peu comme Bob Gainey comme à ses beaux jours dans son uniforme numéro 23, que ses coéquipiers suivaient sans poser de questions.
Du Casseau dans le nez
Quant à ce Dobes, oui, c’est un oiseau rare. Comme la plupart des gars de son métier.
Lorsque je ferme les yeux, des souvenirs de Patrick Roy à ses premières séries avec le Canadien me reviennent à la mémoire. Comme Dobes, actuellement, Patrick devenait un objet de curiosité à travers la LNH à mesure que les séries avançaient.
En finale de l’Association Prince-de-Galles, l’équivalent de l’Association de l’Est de nos jours, il s’était retrouvé sur la grande scène de Broadway. Un délice pour les journalistes new-yorkais qui se servent bien de leur grande tribune pour hausser ou caler un athlète.
Roy étant la saveur du jour, tout le monde voulait tout savoir de lui. Mais pour lui parler, les médias de New York devaient traverser au New Jersey, où Serge Savard avait logé son équipe pour cette série.
C’était l’équivalent de l’Île Charron, où le Tricolore était séquestré pendant les séries à Montréal. Endroit que les joueurs avaient surnommé Alcatraz.
Donc, il fut découvert, ce printemps-là, que Roy parlait à ses poteaux.
- Et que disent-ils ? lui avait demandé un reporter.
« Ping ! », avait répondu Patrick.
Quelle bande !
C’était il y a déjà 40 ans.
Cette année-là, le Canadien comptait, comme cette année, plusieurs jeunes dans ses rangs. Roy n’était pas la seule recrue.
Il y avait Claude Lemieux, qui avait aussi fait son nom cette année-là, ainsi que Stéphane Richer, l’increvable Brian Skrudland et le dur à cuire John Kordic.
Jean Perron en était lui aussi à sa première saison dans le rôle d’entraîneur-chef.
Parmi les jeunes vétérans, on retrouvait Guy Carbonneau, Mats Naslund, Chris Chelios, Bobby Smith, Chris Nilan, Craig Ludwig et Mike McPhee.
Larry Robinson, Rick Green et Gainey étaient là pour maintenir l’ordre dans les troupes, bien qu’il y ait eu parfois des brebis qui se sont égarées à l’extérieur d’Alcatraz...