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Les Scandinaves face au boycottage de produits américains

AFP

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2025-03-06T10:38:34Z

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Outrés par la politique du président américain Donald Trump et sa position sur l'Ukraine, des Scandinaves sont prêts, au nom de leurs principes, à se compliquer la vie en tirant un trait sur les produits et services venus d'outre-Atlantique. 

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«Il est bien sûr très difficile de boycotter de manière cohérente, rapide et avec persévérance les produits des États-Unis, mais si vous voulez quand même faire quelque chose sans savoir par où commencer, voici une petite aide», écrit Agneta Gottberg Henriksson, 58 ans, sur Facebook.

Sa publication est accompagnée d'une liste. Dans la colonne de gauche, des marques américaines mondialement connues, rangées par catégories. Dans la colonne de droite, des alternatives suédoises ou européennes mais avec des failles.

Envie d'un KFC? Optez plutôt pour «du poulet grillé des restaurants de quartier».

Près d'investir dans une Tesla? Préférez une Peugeot fabriquée en France. Oubliant que son actionnaire Stellantis est côté à New York.

Et cette paire de Nike? Troquez-les contre des Salomon, du groupe finlandais Amer Sports. Également côté à New York...

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Tourner le dos aux géants américains est un défi permanent, tant ces marques imprègnent le paysage.

Depuis une semaine, Agneta Gottberg Henriksson, cheffe de projet dans la commune de Scanie, évite de dépenser le moindre centime pour des produits américains. Elle reconnaît que ce n'est pas toujours simple, surtout quand il s'agit de technologie.

«C'est un peu ironique, car ce groupe (qui incite au boycottage) est principalement actif sur Facebook. On aimerait vraiment le boycotter» mais trouver une alternative à ce réseau social, contrôlé par Meta, est quasi-impossible, argue-t-elle auprès de l'AFP.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Le soutien à l'Ukraine est massif au sein de la société suédoise et l'aide militaire à Kiev fait partie des priorités de la politique étrangère de Stockholm.

«Ce qui se passe maintenant aux États-Unis, tourner le dos à l'Ukraine et trahir toutes les promesses, c'est la goutte d'eau», qui a fait déborder le vase, explique Agneta.

Quitte à perdre de l'argent. Elle a passé en revue tous ses placements et, en réalisant qu'elle avait environ 60% de participations sur le marché américain, a choisi de les vendre le 4 mars, jour de l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains qui ont fait chuter les marchés mondiaux.

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«Il faut l'accepter. Quand on s'engage (pour une cause), on s'engage vraiment», estime-t-elle.

Estampillé européen

Au Danemark, un distributeur a décidé d'estampiller les produits de «marque européenne» d'une étoile dans ses supermarchés pour orienter les consommateurs. L'initiative fait suite à une forte demande de la part des clients, a indiqué sur Linkedin Anders Hagh, le directeur général de ce distributeur, Salling Group.

Pour Reidar Svehdal, 71 ans, qui a choisi de bannir tout produit américain après l'échange houleux entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison-Blanche le 28 février, le sacrifice ne se fait pas trop sentir.

«Je crois que 99 % des Européens peuvent se passer de 70 % de tous les produits américains. Et là, l'effet serait important», expose-t-il à l'AFP.

Et comme dans le reste de l'Europe, les ventes de Tesla en Norvège et au Danemark ont continué de chuter en février.

Les immatriculations du groupe d'Elon Musk, patron du constructeur américain soutenant l'extrême droite européenne, ont été divisées par deux en Norvège par rapport à février 2024. Depuis le début de l'année, les ventes de nouvelles Tesla sont inférieures de 44,4 % à celles de la même période l'année dernière.

L'impact d'un boycottage américain sera, sauf surprise, probablement limité, selon les experts.

«L'expérience montre qu'il est très difficile d'obtenir de grands effets économiques à partir de boycottage» de la part des consommateurs, relève Olof Johansson Stenman, professeur d'économie à l'université de Göteborg.

L'effet, généralement de courte durée, sur les ventes ne se fait presque pas ressentir, abonde Eva Ossiansson, chercheuse à l'université de Göteborg.

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