Avec la flambée de l’indice des prix à la consommation, il est évident que les hausses salariales vont suivre.
Pour paraphraser le célèbre slogan de la saucisse Hygrade : plus de gens veulent obtenir des hausses salariales parce que l’inflation augmente, et l’inflation va continuer d’augmenter parce que plus de gens vont obtenir des hausses salariales !
Méchant cercle vicieux inflationniste que la Banque du Canada va tenter de rompre avec ses fortes hausses du taux directeur.
Depuis le début de l’année, la Banque du Canada a haussé son taux de 2,25 points de pourcentage, celui-ci passant de 0,25 % en début d’année à 2,50 % en ce moment.
- Ne ratez pas l'émission d'Alexandre Moranville-Ouellet, en remplacement de Yasmine Abdelfadel jusqu'au 22 juillet, en direct dès 7h à QUB radio
Malheureusement, malgré le solide tour de vis de la Banque du Canada, l’inflation va continuer de galoper. Et c’est pourquoi d’autres hausses du taux directeur vont suivre au fil des prochains mois. Il ne faudrait pas se surprendre de voir le taux directeur boucler l’année 2022 autour des 3,50 %.
Jusqu’à présent, les hausses salariales tirent de la patte par rapport à l’inflation.
Prenons les augmentations accordées depuis un an aux employés à temps plein, soit de mai 2021 à mai 2022, dernière période de 12 mois colligée par Statistique Canada.
AU QUÉBEC
Pour tous les employés, toutes industries confondues, le salaire moyen de l’employé à temps plein au Québec s’élevait à 32,23 $ l’heure en mai dernier, en hausse de 2,16 $, soit de 7,18 %.
Lors de cette même période de 12 mois, l’inflation au Québec a bondi de 7,5 %. C’est donc dire que le salaire moyen de l’employé à temps plein dans la province accuse présentement un léger recul de 3/10 de 1 pour cent.
Mais concernant la période des 24 derniers mois, soit de mai 2020 à mai 2022, là, les salaires accusent un important retard sur l’augmentation de l’indice des prix à la consommation.
Alors que l’inflation progressait de 11,9 % au cours de ces 24 mois (2 ans), le salaire horaire moyen de l’employé à temps plein grimpait de 7,86 %, passant de 29,88 $ en mai 2020 à 32,23 $ en mai dernier.
C’est donc dire que le salaire horaire moyen des salariés à temps plein accuse sur deux ans un important retard de 4 points de pourcentage par rapport à la hausse de l’inflation.
Cela équivaut à une perte de pouvoir d’achat de 2195 $ dans le cas de l’employé à temps plein, dont le salaire annuel moyen atteint les 58 659 $, sur une année à 35 heures par semaine.
PIRE À L’ÉCHELLE CANADIENNE
En guise de consolation, sachez que dans l’ensemble du Canada, la perte de pouvoir d’achat des salariés à temps plein est plus élevée qu’au Québec.
Pendant que l’inflation bondissait de 7,73 % lors des 12 mois allant de mai 2021 à mai 2022, le Canadien à temps plein a vu son salaire horaire moyen augmenter de seulement 4,33 % (+1,37 $ l’heure), pour atteindre les 33,01 $ l’heure.
Pire encore, lors des 24 derniers mois, de mai 2020 à mai 2022, l’inflation au Canada a enregistré un bond de 11,61 %. Et du côté du salaire horaire moyen de l’employé à temps plein, la hausse salariale ne progressait que de 3,8 % lors de ces deux années.
Par rapport à l’inflation, le retard salarial dans l’ensemble du pays s’élève ainsi à près de 8 points de pourcentage. C’est énorme. La perte de pouvoir d’achat atteindrait sur un an les 5517 $ pour le salarié canadien à temps plein.
Avec le faible taux de chômage qui prévaut, il est évident qu’un rattrapage salarial s’effectuera au fil des prochains trimestres. Ce qui entraînera d’inévitables autres hausses de prix des produits et services.
On n’est pas sortis du cercle infernal de l’inflation !

