Tous les résultats
Publicité

Les robots ont parlé: Nick Suzuki s’approche dangereusement du Selke

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2025-03-20T03:20:00Z

Partager

Depuis Guy Carbonneau en 1991-1992, aucun membre du Canadien de Montréal n’a remporté le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la Ligue nationale de hockey (LNH). C’est en Nick Suzuki que tous les espoirs sont fondés pour mettre fin à cette disette.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un joueur du CH n’a jamais été aussi près de succéder à Carbonneau. Les données les plus fines vous le confirmeront.

Pour ce qui est des statistiques d’usage, le capitaine du CH joue près de 20 minutes en moyenne et il affiche une moyenne supérieure à un point par match. Le différentiel est une statistique imparfaite, mais son +11 est hallucinant lorsqu’on le compare au -16 du Canadien. Sans Suzuki, le Tricolore côtoierait à nouveau les bas-fonds de la Ligue.

Jamais blessé, le capitaine a été tellement bon qu’il a forcé Kent Hughes à garder ses actifs à la date limite des échanges.

S’il est établi que Suzuki est le joueur par excellence du CH sur les deux côtés de la patinoire et l’un des plus complets de la LNH, il y a un pas à franchir avant de le couronner attaquant défensif par excellence et de le qualifier de successeur de Patrice Bergeron.

Publicité

Il faut ainsi comparer Suzuki à ses pairs et, plus précisément, aux gagnants du Selke de l’histoire récente. C’est ce que nous avons fait à l’aide des statistiques avancées fournies par la firme Sportlogiq.

 

Les chiffres confirment ce dont on se doutait bien: en plus de transporter l’attaque du CH sur ses épaules, Suzuki fait très bonne figure dans la majorité des catégories défensives les plus importantes, lesquelles sont les suivantes: passes bloquées, tirs bloqués, harponnages, rondelles libres récupérées, batailles pour la rondelle gagnées.

Ce que les chiffres illustrent également, en contrepartie, c’est que Suzuki n’est pas encore tout à fait un récipiendaire du Selke. Tous les gagnants depuis 2016 ont terminé dans le top 15 de la LNH au chapitre des passes bloquées; Suzuki arrive 17e, ce qui représente son meilleur rang à travers la LNH dans les cinq catégories susmentionnées.

Suzuki bloque plus de tirs que six des huit derniers gagnants du Selke, mais il est à la traîne sur les ex-récipiendaires pour ce qui est des harponnages. Les huit derniers gagnants se sont aussi tous mieux classés à travers la LNH pour la moyenne de batailles pour la rondelle remportées.

Il y a sans doute moins d’une dizaine de joueurs de centre plus efficaces sur les 200 pieds que Suzuki dans la LNH, mais le Selke est réservé au roi de la montagne chez les attaquants défensifs. Suzuki s’est affirmé parmi l’élite, mais il lui manque quelques pas, une foulée à compléter, avant de prétendre à la couronne des Bergeron, Aleksander Barkov, Anze Kopitar et cie.

Publicité
Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Autre élément qui joue contre lui: Suzuki n’est pas le chef de file du CH en infériorité numérique. C’est Jake Evans qui est l’artisan de l’une des meilleures unités de la LNH à 4 contre 5. Le numéro 14 est déployé sur la deuxième vague, comme le prouvent ses 40 secondes d’utilisation moyenne. Or, passer moins de temps sur la glace en infériorité numérique donne aussi moins d’occasions à Suzuki d’améliorer ses statistiques dans les catégories défensives citées plus haut. On peut présumer qu’il aurait bloqué plus de passes, récupéré plus de rondelles, bloqué davantage de tirs et réalisé plus de harponnages avec un peu plus de responsabilités à court d’un homme.

Le fait qu’on évalue la candidature de Suzuki au Selke prouve indubitablement que la discussion a évolué: il n’est plus question de savoir si le capitaine est un centre de premier trio. Plutôt, on tente de le situer parmi l’élite de la LNH.

Publicité
Publicité