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«J’ai été vraiment choyé»: les revenus d’Alex Harvey ont oscillé entre 150 000$ et 350 000$ de 2011 à 2019

Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-03-12T21:39:38Z

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Si plusieurs athlètes olympiques canadiens peinent à joindre les deux bouts, ce n’était pas le cas de Alex Harvey qui lève le voile sur ses revenus pendant sa carrière afin de démontrer aux plus jeunes et à leur famille qu’il est possible de bien vivre de son sport quand tu es parmi les meilleurs au monde.

Si le sujet des revenus des athlètes olympiques est souvent tabou, le quintuple médaillé au Championnat du monde, qui s’est retiré sous les clameurs d’une foule survoltée le 24 mars 2019 sur les Plaines d’Abraham, n’hésite pas à partager des informations jusque là inconnues dans sa biographie Le Prince publiée aux Éditions de l’Homme sous la plume du journaliste Simon Drouin de La Presse et disponible en librairie à partir de mercredi.

«J’ai bien gagné ma vie avec mon sport, a-t-il souligné. C’est évident que de nombreux athlètes manquent d’appuis financiers, mais ce fut différent pour moi. C’est parfois difficile, mais il y a moyen de très bien vivre quand tu es parmi les meilleurs de ton sport. Ce ne sont pas tous les athlètes qui sont à l’aise de parler de l’aspect financier, mais je ne voulais pas cacher ces informations dans ma biographie.»

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  • Écoutez l'entrevue avec Alex Harvey, Triple champion du monde et olympien en ski de fond et avocat à l’émission de Richard Martineau via QUB :

«Une rampe de lancement»

Après une participation aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 où il a très bien fait, avec notamment une 4e place au sprint par équipe même s’il n’était âgé que de 21 ans, Harvey a véritablement pris son envol la saison suivante. En compagnie de son ami et coéquipier Devon Kershaw, ils ont remporté le mondial sprint par équipe. C’était la première fois que des hommes montaient sur le podium au mondial pour le Canada.

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Cette performance combinée à l’entrée en scène d’une personne qui jouera un rôle majeur à l’extérieur des pistes a transformé la carrière du fils de Pierre Harvey.

«Les Jeux de Vancouver m’ont mis sur la mappe, mais ma médaille d’or au mondial en 2011 et l’arrivée de Denis (Villeneuve) comme conseiller ont été une rampe de lancement pour ma carrière, a illustré l’avocat en droit des affaires au Cabinet BCF. À seulement 22 ans, j’étais déjà champion du monde et j’avais un bon potentiel pour deux autres cycles olympiques.»

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«J’avais une belle image et Denis a fait un excellent travail, d’ajouter Harvey. Je poursuivais mes études, un aspect que les commanditaires aimaient. J’ai pu obtenir de longues ententes. C’était le rêve et totalement inattendu.»

De 150 000$ à 350 000$

À sa grande surprise, Harvey a touché des revenus de 350 000$ à ses quatre dernières saisons. «Ce n’est rien comparativement à des joueurs de la LNH, mais ce sont de gros revenus pour la moyenne des ours, a-t-il imagé. J’ai été vraiment choyé d’être aussi bien payé pour faire ce que j’aime.»

«La Canadienne Chandra Crawford a touché 150 000$ annuellement les deux années après sa conquête de la médaille d’or olympique à Turin en 2006 et je croyais que ça allait être le plafond pour moi, de poursuivre Harvey. J’ai gagné 150 000$ en 2011 et 2012 avant de grimper à 350 000$.»

La retraite au bon moment

S’il a apprécié de bien gagner sa vie grâce à son sport, Harvey ne voulait pas étirer sa carrière pour des raisons financières. «J’aurais pu continuer encore une couple d’années avec les mêmes revenus, mais je ne voulais pas étirer la sauce pour l’argent, a-t-il expliqué. C’était important que j’arrête au bon moment parce que je ne voulais pas me retrouver 20e au monde. Je voulais avoir de bons souvenirs sur la fin de ma carrière et je voulais préparer ma deuxième comme avocat. Je n’aurais pas voulu être avocat junior à 40 ans.»

Faits marquants et épisode très difficile

Harvey identifie quatre courses comme les faits marquants de sa carrière. «Sur le plan sportif, ma médaille d’or à l’épreuve reine du 50 km du mondial en 2017 est l’événement marquant de ma carrière. Sur le plan émotif, ma victoire au sprint sur les Plaines en 2017 qui m’avait permis de terminer au 3e rang du classement cumulatif de la Coupe du monde et mes dernières courses à Québec en 2019 sont les faits marquants.» Il avait conclu sa carrière avec deux médailles d’argent, ses 29e et 30e podium en Coupe du monde.

Après les résultats inespérés à Vancouver, les attentes étaient grandes pour les Jeux de Sotchi quatre ans plus tard, mais les résultats n’ont pas été au rendez-vous. «Ce fut l’épisode le plus sombre de ma carrière, a-t-il confié. Après une contre-performance à ma première épreuve, j’ai commis la pire erreur de ma carrière en mentionnant aux journalistes que mes skis n’avaient aucune adhérence. Tout a commencé à déraper et on ne le réalisait pas. Après Sotchi, on a appris à contrôler le message quand une telle situation se produisait. À Vancouver, j’avais tenu des propos similaires après le 4X10 km. Parce qu’il n’y avait aucune attente, ça n’avait pas créé un tollé.»

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