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Les révélations troublantes des dessous du «convoi de la liberté»

La Commission sur l’état d’urgence se poursuit pour encore trois semaines

Des camions lourds ont paralysé une bonne partie du centre-ville d’Ottawa pendant plus de trois semaines l’hiver dernier, comme ici le 12 février.
Des camions lourds ont paralysé une bonne partie du centre-ville d’Ottawa pendant plus de trois semaines l’hiver dernier, comme ici le 12 février. Photo AFP

Guillaume St-Pierre et Anne Caroline Desplanques

2022-11-05T04:00:00Z

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Fuites policières, confusion généralisée chez la police, « dangereux » Québécois, luttes de pouvoir dans le « convoi de la liberté », financement étranger : la Commission d’enquête sur l’état d’urgence en est à mi-chemin et elle a été riche en rebondissements. Voici un résumé des révélations parfois troublantes et étonnantes de cette commission historique. Justin Trudeau et sept de ses ministres doivent témoigner dans les prochaines semaines.

• À lire aussi: Des manifestants du «convoi de la liberté» dénoncent leur arrestation

Un juge très patient 

C’est le juge franco-ontarien Paul Rouleau qui préside la commission. Il fait preuve d’une très grande patience avec les organisateurs du convoi, dont les témoignages peuvent s’étirer et verser dans des théories du complot, alors qu’il est sans doute soucieux de protéger la légitimité de l’exercice.

Les Farfadaas, dangereux ou pas ? 

Tout le monde n’a pas le même avis. Pour la police de l‘Ontario, non. Mais pour la police d’Ottawa et le maire de la ville, oui, selon leur témoignage. Cette divergence d’opinions sur ce groupe québécois contre les mesures sanitaires est l’un des nombreux exemples de contradictions et de confusions dans le renseignement policier.  

La police prise par surprise ? 

Peter Sloly
Peter Sloly Photo d'archives

La police d’Ottawa et son chef démissionnaire Peter Sloly jurent qu’ils ne s’attendaient pas à ce que le convoi s’incruste plus longtemps qu’un week-end. Or, les hôteliers avaient prévenu que des chambres étaient réservées pour plus longtemps, mais ils n’ont pas été pris au sérieux. Finalement, les corps policiers d’Ottawa, de la police provinciale et de la GRC ont soutenu que l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence n’était pas nécessaire pour déloger le convoi.

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Des fuites policières

Les organisateurs auraient bénéficié de fuites sur des détails opérationnels de la GRC, du Service de police d’Ottawa, de la Police provinciale de l’Ontario et du Service de renseignement canadien. Des preuves tangibles de ces fuites n’ont toutefois pas été fournies. 

Financement américain

La commission a permis d’apprendre que le convoi a reçu quelque 24 M$ en dons, dont environ 5,7 M$ en provenance des États-Unis. Or, l’essentiel du butin a été remis aux donateurs, a été gelé ou mis de côté dans le cadre d'un procès en cours.

  • Ne manquez pas les nouvelles d'Alexandre Moranville au micro de Mario Dumont sur QUB Radio :

Une ville sens dessus dessous 

Le chaos et l’anarchie régnaient au Service de police d’Ottawa et au sein du conseil municipal lorsque le convoi s’est installé fin janvier. Le chef démissionnaire Peter Sloly a confié à une résidente appelée à témoigner avoir eu « peur » durant l’occupation, ce qui n’a rien fait pour la rassurer. Selon une conseillère municipale, M. Sloly, premier chef noir de la police de la capitale fédérale, faisait face à « une sorte d’insurrection ». Des policiers d’Ottawa, mais aussi provinciaux ont eu des mots durs sur l’absence de leadership de M. Sloly.

Où est Doug ? 

Doug Ford
Doug Ford Photo d'archives

Même s’il a offert son soutien à Justin Trudeau dans l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, refuse de comparaître devant la commission Rouleau. Il se bat même devant les tribunaux afin d’éviter de se présenter. 

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