Éric Veilleux remplacera Patrick Roy derrière le banc des Remparts

Kevin Dubé
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Simon Gagné a finalement trouvé son homme pour remplacer Patrick Roy derrière le banc des Remparts la saison prochaine. Le directeur général des Diables rouges a confirmé l’embauche d’Éric Veilleux à ce poste, jeudi matin.
Ce dernier coche plusieurs cases de ce que recherchait Gagné dans son nouvel entraîneur: il possède une vaste expérience dans le hockey, autant en tant que joueur qu’en tant qu’entraîneur.
«J’avais énuméré trois points principaux que je recherchais chez mon futur entraîneur: je voulais un passionné de hockey qui a le désir de gagner, un homme de famille et un bon communicateur, capable de parler aux joueurs d’une génération différente. Éric cadre parfaitement dans ces points importants pour moi», a résumé Gagné en présentant sa plus récente embauche.

À Québec, Veilleux n’arrivera pas en terrain inconnu puisqu’il connaît bien la ligue, y ayant passé dix ans de sa vie, la dernière en 2018-2019 avec les Mooseheads d’Halifax. Il arrive aussi alors que les Remparts entament un processus de reconstruction, autre situation qu’il a déjà vécue dans le passé.
Toutefois, il fera face à un défi que peu d’entraîneurs ont vécu, soit celui de devoir remplacer Patrick Roy.
«C’est certain que Patrick a accompli d’énormes et très belles choses ici avec les Remparts et même ailleurs. Ce sont de grands souliers à chausser, mais, je suis qui je suis. Le hockey m’a amené à avoir une belle carrière jusqu’à maintenant.
«Je vais être moi-même. Je n’arrive pas ici pour changer ma façon de coacher. Les gens qui ne me connaissent pas me voient d’une certaine façon. Je crois que je peux être demandant, mais je vais toujours être juste avec tout le monde. Ça ne changera jamais. Je vais toujours porter énormément d’attention à la communication avec mes joueurs.»
Le premier choix du début à la fin
Même s’il a suivi un processus rigoureux pour dénicher le nouvel entraîneur-chef des Remparts de Québec, lors duquel il a discuté avec quelques candidats, Simon Gagné n’avait qu’un nom en tête depuis le début: celui d’Éric Veilleux.
Recommandé par Patrick Roy, et même par son ancien collègue avec les Remparts Benoit Desrosiers, confirmé jeudi comme entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau, Veilleux était le candidat no 1 de Gagné.

Tellement qu’après leur rencontre de mercredi matin, la dernière de plusieurs discussions depuis quelques semaines mais la première en personne, Gagné était prêt à offrir un contrat à celui qui avait passé les quatre dernières saisons comme adjoint à Benoît Groulx avec le Crunch de Syracuse dans la Ligue américaine de hockey (LAH).
Tout ça, même s’il avait une autre rencontre de prévue jeudi matin, avec un autre sérieux candidat, à qui il a annoncé que, finalement, son choix était fait.
«Dès notre première conversation, on a parlé à peu près une heure de temps, de hockey, de mon idée et du plan que je voyais. [...] Je suis un gars de feeling et je sentais qu’il y avait une connexion», a expliqué Gagné.

Après cette rencontre, le directeur général a contacté plusieurs personnes qui l’ont côtoyé: des anciens joueurs ou des anciens entraîneurs avec qui il a travaillé.
«Tous ses anciens joueurs avaient le même message: “c’est un gars de famille, on veut tous jouer pour lui, on veut bloquer des tirs pour lui”. Du côté des entraîneurs, ils m’ont aussi tous dit la même chose, à savoir que les équipes d’Éric sont difficiles à affronter. Je sais donc que notre équipe va travailler fort.»
Trop tôt pour les adjoints
Ni Gagné ni Veilleux n’ont voulu s’avancer sur l’identité de ceux qui agiront à titre d’adjoints derrière le banc la saison prochaine.
«Aujourd’hui, c’est une grosse journée. On va prendre le temps de s’asseoir ensemble et de regarder ça. On a déjà rencontré certains candidats pour les deux postes», mentionnait Gagné.
Ce dernier révélait toutefois au Journal plus tôt cette semaine que David Rodrigue faisait partie des candidats sérieux pour occuper un poste à temps plein derrière le banc de l’équipe en 2023-2024.
Un entraineur intense, version améliorée

Il suffit de chercher le nom d’Éric Veilleux sur YouTube pour tomber sur une vidéo de lui, datant de 2013, où on le voit, furieux, lancer pas moins de six bâtons sur la patinoire, insatisfait d’une décision d’un officiel.
De l’extérieur, Veilleux a cette réputation d’un entraîneur intense et au caractère bouillant.
«On a fait affaire ensemble dans les conférences de presse, mais c’est plus une vision de l’extérieur. Parfois, il faut faire attention», prévient-il toutefois à un collègue qui lui fait mention de cette impression qu’ont les gens de lui.
Il rigole, par la suite, quand on lui fait part de la fameuse vidéo de 2013.
«Ce sont des choses qui arrivent. Ça fait quand même quelques années de ça! Ça n’arrive plus aujourd’hui de toute façon.»
L’entraîneur de 51 ans estime aussi qu’il y a une ligne entre l’image publique qu’il projette et ce qu’il est réellement, derrière des portes closes.
«Quand j’étais à Halifax et qu’on a joué contre Québec [en séries, en 2019], ça s’est fini en sept et je n’ai pas fait de grimaces ni sauté nulle part. De plus, ça ne veut pas dire que si je lance des bâtons sur la glace, que je les casse sur la tête de mes joueurs dans la chambre. Des fois, il faut faire attention. Je sais comment je suis et les joueurs sont les mieux placés pour parler de comment Éric Veilleux est dans une chambre de hockey.»
Une expérience enrichissante
D’ailleurs, jusqu’à tout récemment, rien n’indiquait que Veilleux serait de retour dans le hockey junior. En poste depuis quatre ans comme adjoint de Benoit Groulx avec le Crunch de Syracuse, l’organisation du Lightning de Tampa Bay en a surpris plusieurs en nommant Joël Bouchard comme entraîneur-chef du Crunch, le 26 juin, laissant en plan Groulx, Veilleux et leur autre adjoint Gilles Bouchard.
En fin de compte, cette expérience lui aura servi, assure Veilleux.
«Je voulais être entraîneur adjoint avec un bon entraîneur-chef pour apprendre autre chose. On connaît notre façon de faire, mais c’était important pour moi d’aller voir comment les autres travaillent. J’ai adoré ça, mais l’opportunité de redevenir entraîneur-chef était encore quelque chose auquel je pensais. Les choses sont arrivées comme ça et je suis heureux d’être ici.»