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«Les Régates de Valleyfield, c’était comme le père Noël pour moi»: un Québécois qui vole à 270 km/h sur l’eau raconte sa passion sans borne

Photo fournie par les Régates de Valleyfield
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2025-07-10T23:00:00Z

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Éric Langevin n’a pas raté une seule édition des Régates de Valleyfield. Son père l’y amenait quand il n’était encore qu’un poupon: «Et quand j’avais 4 ans, aller aux Régates, c’était comme voir le père Noël, pour moi», raconte-t-il.

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Un peu plus de cinq décennies ont passé depuis et rien n’a changé pour le Montréalais. Sa vie tourne toujours autour de ces courses sur l’eau, où dans les épreuves les plus rapides de la classe Grand Prix, l’embarcation – et son pilote, bien sûr! – peut atteindre les 270 km/h en ligne droite.

Son choix de carrière (il est ingénieur chez Pratt & Whitney) a été orienté par son grand passe-temps. Sa famille l’appuie dans son projet, qui l’occupe un jour par week-end, quand ce n’est pas la saison des courses, et beaucoup plus durant l’été. Toute une bande d’acolytes met la main à la pâte bénévolement.

De sérieux accidents

Les 85es Régates de Valleyfield seront une fois de plus l'occasion de voir à l'œuvre le pilote passionné, qui était jeudi le seul Québécois inscrit dans cette fameuse classe Grand Prix, l'épreuve reine culminant dimanche après-midi avec la grande finale. Il a fait ses débuts en 1998 et prend part à cette catégorie depuis 2011.

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Même de sérieux accidents – un qui l’a laissé avec une sévère commotion cérébrale et un autre qui aurait pu lui coûter la vie – ainsi qu’une petite pause au début des années 2020 n’ont pu faire disparaître ce feu qui l’anime.

Au contraire: il était encore tellement présent que le pilote du bateau bleu et jaune Grand Prix Sylco a repris la compétition à temps plein il y a deux ans. Pas que la compétition, d’ailleurs: c’est qu’en tant qu’ingénieur, le pilote monte lui-même ses moteurs. Il magasine soigneusement ses pièces. 

«C'est un peu de la gestion de risque, comme ce que je fais à mon travail», explique-t-il.  

Photo fournie par les Régates de Valleyfield
Photo fournie par les Régates de Valleyfield

L'organisation des Régates lui prête un bateau, avec lequel il participe à environ six courses durant la saison, et qu'il doit remettre comme neuf à la fin de l'été. Mais en fait, ce qu'il utilise, c'est la coque. 

Tout le reste des principales composantes, c’est les siennes, grâce à l’aide du copropriétaire de son équipe, Marco Therrien, «sans qui il ne serait pas là», de son chef mécanicien, Daniel Leclerc, et de plusieurs autres personnes sans qui il ne pourrait voler sur l’eau.

Ils volent sur l'eau

Parce que c'est exactement ça, «le feeling» qu'ont les pilotes, le «trip de la conduite». Celui de voler sur l'eau. Il n'y a que l'hélice, le gouvernail et l'ailette de virage qui y touchent. «C'est ce qui permet au bateau d'aller aussi rapidement», nous mentionne M. Langevin. 

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Il faut «vraiment avoir du fun pour faire ça», ajoute-t-il. Parce que, comme on le disait plus tôt, ce n'est pas son emploi à temps plein. Ce qui ne l'empêche pas d'y consacrer «d'innombrables heures», notamment durant les vacances. 

D'ailleurs, le pilote parle de l'aspect mécanique avec autant de passion que pour le temps qu'il passe sur l'eau à haute vitesse.

Photo fournie par les Régates de Valleyfield
Photo fournie par les Régates de Valleyfield

Ça prend un bon budget, aussi. Éric Langevin s'estime chanceux. La quête de commanditaires a longtemps été ardue pour le pilote, mais ça va beaucoup mieux maintenant grâce au travail de M. Therrien. 

Le soutien de Plomberie Sylco, Aquabrass, Construction JP Lalonde, DS Valve, du parc aquatique Océanie, de la pharmacie Uniprix de Beauharnois et Saint-Timothée, dont sa femme est la pharmacienne propriétaire, lui est précieux.

«Notre budget est d’environ 60 000$», ce qui est moins que ses adversaires, dans un milieu où plusieurs mettent des centaines de milliers de dollars, explique-t-il. Mais c’est beaucoup pour un travailleur comme lui, précise-t-il. 

Toujours comme le père Noël

Les deux accidents majeurs qu'il a subis il y a environ dix ans n'ont donc pas laissé que des traces physiques. Recommencer à zéro était aussi un pensez-y-bien financier, reconnaît-il. À 55 ans, il ne prendrait peut-être pas les mêmes décisions que lorsqu'il était dans la quarantaine. 

Mais à la veille de glisser sur l'eau à Valleyfield, il n'était pas question de penser aux risques du métier. Pour le passionné, l'heure était venue de vivre à nouveau son trip, celui qui est sans doute quand même encore comme le père Noël pour lui. 

▶ Le second week-end des Régates de Valleyfield s’amorçait jeudi. Les courses seront présentées jusqu’à dimanche, à 16 h 30. Plusieurs spectacles sont aussi prévus en soirée, dont celui de Québec Redneck Bluegrass Project, vendredi, et celui de Smash Mouth, samedi.

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