Les Québécois plus petits de taille peinent à rivaliser avec le reste au Canada pour atteindre l'équipe nationale


Richard Boutin
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À l’exception de Nicholas Hoag qui a participé aux trois derniers Jeux olympiques et qui garde le fort, il n’y a eu aucun autre Québécois au sein de l’équipe canadienne senior de volleyball depuis 2014.
Le central Louis-Pierre Mainville et le passeur Olivier Faucher sont les derniers Québécois qui ont percé l’alignement de l’équipe canadienne. Ils étaient présents à Québec en 2013 lors du programme double face aux Pays-Bas bien que le premier était blessé.
Nous avons parlé à différents intervenants pour tenter d’expliquer cette situation. «L’aspect physique n’est pas à la hauteur et ce n’est pas la faute du Québec, a mentionné Hoag qui campe un rôle de spectateur dans la Vieille Capitale en raison d’une blessure à un pied. Dans les rangs universitaires, la qualité de la défensive permet aux équipes du Québec de frustrer les grands joueurs de l’Ouest, mais tous les joueurs de la Ligue des nations sont bons en défensive et cet avantage ne fait plus la différence face à des gars de 6 pi 7 po.»
Gino Brousseau abonde dans le même sens. «L’aspect athlétique est très important et les joueurs ne sont pas très physiques au Québec, a mentionné l’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval qui a évolué sur le circuit international pendant plus de dix ans. Les Centres de formation en France et en Italie où les jeunes jouent tous les jours pendant deux ans aident beaucoup avant qu’ils fassent le saut chez les professionnels à 18 ans. Au Québec, nos joueurs stagnent parce qu’ils privilégient l’école et qu’on joue entre nous.»
«Aucun regret»
Hoag a fait le choix de partir vers l’Europe à l’âge de 18 ans après son passage avec les Volontaires de Sherbrooke. Il n’a pas joué dans les rangs universitaires. «J’ai renoncé aux études universitaires, mais je n’ai aucun regret, a-t-il résumé. J’ai débuté chez les professionnels à 19 ans et il y avait des gars plus jeunes que moi. Ce cheminement m’a aidé surtout dans les rangs professionnels. En Europe, les gars de 18 ans affrontent des joueurs de 35 ans et ils se font taper, mais ils apprennent.»
Après trois saisons en France, Hoag a vécu son baptême sur la scène internationale avec le Canada à l’âge de 22 ans. «J’ai été titulaire pour la première fois en 2014 lors du championnat mondial en Pologne.»
Entraîneur du programme national de 2006 à 2021 sauf deux années après les Jeux de Rio, Glenn Hoag estime que la conciliation sport-études comporte ses défis et ses avantages. «Au Québec et au Canada, nos joueurs se concentrent sur deux choses alors que certains de mes joueurs en Turquie n’ont pas terminé leurs études secondaires, a mentionné l’entraîneur du club Arkas Spor. Le basketball et le football prennent aussi beaucoup de place. Les Canadiens sont toutefois plus intelligents, plus disciplinés et plus assidus dans leurs tâches.»
Deux jeunes qui poussent
Après de très beaux succès avec le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke au cours des cinq dernières années, deux joueurs ont été invités au sein du programme Next Gen.
Après une saison en Finlande, le libero Zachary Holland portera les couleurs de Poitiers dans un circuit plus relevé à l’automne où il retrouvera l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne Dan Lewis.
«Zach possède le talent pour y arriver, a mentionné Hoag. Il y a de bons liberos avec l’équipe canadienne actuellement, mais il est très bon techniquement et il travaille fort. Un de nos passeurs Luke Herr a patienté six ans avant d’obtenir sa chance avec l’équipe nationale. Tu ne dois juste pas lâcher si tu veux percer l’équipe A.»
De son côté, le passeur Jonathan Portelance avait aussi été invité, mais une blessure a changé les plans.