Ottawa presse les provinces de respecter les consignes des fabricants de vaccins
Anne Caroline Desplanques | Journal de Montréal
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Le gouvernement fédéral presse les provinces de respecter les consignes des fabricants de vaccins en administrant une seconde dose dans les temps prescrits, sinon le Canada risque de ne pas pouvoir accélérer le rythme de livraison des précieuses fioles.
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«Nous devons pouvoir montrer aux fabricants de vaccins que les provinces et territoires suivent les instructions, que la seconde dose est administrée dans un délai précis», a déclaré aujourd’hui Anita Anand, la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement.
Elle réagissait à la volonté de certaines juridictions de retarder l’administration d’une seconde dose de vaccin Moderna et Pfizer contre la COVID-19, afin de pouvoir administrer une première injection à plus de gens.
Les deux fabricants recommandent que leurs vaccins soient administrés en deux doses injectées à trois ou quatre semaines d’intervalle.
Mais devant l’approvisionnement lent, plusieurs pays, dont l’Angleterre, prévoient retarder la seconde injection. C’est aussi ce que recommandent plusieurs scientifiques, dont le Dr Gary Kobinger, du Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval.
Or, la ministre Anand a prévenu que procéder ainsi pourrait compromettre la capacité du gouvernement fédéral à convaincre les compagnies d’accroitre et d’accélérer leurs livraisons au pays.
«Nos arguments pour faire accélérer les livraisons sont plus forts si on peut démontrer aux fournisseurs de vaccins que les provinces et territoires canadiens suivent les instructions», a-t-elle insisté.
En début de semaine, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la Santé publique du Canada, n’a pas rejeté l’idée de retarder la seconde injection, celle qui sert à renforcer l’immunité. Elle a indiqué qu’il y a pour le moment trop peu de données pour se prononcer clairement sur l’impact d’espacer les deux injections au-delà du temps prescrit par les fabricants.
Aujourd’hui, sa collègue la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef de Santé Canada, a expliqué que, d’après les données des essais cliniques fournis par Pfizer, une seule dose de son vaccin n’est efficace qu’à 52% pour protéger contre a COVID-19.
Tant Moderna que Pfizer ont indiqué ne pas être en mesure de garantir de l’efficacité de leur vaccin si le délai d’injection entre les deux doses n’est pas respecté.