Des proches des 55 personnes tuées dans un accident de camion qui transportait clandestinement des migrants se pressaient, samedi, inconsolables, vers la morgue de Tuxtla Gutiérrez, la capitale du Chiapas mexicain, depuis le Guatemala voisin.
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«Jamais on ne pensait que c’étaient eux, des proches ont commencé à nous envoyer des informations disant qu’ils étaient dans ce véhicule», raconte à l’AFP Santos Gómez, 60 ans, qui a perdu son fils Leonel dans l’accident.
Quand les services légistes lui ont confirmé que Leonel était là, il a éclaté en sanglots.
Un neveu de M. Gómez est aussi parmi la centaine de blessés de l’accident.
Quelque 160 migrants, en majorité des sans-papiers d’Amérique centrale, voyageaient cachés et entassés dans la remorque d’un camion, jeudi, en direction du nord du Mexique, vraisemblablement vers la frontière américaine, quand le véhicule s’est renversé sur l’autoroute près de Tuxtla Gutiérrez, la capitale de l’État du Chiapas, frontalier du Guatemala.
Leonel, mécano, 37 ans, avait quitté sa ville natale de Malacatán, dans le sud-ouest du Guatemala, six jours avant pour tenter d’aller aux États-Unis, malgré l’opposition de sa famille et de son épouse.
À la morgue, son père est accompagné de sa belle-fille, Jesenia Flores. Elle a perdu le père de ses deux filles de 9 et 13 ans, désormais orphelines d’un homme parti, comme d’autres migrants, «chercher le rêve américain pour donner le meilleur à ses filles et à sa famille», se désole Mme Flores, en larmes.
Gerardo Cifuentes se prépare également au pire en arrivant à la morgue à la recherche de son cousin, Cecilio Federico, originaire lui aussi de Malacatán, après l’avoir cherché à l’hôpital.
«Nous avons l’espoir qu’il soit en vie», soupire M. Cifuentes.
Les autorités mexicaines et guatémaltèques ont annoncé qu’elles allaient faciliter le rapatriement des corps, sans préciser quand.
L’accident a fait 55 morts et 105 blessés, en majorité du Guatemala, mais aussi du Honduras, du Mexique, d'Équateur et de République dominicaine, selon les autorités.
Le camion accidenté, sans doute en excès de vitesse, a percuté un pont pour piétons dans un virage. Il s’est renversé, brisant la remorque où s’entassaient les migrants.
Traditionnel couloir de passage, le Mexique est confronté, cette année, à des arrivées records de migrants, venus non seulement du Honduras et du Salvador, mais aussi d'Haïti.
Frontalier du Guatemala, le Chiapas est le principal point de passage des sans-papiers, transportés en camion vers le nord par des passeurs dans des conditions épouvantables.
Vendredi, les gouvernements du Guatemala, d'Équateur, des États-Unis, du Honduras, du Mexique et de République dominicaine ont annoncé la formation d’un «groupe d’action immédiate pour arrêter et juger les trafiquants responsables de la tragédie».
Cette année, 821 migrants sont morts en traversant l’Amérique centrale ou l’Amérique du Nord, selon l’organisation internationale des migrations (OIM).
Les décès sont dus, principalement, à des accidents de la route (162), mais aussi au manque de nourriture, d’eau et d’abri (142) et à des noyades (108).
