Les problèmes du Canadien en infériorité numérique: tout part des mises en jeu


Jonathan Bernier
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À part, peut-être, si vous avez la chance de porter les couleurs de l’Avalanche du Colorado depuis l’automne, une saison de la LNH n’est jamais un long fleuve tranquille.
Que ce soit le jeu défensif, la production en attaque, les schémas en supériorité numérique, la tenue des gardiens, il semble souvent impossible de faire fonctionner tous les aspects du jeu de façon simultanée.
Par les temps qui courent, c’est l’infériorité numérique qui en arrache chez le Canadien. Les trois buts que les Bruins ont inscrits avec l’avantage d’un homme (en quatre occasions) sont venus confirmer une tendance qui se dessinait depuis 10 jours.
Au cours de ses cinq dernières rencontres, le Tricolore a accordé 9 buts en 17 infériorités numériques. Un taux famélique que seuls les Canucks (46,7%) ont été en mesure de battre. Considérant que les Vancouvérois occupent le 32e et dernier rang du classement général, disons que ce n’est pas une référence.

Des as en difficulté
On se rappellera que la formation montréalaise, qui s’est classée au neuvième rang du circuit l’an dernier à court d’un homme, a perdu des éléments importants au cours de la saison morte. Toutefois, malgré les départs de Joel Armia et Christian Dvorak ainsi que la retraite de David Savard, on avait réussi à tenir le coup tant bien que mal.
Lors des 47 premiers matchs de la saison, l’unité d’infériorité numérique du Canadien s’est maintenue à 79,7%, à peine trois dixièmes de point du seuil de respectabilité établi à 80%. Merci à Mike Matheson, qui passe presque la totalité de toutes les infériorités numériques sur la surface de jeu, et à Alexandre Carrier, qui bloque sa part de tirs.
On croyait qu’avec le retour de Jake Evans, jumelé à l’acquisition de Phillip Danault, le Tricolore serait en voiture. Après tout, on parle de deux as des mises en jeu. Mais il n’en est rien.
En fait, les récents problèmes du Tricolore en désavantage numérique coïncident avec un creux de vague de Danault dans le cercle de mises en jeu dans cet aspect bien précis de la rencontre.
Au cours de ces cinq matchs, l’homme de confiance de Martin St-Louis, lorsque l’enjeu est important, a remporté 5 de ses 12 duels pour un pourcentage d’efficacité de 41,7% en pareilles circonstances.
Une question de possession
D’ailleurs, quatre des neuf buts mentionnés plus haut ont été marqués à la suite de mises en jeu perdues par le Tricolore, dont deux (ceux de Viktor Arvidsson et de Morgan Geekie contre les Bruins) sont directement attribuables à celles-ci.
Défendre le territoire en infériorité numérique se complique lorsque vous perdez la possession de la rondelle dès le départ.
Comme dans n’importe quelle facette du jeu, la confiance joue pour beaucoup dans le succès (ou pas) de l’infériorité numérique. Hésitation, décisions discutables, tentatives de vouloir trop en faire: voilà autant de travers qui provoquent des brèches dans la boîte défensive.
Des faiblesses que les meilleures attaques massives du circuit, comme celles des Bruins (première depuis le début de 2026) et du Wild (septième), n’hésitent pas à exploiter.
Et quand le gardien l’échappe un peu, comme ce fut le cas samedi soir, ce n’est rien pour aider. Après tout, ne dit-on pas souvent que le cerbère doit être le meilleur joueur de son équipe en infériorité numérique?
Une autre tendance à enrayer
Parlant de tendance, il y en a une autre que Martin St-Louis devra tenter d’enrayer avant qu’elle ne prenne des proportions trop élevées: celle d’échapper des avances en troisième période.
Deux des trois derniers revers du Canadien ont été encaissés alors qu’il menait après 40 minutes. Il aurait également pu se faire jouer le même tour face au Wild si Cole Caufield n’avait pas sauvé la mise avec 15 secondes à écouler au troisième vingt.
Vos favoris affichent donc un dossier de 15-3-2 lorsqu’ils mènent après deux périodes. Les Penguins (18-2-4), les Blue Jackets (16-1-5), les Jets (15-3-4) et les Maple Leafs (12-3-4) sont les seules équipes à avoir échappé des avances aussi tardives.