Depuis maintenant une semaine, les établissements de santé de la région de Québec tentent de recruter des infirmières avec les primes de 12 000 $ et 15 000 $ promises par le gouvernement du Québec. Or, les incitatifs ne suscitent aucun emballement.
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À Québec, les gestionnaires d'établissements doivent recruter 1327 travailleurs de catégorie un. Des infirmières auxiliaires aimeraient bien retourner dans l’action, mais ne peuvent plus en raison d'un examen qu’elles ont échoué.
Elles ont terminé leur formation et obtenu leur diplôme d'études professionnelles comme infirmier/infirmière axillaire. Elles ont ensuite été embauchées dans des CHSLD en pleine pandémie comme CEPIA, c’est-à-dire candidat à l'exercice de la profession, en attendant de réussir l'examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec.
Un an plus tard, deux d’entre elles sont découragées parce qu’elles ont échoué trois fois l'examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec. Elles ne peuvent donc plus travailler et doivent reprendre leur formation. Elles ont accepté de parler sous le couvert de l’anonymat.
«On peut peut-être faire autrement, venir nous évaluer sur le terrain parce qu’on a travaillé avec des gestionnaires, avec des infirmiers-chefs, tous ceux qui nous connaissent. J’avais même un poste», exprime l’une d’entre elles.
Alors que Québec veut embaucher 4300 infirmières, ces anciennes étudiantes demandent à retourner dans le réseau en tant que CEPIA. Elles espèrent pouvoir repasser l'examen.
Au moment d'écrire ces lignes, l'Ordre n'avait pas encore répondu à nos questions.
Recrutement peu convaincant
Une semaine après l’annonce des primes, le recrutement débute lentement. Les équipes en santé publique et les établissements sont en action pour attirer les groupes ciblés par le gouvernement: retraités, personnel à temps partiel et infirmières de l’externe.
Un infirmier du CHU de Québec, Jean-François Boulay, refuse catégoriquement de retourner à temps complet, malgré les sommes d’argent promises. Pour lui, c’est une question de santé :
«J’ai déjà été à temps complet, puis je me suis rendu malade», affirme-t-il.
Il doute aussi du montant qui lui restera dans les poches, après les déductions et l’impôt payé. M. Boulay a d’ailleurs récemment pris la décision de diminuer ses heures. Il a dû abandonner son ancienneté et changer d’institution, mais il ne regrette pas.
Une infirmière d’agence, Marianne Leblond, salue l’initiative du gouvernement, mais elle n’est pas plus attirée par les primes offertes. Elle aurait aimé une plus grande liberté dans les horaires.
Une retraitée, Lise Breton, n’a pas non plus l’intention de répondre à l’appel :
«La profession, c’était le contact avec la personne et on le faisait parce qu’on aimait ça», partage-t-elle.
Aujourd’hui, elle déplore que le dévouement et la générosité, à la manière de mère Teresa, ne soient plus possibles. Cette dame en a parlé avec d’anciennes collègues, dont certaines ont quitté le réseau récemment, et aucune ne voulait y retourner.
Quelques recrues
Depuis le 23 septembre, du personnel de la santé a tout même levé la main:
quatre personnes de l'externe ont été recrutées au CHU de Québec-Université Laval. Sept ont été embauchées à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Il n’y a eu aucune embauche du côté du CIUSSS de la Capitale-Nationale et du CISSS de Chaudière-Appalaches, mais les porte-paroles précisent que des démarches seraient en cours
Fait intéressant: 12 infirmières ont accepté des postes à temps complet à l'IUCPQ.
Les gestionnaires des établissements de la région affirment avoir approché des centaines de personnes et certaines auraient démontré de l’intérêt. Ils ont donc encore bon espoir d’atteindre les objectifs du gouvernement du Québec.