«Je n’ai jamais vécu ça»: 10 défaites de suite pour les Sabres et une visite du proprio à Montréal
Le propriétaire des Sabres est venu rencontrer les joueurs à la veille du match contre le Canadien


Dave Lévesque
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Tu sais que ça va mal pour une équipe de hockey quand le propriétaire de 73 ans décide de prendre l’avion pour venir rencontrer l’équipe à l’étranger.
C’est ce que Terry Pegula a fait lundi quand l’entraînement des Sabres prévu au Centre Bell a été annulé afin qu’il s’adresse aux joueurs et au personnel d’entraîneurs, à la veille du match contre le Canadien.
Les amateurs de sports de Montréal ont déjà entendu parler des passages parfois mouvementés de Joey Saputo dans le vestiaire du CF Montréal, mais même si personne n’a voulu révéler ce qui a été dit et sur quel ton, il semble qu’aucune poubelle n’a été rudoyée par M. Pegula.
«Je crois que c’était incroyable de sa part», a insisté l’entraîneur-chef Lindy Ruff devant un parterre de journalistes aussi important que celui qui se trouve habituellement face à Martin St-Louis.
«Ça démontre qu’il a l’équipe à cœur et qu’il est passionné par ce qui nous arrive.»
Solution interne
Avant le match contre le Canadien mardi soir, les Sabres avaient perdu dix matchs de suite, la plus longue séquence depuis le début de la saison dans la LNH.
Bien que peu de choses ont filtré, il appert que Pegula a dit à tout le monde que la solution allait venir de l’intérieur et qu’il n’avait pas l’intention de faire de changements majeurs pour donner un nouveau souffle à ses Sabres.
«C’est important qu’on se serre les coudes dans cette épreuve, a souligné Tage Thompson. On va avoir besoin de tout le monde et personne dans ce vestiaire n’a abandonné et ça part de notre propriétaire qui est venu démontrer qu’il est dévoué à la cause de l’équipe, ce qui est très significatif pour tout le monde ici.»
Ce n’est pas rare qu’une équipe traverse une importante léthargie, mais le dénouement de lundi était inédit pour le Québécois Nicolas Aubé-Kubel.
«Je n’ai jamais vécu ça. Ça fait un bout qu’on essaie de se mettre ensemble, Dix défaites de suite, c’est dur, mais on essaie de s’en sortir ensemble.»
Pas que Ruff
Histoire d’enlever de la pression sur une équipe jeune qui est encore en cours de reconstruction, Lindy Ruff n’a pas hésité à dire que les déboires actuels étaient entièrement sa faute, mais ses joueurs n’y croient pas.
«C’est un leader, a lancé Tage Thompson au sujet de son entraîneur. Tout le monde doit se regarder dans le miroir parce que dès que tu commences à pointer du doigt, à tenter de trouver une solution ailleurs ou à chercher quelqu’un pour régler le problème, tu ne fais que te mentir à toi-même et aux gars autour de toi.»
Thompson est d’ailleurs capable de longues envolées verbales qui n’ont d’égal que ses 6 pi 6 po.
«Lindy est dans le hockey depuis longtemps et s’il a connu du succès comme joueur et comme entraîneur, c’est parce qu’il a su se regarder dans le miroir, et ce qui se produit n’est pas de sa faute, c’est la faute de tout le monde dans ce vestiaire en commençant par moi. Il peut nous donner tout ce dont nous avons besoin, faire des stratégies, mais ce n’est pas lui qui va sur la glace alors il peut revendiquer la responsabilité, mais ce sont les gars dans ce vestiaire qui vont aller se battre pour chacun de leurs coéquipiers.»
Stress
L’ambiance était plutôt bon enfant sur la glace lors de l’entraînement matinal des Sabres mardi. On a d’ailleurs vu Lindy Ruff rigoler de bon cœur avec ses adjoints à un certain moment.
Comme la dernière victoire des Sabres remonte au 23 novembre, il serait normal que tout le monde soit un peu tendu et Nicolas Aubé-Kubel reconnaît que ce n’est pas évident de garder la tête froide.
«Depuis une couple de matchs, on prend l’avance et on encaisse un but et ça devient stressant tout de suite.»
«C’est beaucoup plus amusant de venir à l’aréna quand tu gagnes, admet Owen Power. Nous devons continuer d’aller de l’avant en essayant d’être meilleurs et en tentant d’oublier tout ça. Le bon côté de cette ligue, c’est qu’on joue beaucoup de matchs et que deux jours après une défaite, tu joues à nouveau.»