Les points avant l’argent pour Auger-Aliassime
Comme tous les joueurs, le Québécois ne pourra pas récolter de points à Wimbledon


Mathieu Boulay
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LONDRES | Félix Auger-Aliassime est catégorique : même si les bourses du tournoi de Wimbledon seront encore généreuses cette année, il préfère engranger des points au classement de l’ATP.
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Rencontré à la sortie de son entraînement, la neuvième raquette mondiale a pris quelques minutes pour discuter avec le représentant du Journal de Montréal.
Dans les dernières semaines, l’ATP et la WTA ont pris une décision impopulaire. Les deux associations n’accorderont pas de points dans leur classement respectif à Wimbledon. Ainsi, plusieurs joueurs glisseront de quelques rangs après le tournoi majeur même s’ils livrent de bonnes performances sur le gazon londonien.
Les points, ça vaut de l’or aux yeux du Québécois.

« Si tu me donnes le choix entre les points et l’argent, je prends les points. Toujours les points, a mentionné Auger-Aliassime. Je suis chanceux d’être dans un sport où tu peux gagner de l’argent comme on le fait.
« Ce n’est pas la même réalité pour tous les joueurs. Pour plusieurs, de se qualifier pour Wimbledon et d’avoir une grosse bourse, ça va les aider à payer leur année et leur entraîneur.
« Pour ma part, j’ai été chanceux. L’argent est venu, mais ma priorité a toujours été de gagner des points, de monter dans le classement et de m’améliorer pour devenir un meilleur joueur.
« Mes objectifs n’ont jamais été monétaires. J’aimerais mieux avoir des points avec moins d’argent que l’inverse. »
Plus motivé que jamais
Malgré tout, Auger-Aliassime a trouvé une source de motivation.
« Je vais jouer pour le prestige. Je suis dans une situation où je ne sais pas ce qui va arriver, On ne sait pas comment le tableau peut s’organiser.
« Si je joue mon meilleur niveau, je pourrais me retrouver en demi-finale ou en finale. Pour moi, chaque Grand Chelem est une occasion. Je l’aborde comme tous les autres. »
Avec l’absence des joueurs russes comme Daniil Medvedev et Andrey Rublev, la porte pourrait s’ouvrir pour le protégé de Fred Fontang.
« Je ne sais pas si le tournoi aura une saveur particulière en raison de l’absence des joueurs russes, a précisé l’athlète de 21 ans. En 2020, lors du US Open, on se demandait s’il allait y avoir un astérisque en raison de la COVID. Novak Djokovic avait été disqualifié.
« Medvedev et Rublev sont de très bons joueurs, mais ils n’étaient pas les favoris pour remporter le tournoi. Ce sera le même titre que d’habitude. »
La perte de ses points récoltés à Wimbledon en 2021 ne lui fera pas trop mal. On parle d’un recul d’une ou deux places lors du prochain relevé de l’ATP.

De beaux souvenirs
Le Québécois ne s’en cache pas : Wimbledon est son tournoi favori. Et on peut très bien le comprendre.
« C’est toujours agréable de retourner à un endroit où tu as de bons souvenirs, a souligné Auger-Aliassime. J’ai vécu de bons moments l’an dernier (défaite en quarts de finale).
« C’est ici que j’ai remporté mon premier match en Grand Chelem. C’est un tournoi que j’adore. Tout est magnifique. C’est agréable de revenir ici. »
Au premier tour, il affrontera l’Américain Max Cressy, 60e raquette mondiale. Si le nom de Cressy rappelle quelque chose à certains amateurs, c’est normal.
Il a remporté le tournoi challenger de Drummondville l’an dernier. Cressy, qui mesure 6 pieds 6 pouces, est un gros serveur. Auger-Aliassime devra trouver une façon de lui donner du fil à retordre en retour de service.
Confirmé à la Coupe Laver
Cette semaine, Auger-Aliassime a confirmé sa présence à la Coupe Laver, qui aura lieu en septembre prochain à Londres. Il fera partie de l’équipe monde notamment en compagnie de Roger Federer et Rafael Nadal.
« J’ai adoré mon expérience de l’an dernier. De jouer avec les meilleurs joueurs au monde dans une compétition où c’est plein tout le week-end. Il y a une super ambiance.
« On n’a pas souvent la chance de jouer avec des coéquipiers comme à la Coupe ATP ou la Coupe Davis. C’est un format que j’aime. »
Les échos du Big Ben
Pas de train

À mon arrivée, il était impossible de prendre un train pour le centre-ville. La raison ? Le déclenchement d’une grève de trois jours dans le secteur ferroviaire. La plus importante en 30 ans. Le syndicat représente plus de 40 000 travailleurs. On peut comprendre les Britanniques d’être nerveux à l’approche de la saison estivale.
Un attrape-touriste
À l’aéroport, j’ai croisé une personne qui m’offrait un taxi à un prix d’« ami » pour le trajet vers mon hôtel. Mon tarif est de 100 livres sterling (122 dollars canadiens) m’a-t-il dit. Je commence à calculer le taux de change rapidement. Il me demande de payer comptant avant la course de surcroît. Malgré son insistance, j’ai décliné et j’ai décidé de garder mon plan A. Il s’est sauvé aussi vite qu’il était apparu devant moi. Bienvenue à Londres !
Le bordel partout

On a fait beaucoup état de la situation chaotique à l’aéroport Montréal-Trudeau. Chers lecteurs, il faut se consoler, ce n’est pas mieux ailleurs. À mon arrivée à l’aéroport Heathrow de Londres, le constat était similaire. Il y avait des dizaines de valises qui traînaient un peu partout. Les files d’attente pour les différents comptoirs étaient aussi longues qu’à Montréal. Quand on se compare, on se console.