Les Panthers peuvent remercier les (non-) impôts... et Bettman

Jean-Charles Lajoie
Partager
Les Panthers de la Floride sont encore champions de la coupe Stanley : grand bien leur fasse.
Cette deuxième conquête de suite est pleinement méritée, la meilleure équipe de la Ligue nationale (LNH) a soulevé la coupe. La logique est respectée.
Je trouve toutefois que les superlatifs volent de façon un brin hasardeuse. Clamer que les Panthers forment une véritable dynastie me semble un raccourci avancé sous le coup de l’émotion. C’est vrai qu’un débat de fond peut se tenir sur ce qui peut être considéré une dynastie aujourd’hui. Le plafond salarial, le partage des revenus, la parité souhaitée et obtenue dans une certaine mesure, et l’équilibre des forces tendent à prétendre qu’une formation n’a plus besoin de dominer pendant cinq ans avec au moins trois conquêtes pour recevoir l’étiquette de dynastie.
Néanmoins, un club peut-il être consacré ainsi après deux conquêtes et trois finales de suite ? Pas selon moi. N’en déplaise à Gary Bettman qui s’inscrit en faux avec vigueur à cette perspective, il existe un énorme déséquilibre fiscal dans la LNH et celui-ci avantage nettement les équipes de la Floride et les Stars de Dallas. Ceux-ci ont atteint le carré d’as trois ans de suite, tandis que les six dernières finales ont vu un club des côtes floridiennes représenter l’Est, triomphant à quatre reprises.
Je n’enlève rien aux talents de directeur général de Julien BriseBois et de Bill Zito, mais tous les hommes de hockey qui travaillent avec des taxes et impôts substantiels admettent que ça complique leur tâche. Peu acceptent de le dire publiquement, mais le fait demeure : les joueurs autonomes reluquent généralement la Floride et ensuite le Texas, bien entendu pour la qualité de vie, le peu de pression médiatique, la qualité des installations, la quiétude en sorties publiques, mais davantage sur le principe de la fiscalité, même s’ils soutiennent pour la plupart les choisir pour la qualité des équipes qu’on y retrouve.
Une autre preuve nous sera démontrée dans les prochaines semaines. La valeur de Sam Bennett sur le marché au 1er juillet est entre 9,5 et 10 millions $ par saison. Je suis convaincu qu’il demeurera la propriété des Panthers à un salaire qui ne dépassera pas les 8 millions $ par campagne.
Brad Marchand s’est acheté trois ans de carrière en un printemps, à un salaire de facilement 6,5 millions $. Je suis persuadé que les Panthers retiendront ses services pour maximum 5 millions $ par année, probablement pour quatre ans.
Aaron Ekblad a complété un pacte de huit ans à 7,5 millions $ par saison. Rien ne justifie une augmentation salariale importante, mais regardez bien les Panthers le garder pour maximum 6,5 millions $ par saison.
C’est injuste
Les autres regarderont ce spectacle avec envie en se disant qu’ils ne se battent pas à armes égales. Les Panthers gagneront-ils les cinq prochaines coupes Stanley ? Certainement pas, mais lorsqu’ils perdront des éléments importants, ils seront toujours en première ligne au buffet du 1er juillet. Et ils figureront toujours sur la courte liste d’équipes auxquelles des joueurs vedettes accepteront d’être échangés.
Mais Bettman continue d’ignorer ce problème qui favorise par son système comptable simpliste et déplorable les marchés les moins imposées et les moins taxés. À quand le réveil des gouverneurs pour rétablir l’équilibre des forces ? Peut-être jamais, sinon ça permettrait au Canada de gagner une coupe Stanley aux quatre ans.