Les Panthers ont le don pour casser une ambiance


Jonathan Bernier
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EDMONTON | Dire que j’avais hâte de couvrir la finale de la Coupe Stanley à Edmonton. Pour la première fois en 13 ans, j’aurais l’occasion de vivre la ronde ultime dans un marché canadien.
Oui, le Tricolore avait atteint cette ronde en 2021 contre le Lightning, mais Le Journal m’avait envoyé à Tampa pour couvrir les matchs en sol floridien. En plus, en raison de la pandémie, on ne peut même pas dire que c’était une vraie finale. En termes d’ambiance, je veux dire.
J’étais donc curieux de vivre l’euphorie d’une finale de la Coupe Stanley au Canada. Les bruyants partisans des Oilers à l’intérieur du Rogers Place, le Moss Pit à l’extérieur. Ça allait être fou.
Force est d’admettre que les Panthers ont gâché le party. En l’emportant 4 à 3, hier soir, ils ont poussé les Oilers dans les câbles. Demain, la troupe de Paul Maurice pourrait devenir la première depuis les Red Wings de 1998 à balayer la finale. Pas de quoi faire crier les klaxons et sonner les trompettes.
Bobrovsky, encore
Pour tuer une ambiance, les Panthers sont doués. Ils avaient déjà fait du bon boulot en cette matière en remportant les deux premiers matchs en Floride. À l’image de leurs favoris, les partisans des Oilers se sont présentés au Rogers Place avec l’énergie du désespoir, le faisant vibrer pendant les 18 premières minutes.
Puis, Sam Reinhart a ouvert la marque. Le silence. Comme si Brutus Beefcake était venu faire une prise du sommeil aux 18 000 spectateurs. La foule a repris un peu vie quand Warren Foegele a nivelé la marque en début de deuxième période.
Mais, les buts de Vladimir Tarasenko, Sam Bennett et Aleksander Barkov, marqués en un peu plus de six minutes, ont de nouveau refroidi la foule.
En tête de lice des meilleurs éteigneurs d’ambiance, on trouve Sergei Bobrovky. Une fois de plus, le gardien russe s’est dressé devant pratiquement toutes les attaques des locaux. Connor McDavid, Leon Draisaitl, Evan Bouchard. Ils ont tous mordu la poussière. Ses 33 arrêts ont assurément donné un gros coup au moral des joueurs des Oilers.
Surtout Ryan McLeod, qui avait le but égalisateur sur la palette de son bâton.
Skinner éteint la foule
Stuart Skinner est également pas pire pour éteindre une foule. Négativement, on s’entend. Ses coéquipiers venaient de niveler la marque et tentaient désespérément de trouver une autre rare faille dans la muraille de Bobrovsky lorsqu’il a offert à Tarasenko une occasion en or de redonner les devants aux visiteurs avec une sortie complètement ratée.
L’Albertain n’a rien fait pour aider sa cause. Encore une fois, on ne peut pas dire qu’il a connu un grand printemps. Avant le match d’hier, il présentait un taux d’efficacité de ,896 et une moyenne de buts accordés de 2,51.
L’unité d’infériorité numérique des Panthers a également contribué au phénomène en étant parfaite en trois occasions, dont une avec Aleksander Barkov, le maître du jeu défensif, au cachot. Elle n’a rien donné à la puissante attaque massive des Oilers en dix occasions depuis le début de cette finale.
Draisaitl blanchi
D’ailleurs, si McDavid a récolté deux passes, Draisaitl a été blanchi de la feuille de pointage pour un troisième match de suite. C’est une première pour l’Allemand depuis mars 2020.
Vu la façon dont ça se passe, ça ne sera pas le party dans les rues d’Edmonton. Au moins, j’aurai eu une dernière occasion d’aller visiter mon ami Wesley, le barman anglophone de la Gaspésie qui sévit au Campio, une microbrasserie de la place, et de lui faire découvrir les derniers grands succès de la chanson québécoise.
Tsé quand ça va ben.