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Le Festival des Gaulois sous haute surveillance

L’événement se veut notamment une manifestation contre l’urgence sanitaire

Photo portrait de Jean-François Racine

Jean-François Racine

2021-08-06T15:37:52Z
2021-08-07T02:50:19Z

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Sous l’étroite surveillance de la police et des autorités sanitaires, le Festival des Gaulois a pris son envol en Beauce alors que quelques centaines de personnes ont envahi le site en début d’après-midi vendredi.

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Tous visés par une ordonnance du tribunal, les organisateurs de l’événement ont ouvert le site aux campeurs et aux véhicules motorisés vers 14 h. Leur activité est notamment décrite comme une « manifestation contre l’urgence sanitaire » et contre le passeport vaccinal.

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

Foule nombreuse

Des dizaines de personnes hostiles aux normes sanitaires, aux vaccins et au gouvernement Legault ont fait entendre leur voix à l’entrée aménagée sur le rang 6, à Saint-Benoît-Labre. Un premier spectacle musical a commencé un peu avant 16 h.

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

« On va avoir du fun. Il n’y aura pas d’éclosion ici », a lancé une femme qui attendait son tour à la guérite.

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Les médias n’ont pas accès à la fête et, même de l’autre côté de la voie publique, la présence des caméras dérange. Si certains ont douté de la réussite de l’événement, l’affluence est bien réelle.

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

Souhaitant chasser la presse, l’un des organisateurs ne s’est pas gêné. « Il y a un festival à Lac-Mégantic. À Victoriaville aussi », a crié Keven Bilodeau de manière peu orthodoxe.

À l’entrée du site, plusieurs manifestants n’ont pas apprécié la présence des caméras.
À l’entrée du site, plusieurs manifestants n’ont pas apprécié la présence des caméras. Photo Didier Debusschère

Les voisins, ne voulant pas être pris pour cible, étaient réticents à commenter. « Si tout le monde se faisait vacciner, tout ça serait terminé. On est à la quatrième vague », a affirmé un citoyen « heureux d’avoir ses deux doses. »

Keven Bilodeau, l’un des organisateurs à son arrivée sur le site.
Keven Bilodeau, l’un des organisateurs à son arrivée sur le site. Photo Didier Debusschère

L’ordonnance émise vendredi en Cour du Québec par la juge Hélène Carrier mentionne que les règles sanitaires devront être suivies à la lettre. La juge a estimé que les propos des organisateurs du Festival, Chantale Giguère, Keven Bilodeau et Caroline Lessard, étaient peu crédibles (voir autre texte).

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Visite du site

Devant la juge, mercredi, l’avocate du CISSS de Chaudière-Appalaches a demandé plusieurs fois à Mme Lessard si elle était prête à mettre fin à l’événement si les participants ne respectaient pas les règles. Cette dernière a d’abord répondu qu’elle allait y penser, avant de se raviser. « S’il faut, je vais le faire », a-t-elle dit devant le tribunal.

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

La Santé publique réclamait plus de mordant pour faire appliquer la loi. Jusqu’à la dernière minute, le groupe a refusé de collaborer.

Accompagné de deux policières, l’enquêteur du CISSS de Chaudière-Appalaches a pu visiter le site. Il est reparti avec la SQ après sa tournée. Aucun constat d’infraction ne semble avoir été donné. 

Visée par une ordonnance du tribunal, Chantale Giguère (à droite) étaient présente pour l’arrivée des participants.
Visée par une ordonnance du tribunal, Chantale Giguère (à droite) étaient présente pour l’arrivée des participants. Photo Didier Debusschère

À l’extérieur, plusieurs policiers en civil circulent ou font de la surveillance à bord de véhicules banalisés et des autopatrouilles.

Vêtu d’un chandail blanc, l’enquêteur-analyste du CISSS de Chaudière-Appalaches, Gilles Desrosiers, a pu visiter le site du festival.
Vêtu d’un chandail blanc, l’enquêteur-analyste du CISSS de Chaudière-Appalaches, Gilles Desrosiers, a pu visiter le site du festival. Photo Didier Debusschère

Selon une source, des policiers auraient réussi à acheter quelques bracelets pour faire de l’observation à l’intérieur du site. 

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Le festival se poursuit samedi et dimanche.

Refus de se conformer aux règles sanitaires  

« Comme les organisateurs ont fait part de leur refus de respecter l’ordre émis, le CISSS de Chaudière-Appalaches et sa Direction de santé publique n’ont pas eu d’autres choix que de saisir le Tribunal du dossier, dans le but de protéger la santé de la population. » 

—Le CISSS de Chaudière-Appalaches

« De toute évidence, madame (Caroline) Lessard, tout comme les autres défendeurs, exprime par ses commentaires, faits et gestes un refus systématique de se conformer aux règles sanitaires applicables. »

—Hélène Carrier, juge à la Cour du Québec

« Le peu de certitude et le peu de conviction dans la volonté de madame (Caroline) Lessard à suivre les directives de la Santé publique ainsi que les règles sanitaires font en sorte que le Tribunal accorde peu de foi à son témoignage » 

—Hélène Carrier, juge à la Cour du Québec

« Ce qui m’écœure, c’est que la majorité des gens ne sont pas de la Beauce. Je ne suis pas contre les festivals, mais on vit une période difficile et j’ai plus confiance dans la science. Il y a un danger et il faut être prudent »

—Claude Morin, maire de Saint-Georges.

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