Les opposants au pass sanitaire manifestent en France pour le 4e week-end consécutif
Agence France-Presse
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Près de 240 000 Français ont manifesté samedi, pour le quatrième week-end consécutif, contre un pass sanitaire obligatoire pour aller au restaurant ou prendre le train, deux jours avant son entrée en vigueur.
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En fin d'après-midi, les autorités recensaient 198 actions dans tout le pays, 35 interpellations ainsi que sept blessés légers au sein des forces de l'ordre.
Le ministère de l'Intérieur avait compté au moins 204 000 manifestants le 31 juillet.
Les manifestations ont eu lieu au lendemain d'un nouvel appel pressant lancé par le président Emmanuel Macron : «Faites-vous vacciner».
Près de 66% de la population française a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, qui a fait plus de 112 000 morts en France.
«Macron, ton pass, on n'en veut pas !», «Macron, ta gueule, on n'en veut plus !» : à Paris, des slogans hostiles au chef de l'État ont résonné dans plusieurs cortèges, qui ont rassemblé au total quelque 17 000 personnes, très encadrées par les gendarmes mobiles.
Masqué, Alexandre Fourez, 34 ans, assure manifester «pour la première fois», lui qui a déjà eu la COVID. «Le problème avec le pass sanitaire, c'est qu'on nous force la main», dit cet employé dans le marketing, qui a «vraiment du mal à croire que son application va être provisoire».
Une bonne partie des manifestants conteste le fait que le pass soit imposé, y voyant une «obligation vaccinale déguisée». Ils jugent la contrainte disproportionnée et s'inquiètent notamment qu'un employeur puisse suspendre le contrat de travail d'un employé dépourvu de pass en règle.

D'autres manifestants disent, quant à eux, refuser d'être «les cobayes» des nouveaux vaccins, telle Martine Rodriguez, 74 ans, une professeure de yoga retraitée, «pas contre les vaccins» auparavant mais persuadée que «la COVID a été créé pour éliminer des gens parce qu'on est trop sur Terre».
«Pas nécessairement anti-vaccin», Stéphane, 50 ans, manifeste avec sa femme et leurs deux adolescents. «Ça me dérange qu'on oblige à faire ce vaccin et ça me fait peur pour mes enfants», dit ce salarié dans l'informatique, qui redoute d'éventuels effets secondaires encore inconnus.
La loi qui élargit le pass sanitaire à de nouveaux lieux publics et instaure une obligation vaccinale pour les soignants a été publiée au Journal officiel vendredi.
À partir de lundi, il faudra présenter un certificat de vaccination, un test PCR négatif à la COVID-19 ou un certificat de rétablissement de la maladie pour avoir accès aux cafés, restaurants, salles de spectacles ou salons professionnels ou encore pour faire un long trajet à bord d'un avion, d'un train ou d'un car.
Les autorités font valoir que le nombre des hospitalisations en soins critiques (plus de 1 500 samedi) continue d'augmenter, comme celui des morts quotidiennes (32 samedi). La situation se dégrade en particulier dans les Antilles et notamment en Guadeloupe, confinée depuis mercredi.
Un rassemblement lancé par Florian Philippot
À Paris, un rassemblement s'est déroulé à l'appel de Florian Philippot, l'ancien numéro 2 du parti d'extrême droite Rassemblement national.
Suzanne Petit, 65 ans, une retraitée qui dit multiplier les petits boulots pour «joindre les deux bouts» et militante de longue date, y a dit à l'AFP : «J'observe les mesures barrières, je porte le masque et j'ai peur de cette maladie mais encore plus du vaccin».
Comme la semaine dernière, l'affluence a été particulièrement forte dans le sud.
Dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (sud-est), au moins 37 000 personnes ont manifesté, de Nice (10 000) à Toulon (19 000) et Marseille (6 000), selon les autorités.
Dans la moitié nord, des manifestations étaient notamment prévues à Lille, Reims et Dunkerque.
La semaine dernière, les manifestations avaient parfois été émaillées de face-à-face tendus avec les forces de l'ordre et ponctuées d'invectives, voire d'injures envers les médias.
À Montpellier (sud), des manifestants s'en étaient pris à un pharmacien qui effectuait des dépistages de la COVID-19, certains le traitant de «collabo» et d'«assassin».