Les Oilers sont-ils désespérés à ce point?
Pourquoi embaucheraient-ils Mike Babcock?

Marc de Foy
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Il n’est pas donné à tout ancien joueur de la Ligue nationale de devenir entraîneur dans la plus importante ligue de hockey au monde. En ce sens, le parcours de Martin St-Louis sort de l’ordinaire. Or, il y a des équipes qui manquent d’originalité dans le choix de leur entraîneur.
Exemple : les Kings de Los Angeles viennent de nommer Peter Laviolette. Oui, Laviolette apporte un gros bagage d’expérience. Il a mené les Hurricanes de la Caroline à la coupe Stanley, mais c’était il y a 20 ans. Il a conduit deux autres équipes en finale, en l’occurrence les Flyers de Philadelphie en 2010 et les Predators de Nashville en 2017. Mais son étoile a perdu de son lustre depuis.
Les Capitals de Washington et les Rangers de New York l’ont congédié après avoir raté les séries.
Une enquête ? Pourquoi ?
Ce qui nous amène au cas de Mike Babcock, pressenti pour devenir le prochain entraîneur des Oilers d’Edmonton. L’affaire fait grand bruit dans la capitale albertaine.
Les médias et les partisans des Oilers se demandent ce qui peut bien pousser l’organisation à vouloir confier les rênes à un entraîneur reconnu pour ses méthodes brutales et intimidatrices. Le dossier est devenu une véritable saga.
Hier, l’Association des joueurs a investi la LNH d’une enquête sur Babcock. Comme si personne ne connaissait les actes répréhensibles posés par Mike Babcock avec les Maple Leafs de Toronto et les Blue Jackets de Columbus.
À sa deuxième saison avec les Leafs, Babcock avait demandé à Mitch Marner, qui était une recrue, de classer ses coéquipiers en relation avec leurs habitudes de travail. Lorsque nommé à la barre des Blue Jackets de Columbus, il avait demandé à ses joueurs de lui montrer les photos qu’ils possédaient dans leur téléphone portable.
N’est-ce pas suffisant pour dire : « Non, Mike, merci. On va orienter nos recherches ailleurs » ?
Les Oilers sont-ils désespérés à ce point ?
Bowman devrait savoir
Leur directeur général, Stan Bowman, n’a-t-il pas eu sa leçon dans l’affaire Kyle Beach ?
Pour vous situer, Beach est ce jeune joueur des Blackhawks de Chicago qui avait été abusé sexuellement par l’entraîneur à la vidéo Brad Aldrich.
Bowman a été mis à l’ombre deux ans avant de se retrouver du travail avec les Oilers. Son entraîneur Joel Quenneville a écopé d’une sentence d’une durée identique, mais pas avant qu’il puisse diriger les Panthers de la Floride pendant plus de deux saisons. Ce dernier a repris du service cette saison avec les Ducks d’Anaheim.
Le capitaine et leader des Oilers, Connor McDavid, est muet, jusqu’ici, au sujet de Babcock. Son silence agace beaucoup les médias de l’Ouest canadien.
McDavid vient d’être choisi pour la cinquième fois lauréat du trophée Ted-Lindsay, remis par l’Association des joueurs à celui que ses membres jugent être le joueur par excellence de la LNH. C’est le summum parmi les honneurs individuels décernés aux joueurs les plus méritants de la LNH.
McDavid a probablement son mot à dire dans le choix de l’entraîneur des Oilers. Wayne Gretzky et Mario Lemieux étaient consultés quand leur équipe cherchait un nouveau mentor. À moins que Babcock n’ait conversé directement avec le proprio des Oilers, Daryl Katz, comme le laissent entendre des bruits de coulisses.
Cette affaire est loin d’être terminée. Autre preuve que ça ne sent pas bon, d’autres allégations que celles mentionnées plus haut pèseraient sur Babcock.
Qu’est-ce que les Oilers attendent pour passer à un autre candidat ?