Les Oilers aux douches... comme les journalistes


Jonathan Bernier
Partager
VANCOUVER | Malgré tout le talent qui se trouve au sein de cette équipe, les Oilers feront face à l’élimination, samedi soir à la maison.
Un but de J.T. Miller, avec seulement 33 secondes à écouler au troisième vingt, a procuré une victoire de 3 à 2 aux Canucks, les plaçant de nouveau dans le siège des conducteurs.
«C’est assurément le but le plus important de ma carrière. Mais c’est Lindy [Elias Lindholm] qui a fait tout le jeu, a mentionné le héros du match. Il aurait pu forcer le jeu et risquer un revirement, mais il a été patient. »
Pour un deuxième match de suite, Kris Knoblauch avait choisi de faire confiance à Calvin Pickard. Dans la défaite, le gardien de 32 ans n’a, encore une fois, rien à se reprocher. Il a été bombardé de 35 tirs, dont 17 en deuxième période.
«Ils ont appliqué énormément de pression et nous ne réagissions pas assez rapidement. Ils ont démontré plus d’ardeur que nous», a analysé l’entraîneur-chef des Oilers.
En fait, les coéquipiers de Pickard n’ont qu’eux à blâmer. Limités à seulement trois tirs en cinq supériorités numériques, les Oilers ont démontré qu’ils étaient démunis lorsque leur attaque massive est muselée.
Soulevés par la foule
On peut se demander à quel point la foule a eu un impact sur la rencontre. Pendant que leurs favoris dominaient totalement les Oilers en deuxième période, les partisans vancouvérois faisaient un vacarme assourdissant. Même eux semblaient enlever de l’air aux Oilers.
D’ailleurs, les 19 052 spectateurs n’ont pas hésité à faire entendre leur mécontentement lorsque Dan O’Rourke a imposé une punition d’assaut à Elias Pettersson. L’attaquant des Canucks était pourtant la cible de Warren Foegele, mais en sautant pour absorber la mise en échec, il a renversé son rival.
Une décision s’approchant dangereusement de ce que l’on peut appeler « un call de jambon ». Pourtant, O’Rourke s’y connait en jeu robuste, lui qui a connu des saisons de 296 et 257 minutes de punition dans la ECHL.
La foule s’est alors mise à lancer différents objets sur la patinoire. L’acteur Adam Di Marco [The White lotus, The Order], lorsque présenté à la foule à l’écran géant, a brandi son téléphone cellulaire sur lequel on pouvait lire le bon vieux « Ref you suck!»
D’ailleurs, tout au long de la rencontre, les spectateurs ont encouragé Pettersson, qui connait des séries plus difficiles, en scandant son nom chaque fois qu’il sautait sur la patinoire.
«Savoir que les partisans sont derrière vous, c’est encourageant. Ça fait chaud au cœur. Ça donne le goût de travailler encore plus fort pour eux.», a soutenu le Suédois, auteur d’une importante mention d’assistance sur le but gagnant.
Indigne d’un marché canadien
L’Intensité de la foule compense pour les installations déficientes du Rogers Arena. Un endroit où il est difficile d’exercer son travail de journaliste.
D’abord parce que la galerie de presse est minuscule. Les reporters sont entassés les uns sur les autres avec un espace minimal pour circuler.
Mais surtout parce qu’il n’y a pas de salle de travail au niveau de la patinoire. Il fut une époque où il y en avait une relativement spacieuse, mais les Canucks ont décidé de se servir des lieux pour agrandir leur salle d’entraînement.
Par conséquent, les points de presse se font dans un minuscule vestiaire et les scribes sont contraints d’écrire leurs textes dans les douches. On parle d’installations qui sont loin d’être dignes d’un marché canadien.
D’ailleurs, on souhaite que les Canucks n’atteignent pas la finale de la coupe Stanley, car il va manquer de place dans la bâtisse. Ils vont devoir ériger un chapiteau dans le stationnement sous-terrain du Costco qui se trouve de l’autre côté de la rue.
Le franchisé ne s’en plaindra sûrement pas. Il va faire de l’argent en masse sur les hots dogs et la poutine. Ça a l’air que pour la bouffe, pas besoin de carte de membre.
Je ne prendrai pas de chance. Je vais traîner la mienne.