Les Moms Guerrières joueront du gros hockey pour la Fondation Charles-Bruneau

Stéphane Cadorette
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La fièvre des séries de la LNH bat son plein, mais il n’y aura clairement pas de match plus important samedi que ceux qui seront disputés à la place Jean-Béliveau dans le cadre de la Coupe Charles-Bruneau, tenue au profit des enfants atteints du cancer.
L’objectif est d’amasser 200 000$ pour financer la recherche sur les cancers pédiatriques dans le cadre du tournoi de hockey-balle annuel de la Fondation Charles-Bruneau.
De tous les participants à l’événement, l’équipe des Moms Guerrières, qui fera la fierté de Saint-Raymond, est particulièrement touchée par la noble cause.
La capitaine et gardienne de l’équipe, Amélie Hardy, est maman de deux filles, dont une de 12 ans qui est en rémission depuis maintenant quatre ans.
Caroline Paradis, mère de trois enfants, vient de voir sa petite Marguerite, 2 ans et demi, terminer ses traitements.
Valérie Moisan a quant à elle vu sa petite Sophie emportée par la maladie il y a huit ans, mais continue de se battre auprès de ses coéquipières sur la surface de jeu et dans la vie.
«On était des connaissances, puis le hockey et le cancer nous ont réunies. On a les trois quelque chose en commun que les autres n’ont pas vécu. Ça a créé un lien particulier. Même si le dénouement n’est pas pareil pour chacune d’entre nous, on sait comment on se sent», s’est exprimée Caroline Paradis.
Unies dans la tourmente

Les trois courageuses mamans seront épaulées par sept coéquipières lors du tournoi. Chacune d’entre elles devait débourser 500$ pour y participer. Des entreprises et particuliers de leur région ont mis la main à la pâte sans la moindre hésitation pour contribuer à l’effort.
«Tu ne souhaites pas ça à ton pire ennemi, la maladie d’un enfant. C’est gros, c’est intense, c’est inimaginable. On est passées par là et on souhaite le meilleur pour ceux qui vont le vivre.
«Quand le diagnostic pour ma fille est tombé, j’ai réalisé que la vie, c’était aujourd’hui, maintenant. J’ai eu l’occasion d’embarquer dans une équipe de hockey et, depuis, j’en ai plusieurs. Tu ne survivras pas à des épreuves comme ça sans échappatoire comme le sport», a souligné avec justesse Amélie Hardy, qui jouait à une autre époque sur la scène collégiale.

C’est elle qui a approché ses comparses pour former une équipe.
«Et on n’a pas hésité une seconde!» a clamé Caroline Paradis.
«La Fondation Charles-Bruneau, tant que ça ne te touche pas, tu ne connais pas la mission et tu ne réalises pas où l’argent va. Quand tu as les pieds dedans, tu vois les services offerts et les programmes de recherche. On sait que ça peut aider d’autres familles pour sauver plus d’enfants. Les pronostics que nous avons eus n’auraient pas été les mêmes il y a 10 ans», a-t-elle continué.
L’exutoire idéal
Les Moms Guerrières ne jouent peut-être pas pour la Coupe Stanley, mais la Coupe Charles-Bruneau n’apporte pas moins de fierté et de réconfort. À ce jour, depuis sa mise en place, en 2021, l’événement présenté à Québec et Montréal (le 27 septembre au Stade IGA) a permis d’amasser 4 M$.

«Le cancer d’un enfant n’affecte pas que l’enfant, mais toute la famille. C’est douloureux de voir son enfant souffrir et de savoir son cocon ébranlé. Ça donne encore plus le goût du hockey quand tu joues pour une cause.
«Quand ma fille était en traitements, j’étais tellement confinée à l’hôpital que, quand je retournais jouer, c’était mon échappatoire. Je me sentais comme dans ma vie normale d’avant, et c’est ce qu’on veut tous vivre samedi», a résumé Caroline Paradis.
Il est toujours possible de soutenir la cause en faisant des dons via le site web de la Coupe Charles-Bruneau.