Privatisation de MEC: les membres préparent une contre-proposition
Sauvons MEC souhaite restructurer la coopérative d’équipement de plein air tout en évitant sa privatisation


Martin Jolicoeur
Partager
L’achat de Mountain Equipment Co-op (MEC) par l’Américaine Kingswood Capital Management pourrait prendre une tournure inattendue, alors que les millions de membres de la coopérative de plein air préparent le dépôt d’une contre-proposition.
• À lire aussi: La grogne gagne les membres-clients de MEC
• À lire aussi: MEC passe aux mains d'intérêts américains
La Cour suprême de Colombie-Britannique a autorisé jeudi le mouvement Sauvons MEC à représenter les intérêts des 5,4 millions de membres de la coopérative, et à prendre la parole en leur nom au cours d’une prochaine audience, prévue lundi.
« C’est une première victoire dont nous sommes particulièrement fiers », affirme Marie-Hélène Viau, représentante bénévole de Sauvons MEC. Depuis une semaine, la gestionnaire de projet de Montréal a choisi de mettre plusieurs pans de sa vie en veilleuse pour se consacrer à cette cause.
Né dans la foulée de l’annonce de vente, le 14 septembre, Sauvons MEC veut profiter de la prochaine audience pour demander la suspension de la transaction. Idéalement, le regroupement souhaiterait obtenir un délai de deux semaines afin de lui permettre de préparer une proposition pour les créanciers en bonne et due forme.
En difficulté, MEC a obtenu la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies il y a une dizaine de jours. Sous réserve d’approbation de la Cour, cette loi permettrait au CA de procéder comme prévu à la vente et à la privatisation de la coopérative.

Campagne de financement
C’est sans compter évidemment l’importance du mouvement de protestation. Plus de 130 000 personnes ont signé l’une ou l’autre des pétitions qui ont circulé sur Change.org. Et en sept jours, par GoFundMe, Sauvons MEC a récolté plus de 100 000 $ pour couvrir ses frais juridiques.
« Je ne sais pas où tout cela mènera, mais j’ai confiance, dit Mme Viau. Je ne peux pas croire que devant l’ampleur de cette mobilisation, la Cour et les créanciers – lesquels auront ultimement le dernier mot – demeureront insensibles. »
Dans les prochains jours, Sauvons MEC espère conclure des ententes avec d’importantes organisations du milieu coopératif, afin de faire face aux difficultés de MEC autrement que par sa privatisation.
Déjà, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité a décidé d’appuyer le mouvement, aux côtés de ses homologues de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.
Il y a 10 jours, les dettes de MEC s’élevaient à 98,1 M$, dont 69,7 M$ de créances garanties. Parmi ses créanciers figurent la Banque Royale, la CIBC et la Banque TD.