Les joueurs du Canadien sont (presque) bénévoles pendant les séries

Anne-Sophie Poiré
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La victoire du Canadien contre Buffalo jeudi soir a peut-être été payante pour l’équipe, mais un peu moins pour les joueurs qui, eux, patinent « pour des peanuts » pendant les séries éliminatoires par rapport au salaire astronomique empoché pendant la saison régulière. Personne ne va pleurer sur leur sort, mais de combien de peanuts parle-t-on exactement ?
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« Il y a beaucoup de joueurs qui n’aiment pas les séries parce qu’ils ne sont pas payés. On reçoit notre dernier paycheck à la mi-avril », expliquait l’animateur et ancien joueur de la LNH, Georges Laraque, sur les ondes de BPM Sports plus tôt cette semaine.
Les athlètes de la Ligue nationale de hockey (LNH) ne reçoivent leur salaire annuel qu’au cours de la saison régulière : 13 chèques leur ont été distribués entre le 30 octobre 2025 et le 30 avril dernier pour les 82 matchs disputés.
Depuis près d’un mois, donc, les joueurs s’exécutent sur la glace – presque – bénévolement.
Ils ne touchent que des bonus qui sont répartis également parmi les équipes qualifiées dans les séries éliminatoires. Plus elles se rendent loin, plus le bonus sera grand.
Cette année, la cagnotte s’élève à près de 33 millions de dollars canadiens – ou 24 millions américains.
À noter que ce fonds bondira de 42 % dès la saison 2026-2027 avec l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective de la LNH, le 16 septembre. Les participants aux séries l’an prochain se partageront une cagnotte de 46,7 millions $ (34 millions $ US).
L’exemple de Dobson
Chaque formation qui accède aux séries reçoit un bonus qui est ensuite divisé en 25 parts égales. Tous les joueurs perçoivent généralement la même montant, mais la répartition demeure à la discrétion de l’équipe.
Prenons l’exemple de Noah Dobson. Le défenseur de 26 ans était l’athlète le mieux payé du Canadien de Montréal en 2025-2026. Son salaire annuel : 16,5 millions $ – ou 12 millions $ US.

Il récolte ainsi près de 201 206 $ (146 341 $ US) par match pour les 82 rencontres de la saison.
Mais pendant les séries éliminatoires, sa rémunération se voit drastiquement diminuée. Elle représente une fraction de son chèque habituel.
Supposons que l’aventure du Canadien se termine à la fin de la deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo au terme de sept parties.
L’intention ici n’est en aucun cas de porter malheur au CH, mais bien de démontrer quelle serait la paye de Noah Dobson pour ses 14 matchs disputés après la saison régulière. Cet exemple est purement mathématique.
Le numéro 53 du Tricolore recevrait la somme de 51 697 $ (37 600 $ US) pour l’entièreté des séries, soit environ 3689 $ (2686 $ US) par rencontre : sept contre Tampa Bay et sept contre Buffalo.
Selon Georges Laraque, la coupe Stanley ne serait donc pas un rêve pour tous les joueurs de la LNH dont certains préfèrent éviter le « bénévolat » des séries et avoir tout l’été de congé.
« Il y a des gars qui aiment n’avoir aucune pression et jouer dans des équipes qui ne vont nulle part. J’en ai vu des joueurs, dont avec le Canadien, que leur stock était déjà pacté quand ça finissait [en avril]. Le lendemain ils étaient partis. Ils avaient hâte », a-t-il raconté à BPM Sports.
- avec la collaboration de Nicolas Cloutier