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Les joueurs du Canadien redonnent le sourire aux enfants hospitalisés

Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2023-12-05T22:35:00Z
2023-12-06T03:33:15Z

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La réaction du jeune Victor Boissé représentait à elle seule la raison pour laquelle l’organisation du Canadien poursuit année après année sa traditionnelle tournée des hôpitaux pour enfants de Montréal.

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Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Le visage du garçon, alité, somnolant et serrant bien fort son toutou du Canadien contre lui s’est illuminé en voyant Samuel Montembeault, Jake Allen, Michael Pezzetta et Gustav Lindström entrer dans sa chambre de l’aile des soins intensifs de l’hôpital Ste-Justine.

«C’est son premier sourire de la journée», a lancé sa maman Véronique Arvisais.

«Il a subi une opération à la base de la nuque, hier. Il traverse des moments de douleur, alors il est sur la morphine accoté», a-t-elle précisé.

Dans un autre coin de l’hôpital, Sophia Samaali attendait avec impatience le passage de Nick Suzuki. Calepin à la main, elle avait hâte d’obtenir un autographe et de se faire tirer le portrait en compagnie de son joueur favori.

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«Quand elle a su que les joueurs du Canadien allaient visiter les hôpitaux, elle a demandé de pouvoir les rencontrer, a mentionné Aziz, le papa de la timide jeune fille. Elle les aime tellement.»

«Je regarde presque tous les matchs avec mon père, à la télé. Je suis excitée et heureuse de pouvoir les voir en personne», a mentionné Sophia, des étoiles dans les yeux.

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Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Un sourire sur le visage des enfants, le bonheur sur celui de leurs parents, les hommes de Martin St-Louis ont accompli leur mission de la journée. 

«Tantôt, on a visité un petit gardien de but de Mirabel. Il était tellement content de nous voir qu’il en pleurait», a raconté Samuel Montembeault. 

«Ce n’est pas toujours des moments faciles, mais on doit être fort pour eux, a-t-il ajouté. Je suis content de leur permettre d’oublier, l’instant d’une journée, la situation un peu plus difficile qu’ils traversent.»

Montembeault est bien placé pour connaître la réalité des jeunes patients de l’hôpital Ste-Justine puisqu’un membre de sa famille s’est déjà trouvé dans cette situation.

«La visite des hôpitaux, ça représente beaucoup pour moi. J’ai un cousin qui est passé par là, il y a plusieurs années. Il avait rencontré les joueurs du Canadien. Ça lui avait fait tellement de bien», a raconté le gardien de Bécancour.

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Il n’y a pas que leur présence qui fait la joie des enfants. La victoire est aussi un baume sur cette période un peu plus morose.

«Il y en a plein qui ont de petites télés dans leur chambre. Ils nous ont félicités pour notre victoire d’hier. Ça aussi, ça leur amène un sourire. Ça les aide à se divertir», a fait valoir Montembeault.

Le cœur léger

Arrivé au sein de l’équipe dans le dernier droit de la dernière saison, Rafaël Harvey-Pinard en était à sa première visite dans les hôpitaux. Le genre de sortie qui confirme l’importance du Tricolore au sein de la communauté.

«À force de faire des activités comme celle-ci, tu comprends encore plus ce que représente le Canadien pour la population, a-t-il lancé. Mais on le voit encore plus aujourd’hui. Les parents nous disent que ça fait une différence pour leur enfant.»

Tellement que certains patients espéraient prolonger leur séjour de quelques heures question de ne pas rater cette visite.

«Hubert était censé avoir son congé d’hôpital à 13h. Finalement, avec tous les retards qu’il y a eu ce matin, on a pu être encore ici pour voir les joueurs du Canadien», a mentionné Daniel Bourdages.

On ne sait pas qui de papa Daniel ou du petit Hubert, âgé de 19 mois, était le plus heureux, mais tout le monde est reparti avec le cœur léger. 

Une visite marquante pour les joueurs 

Les joueurs du Canadien, dont Nick Suzuki et Jake Allen à leur arrivée à au CHU Sainte-Justine.
Les joueurs du Canadien, dont Nick Suzuki et Jake Allen à leur arrivée à au CHU Sainte-Justine. Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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Ce n’est pas d’hier que le Tricolore rend visite aux enfants malades à l’approche du temps des Fêtes. C’est une tradition qu’avait instaurée Jean Béliveau au début des années 1960.

Si ces visites ont fait du bien à des milliers d’enfants au fil des décennies, elles ramènent les joueurs du Canadien sur le plancher des vaches. Celui où les résultats qu’on attend n’ont rien à voir avec la victoire ou la défaite. 

« Ils se battent pour de réels problèmes dans la vie. Nous pratiquons le métier que nous aimons et nos mauvaises journées n’ont rien de comparable à une mauvaise journée pour un enfant malade », a soutenu Brendan Gallagher.

« Tous les ans, je reste marqué par la visite à l’hôpital, a poursuivi le joueur comptant le plus d’ancienneté dans le vestiaire du Canadien. Ça replace toujours les choses en perspectives. Nous avons toujours une mémoire à court terme comme joueurs de hockey et nous restons dans notre bulle. Mais quand tu visites les enfants à l’hôpital, tu ne penses plus au hockey », a-t-il ajouté.

« D’ailleurs, je repense souvent aux petits garçons ou aux petites filles que nous croisons lors de cette journée. »

« Le Canadien, c’est tout, c’est une partie de nous », chantaient Michel Como et Thierry Dubé, dans les années 1980. Chaque année, lors de leur passage au CHU Sainte-Justine, au Shriners pour enfants et à l’Hôpital de Montréal pour enfants, les joueurs du Tricolore sont à même de le constater.

« On ne comprend pas toujours l’impact que nous avons au sein de la population. Ça, ça nous le fait réaliser, a mentionné Nick Suzuki. D’ailleurs, j’ai toujours hâte de venir ici. C’est une activité vraiment spéciale. J’adore rencontrer les enfants et leur famille. Les enfants semblent toujours prendre beaucoup de plaisir à nous voir. »

Responsabilités avec le privilège

Bien avant qu’il connaisse la carrière qui lui a ouvert les portes du Temple de la renommée du hockey, Martin St-Louis a grandi à Laval en idolâtrant des joueurs comme Mats Naslund. Au fils de ces années, il a été témoin, via les nombreux reportages sur le sujet, de l’impact de ces visites. 

Une activité qui, à ses yeux, fait partie des responsabilités qui viennent avec le privilège de porter le chandail bleu-blanc-rouge.

« Comme athlète professionnel, et surtout à Montréal, c’est une opportunité, mais surtout un devoir. C’est notre devoir de donner du temps à du monde qui est dans une situation difficile. Si on peut leur remonter le moral, c’est notre devoir », a-t-il répété.

Un devoir dont tout le monde s’est, encore une fois, bien acquitté.

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