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Les jeux vidéo ont-ils leur place dans le mouvement olympique? Un entrepreneur québécois estime que oui

«Les plus jeunes, qui grandissent avec le e-sport, voient ça exactement de la même façon que nous on voit un match du Canadien», dit Félix LaHaye

La Corée du Sud et Taïwan se préparent pour la finale de League of Legends aux Asian Games, en septembre dernier.
La Corée du Sud et Taïwan se préparent pour la finale de League of Legends aux Asian Games, en septembre dernier. Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2023-12-29T16:38:47Z

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«Les plus jeunes, qui grandissent avec le e-sport, voient ça exactement de la même façon que nous on voit un match du Canadien. Ils ont leur équipe, c’est excitant, les rencontres sont vraiment bonnes.»

Cette affirmation sur la façon différente dont les jeunes consomment les compétitions sportives, qui en étonnera sûrement certains, vient de Félix LaHaye. 

Entrepreneur à succès depuis la fin de son adolescence, le trentenaire montréalais désormais établi à Los Angeles a été un pionnier du marketing d’influence, avant même qu’il soit possible d’acheter une publication sur Instagram.

Photo fournie par Félix LaHaye
Photo fournie par Félix LaHaye

«Il y a un chèque de 20$ quelque part dans la galaxie avec ma signature. C’était le premier chèque pour acheter une publication sur Instagram», explique-t-il au Journal, au sujet de sa première entreprise, Instabrand.  

Les 30 plus influents

En 2017, le prestigieux magazine Forbes inscrivait son nom sur sa liste des «30 under 30», qui souligne le brio de 30 personnalités du monde des affaires qui ont moins de 30 ans. 

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Photo fournie par Félix LaHaye
Photo fournie par Félix LaHaye

Et il y a quelques semaines, la même publication brossait un long portrait du parcours et de la vision du Québécois en ce qui a trait à l’importance du e-sport

Mais ce que Forbes ne disait pas, c’est qu’en plus d’être un mordu de jeux vidéo, une partie de sa personnalité qu’il a longtemps cachée, Félix LaHaye est un grand fan du Canadien. 

«Quand j’étais jeune, c’était vu comme un peu nerd, rappelle-t-il. J’étais capitaine de l’équipe de rugby et je ne disais pas à mes amis que je rentrais chez moi pour jouer aux jeux vidéo, parce que tout le monde allait se moquer de moi!»

C’est en partie une discussion avec un hockeyeur professionnel, dont il n’a pas dévoilé le nom, qui a contribué à lui ouvrir encore davantage les yeux.

«Il m’a dit: “nous les joueurs [dans la trentaine], on sort après une game, on a envie d’aller dans les clubs. Nos coéquipiers qui ont 20 ans, ils rentrent chez eux pour jouer au Xbox”.»

Du marketing dans les jeux

Félix LaHaye est désormais à la tête de United ESports, sa compagnie de marketing et de média dans le gaming

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Son entreprise cible la clientèle de la génération Z (nés après 1995). Elle fait affaire des clients de taille: Coke, McDonald’s, la NFL et plusieurs marques de jeux vidéo. 

United ESports fait des campagnes publicitaires pour ces marques à travers les réseaux sociaux et les jeux vidéo. Par exemple, pour une campagne pour Tide, les perdants d’une compétition de jeux vidéo devaient faire une brassée de linge.

Alors pour Félix LaHaye, qui a autant de plaisir à regarder un match du Canadien au Centre Bell qu’à soutenir son équipe du jeu vidéo League of Legend dans une grande compétition, le e-sport, «c’est [son] sujet de prédilection».

Et il n’est pas le seul. Les e-sports ont fait leur entrée aux Asian Games cette année. Le marché asiatique est conquis depuis un moment déjà par les jeux vidéo.

Seulement l’an dernier, ils sont 710 millions d’Asiatiques à avoir visionné des compétitions virtuelles, rapporte le site Statista. 

Des spectateurs à un match de e-sport entre la Chine et le Vietnam aux Asian Games, en septembre dernier.
Des spectateurs à un match de e-sport entre la Chine et le Vietnam aux Asian Games, en septembre dernier. Photo AFP
Le CIO s’y intéresse beaucoup
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En Europe aussi, l’intérêt est grand. Si bien que le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a récemment proposé une étude sur des Jeux olympiques du e-sport

«Le hockey, c’est un jeu, affirme Félix LaHaye. Mais pour les jeunes, une compétition virtuelle de League of Legends, c’est aussi un jeu. Le e-sport, c’est vraiment un changement dans la façon dont les gens voient la compétition.» 

Le e-sport aux Asian Games, en septembre dernier.
Le e-sport aux Asian Games, en septembre dernier. Photo AFP

C’est l’un de ses arguments principaux quand il prône l’intégration du e-sport dans le milieu conservateur des Olympiques. 

Comme «le curling»?

Un autre de ses arguments répond à ceux qui estiment que les jeux vidéo n’ont rien à voir avec le sport. 

Et qu’ils sont, même, ce qui fait en sorte que beaucoup de jeunes ne sont pas actifs. 

«Évidemment, ce n’est pas le même genre de talent que de courir le 100 m en 9 secondes, souligne l’homme d’affaires, mais c’est quelque chose qui prend énormément d’entraînement, énormément de rigueur.» 

«Est-ce que les J.O., ce sont seulement de la force physique, ou est-ce que c’est aussi de la dextérité et du dévouement?» s’interroge-t-il aussi, avant d’enchaîner: «Il y a des disciplines aux Jeux comme le curling, qui ne sont pas la même chose que de courir le 100 m.»

«Et c’est correct: ce sont deux disciplines rigoureuses, mais différentes.»

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