Les Jeux olympiques de Paris il y a 100 ans: sous le signe de l’effervescence et des Années folles

Martin Landry
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Saviez-vous qu’il y a 100 ans, en 1924, la ville de Paris a accueilli les Jeux olympiques? Ce grand rendez-vous sportif s’est déroulé dans une France en effervescence, dans le Paris des Années folles.
Ce n’était pas la première fois que la Ville Lumière accueillait l’événement. Elle avait présenté des rencontres sportives en 1900, à une époque où on ne parlait pas encore de Jeux olympiques, une époque où les compétitions étaient amalgamées aux expositions universelles.
Au début des années 1920, on sent que l’identité du mouvement olympique a atteint sa maturité. L’organisation des JO se professionnalise. Ceux de Paris de 1924 battent tous les records. Ils attirent 3089 athlètes de 44 délégations. Cette soudaine popularité est confirmée par la présence de pas moins de 1000 journalistes. Fait intéressant, lors de cette olympiade, 135 femmes participent aux compétitions alors que l’initiateur de la renaissance des JO, le baron Pierre de Coubertin, affirme sans gêne qu’elles n’y ont pas leur place.
Pour l’occasion, on érige pour la première fois un village olympique. Il est constitué de centaines de petites cabanes de bois, on est bien loin du faste qui attend les athlètes cet été à Paris.

Paris attire des milliers d’amateurs de compétitions de haut niveau. Les spectateurs enthousiasmés par l’événement affluent aux guichets pour obtenir une des 45 000 places dans le stade de Colombes. Ils sont d’ailleurs tellement nombreux qu’on ne peut plus les accueillir en bord de piste. On installe donc pour eux de grandes tribunes, ce qui améliore la qualité du spectacle sportif.

La cérémonie d’ouverture est impressionnante. Le prince de Galles, le futur roi Édouard VIII, et de nombreuses têtes couronnées européennes et africaines assistent à la fête tandis que Pierre de Coubertin et le président de la République française Gaston Doumergue sont aux premières loges. Hector Phillips est le porte-drapeau d’une délégation de 65 athlètes canadiens fiers de participer à ces Jeux dont la devise «Plus vite, plus haut, plus fort» les pousse à atteindre leur rêve.

PERFORMANCE DES ATHLÈTES
Les Jeux de Paris mettent en scène 126 épreuves. Plusieurs des 65 athlètes du Dominion du Canada font bonne figure. Mais, pour la première fois de notre jeune histoire olympique, le Canada ne réussit pas à remporter l’or aux épreuves. Le Dominion gagne quand même deux médailles d’argent en aviron, une médaille d’argent au tir et une médaille de bronze en boxe. Cependant, les Grads d’Edmonton remportent un championnat «officieux» en basketball féminin, alors considéré comme un sport de démonstration.
Lors de ces Jeux, ce sont les athlètes américains et finlandais qui se distinguent le plus. Un des héros de cet événement sportif est sans contredit le Finlandais Paavo Nurmi. Imaginez! L’athlète a offert une des performances les plus spectaculaires et remporte le 1500 mètres. Après sa victoire, il a pris à peine le temps de s’étirer, et 55 minutes plus tard, il est retourné en piste et a remporté le 5000 mètres. En quelques jours de compétition dans des conditions difficiles, il a gagné cinq médailles d’or en athlétisme.
Cet été-là, les projecteurs se braquent aussi sur le nageur américain Johnny Weissmuller. Le bel athlète remporte trois médailles d’or. Quelques années plus tard, Weissmuller deviendra une superstar du cinéma en personnifiant 12 fois au grand écran le personnage de Tarzan. On sent que de plus en plus d’athlètes s’ouvrent à la médiatisation de leurs performances. Certains commencent même à profiter de cette nouvelle industrie pour se trouver une voie après leur carrière sportive.

TECHNOLOGIE ET NOUVEAUTÉS
À partir de 1924, on introduit le télégraphe sans fil pour transmettre plus efficacement les performances des athlètes. On utilise aussi l’image et le ralenti pour analyser les performances.
C’est également la première fois qu’une cérémonie de clôture officielle est organisée. On ferme maintenant les JO en hissant trois drapeaux, celui du Comité international olympique, celui de la nation hôte et celui du prochain pays hôte.
IMPACT CULTUREL
Vous savez sûrement que les Jeux de 1924 ont été immortalisés par le film Chariots of Fire. Le film propose l’angle de la rivalité entre l’étudiant de Cambridge Eric Liddell et le très chrétien Harold Abrahams. Le film est devenu un classique du cinéma et a évidemment contribué à populariser l’histoire des Jeux de Paris.

La participation record pour l’époque aux Jeux de 1924 démontre l’internationalisation du rendez-vous sportif. Bien que la jeune Union soviétique n’ait pas participé aux épreuves, on pense que c’est à travers la médiatisation de ce rassemblement à Paris que les plus hauts dirigeants à Moscou ont compris l’importance de soutenir leurs athlètes pour éventuellement les faire compétitionner et surtout les montrer au monde entier.
Les Jeux olympiques de Paris ont marqué un tournant dans l’histoire olympique en introduisant des innovations organisationnelles et technologiques, en mettant habilement de l’avant des performances athlétiques mémorables et en renforçant l’esprit de fraternité internationale. Ces Jeux ont jeté les bases de nombreuses traditions olympiques modernes. À partir de ce moment, ce grand rendez-vous est devenu un événement sportif mondial de premier plan.
À Paris, il y a 100 ans, les athlètes américains ont dominé les statistiques avec un total de 45 médailles d’or, 27 d’argent et 27 de bronze. La France, elle, a terminé au troisième rang derrière la Finlande. Ce mois de juillet 2024, la France accueille de nouveau les sportifs du monde entier, impossible de douter de son désir de se hisser au rang des vainqueurs.