Tous les résultats
Publicité

Les Jets déjà en quête de partisans à Winnipeg

L’organisation souhaite 3000 abonnés de saison de plus la saison prochaine

Photo AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2023-04-13T18:12:31Z

Partager

Même s’ils seront des séries éliminatoires pour la cinquième fois en six ans, les Jets implorent leurs partisans de Winnipeg de se présenter au Canada Life Centre en plus grand nombre, dans une campagne promotionnelle qui a même évoqué le spectre du triste déménagement de 1996.

Les Jets ont lancé un appel à tous en début de semaine, dans l’espoir de trouver 3000 abonnés additionnels en vue de la prochaine saison. Le moins que l’on puisse dire est que le message joue avec les émotions des partisans.

Par le biais d’une vidéo, on utilise même des images pénibles des derniers moments de l’équipe à Winnipeg en 1996, avec une narration qui peut laisser perplexe.

«Envers et contre tous, ce qui a déjà été perdu a été retrouvé: notre fierté. Mais n’oubliez jamais. Jamais plus! Est-ce que Winnipeg est une ville de la LNH? Vous pouvez y compter, mais ça prend chacun de nous. Rejoignez-nous!» peut-on entendre.

La vidéo promotionnelle des Jets de Winnipeg

Une situation surprenante

Certains diront que les Jets sont 30es cette saison en termes d’assistance avec une moyenne de 14 045 spectateurs par match, mais il faut savoir qu’ils évoluent dans le deuxième plus petit amphithéâtre de la LNH.

Publicité

Il est toutefois étonnant de constater que le Canada Life Centre n’est rempli qu’à 93,6% de sa capacité, ce qui place les Jets en 22e position. Parmi les équipes qualifiées pour les séries éliminatoires, seuls les Devils (92,1%) et les Panthers (86,3%) font pire.

Même la visite des puissants Bruins, à Winnipeg, le 16 mars dernier, n’a pas permis de faire salle comble au Canada Life Centre. La feuille de match indique 14 555 spectateurs.
Même la visite des puissants Bruins, à Winnipeg, le 16 mars dernier, n’a pas permis de faire salle comble au Canada Life Centre. La feuille de match indique 14 555 spectateurs. Photo fournie par USA TODAY Sports

Impossible de remettre en doute la passion des partisans de Winnipeg pour leurs Jets, mais la situation a de quoi surprendre, considérant qu’au retour de l’équipe en 2011, plus de 13 500 abonnements s’étaient envolés en 17 minutes.

«Je connais les propriétaires et je ne crois pas qu’ils voulaient vraiment menacer leurs partisans, mais ça reste une business où tu dois vendre des billets, sinon ça ne fonctionne pas. Je peux comprendre qu’ils veulent des gens à l’aréna», a mentionné au Journal l’ex-attaquant Mathieu Perreault, qui a évolué à Winnipeg de 2014 à 2021.

Photo AFP
Photo AFP

Ambiance survoltée

Quiconque a déjà mis les pieds à Winnipeg sait que l’appui des partisans n’a jamais été un problème.

Publicité

Pourtant, cette saison, les Jets ont évolué devant une salle comble dans seulement cinq de leurs 41 matchs locaux, selon le Winnipeg Sun. L’entreprise True North, propriétaire et gestionnaire de l’équipe, a publié un communiqué qui réitère son attachement à l’égard de Winnipeg, en prenant soin de rappeler que les amateurs doivent suivre.

«Notre engagement de garder les Jets à Winnipeg à tout jamais n’a jamais été aussi fort. Mais ça prend chacun de nous. Ensemble», ont-ils dicté.

Pour Mathieu Perreault, qui a vécu l’euphorie durant ses sept saisons à Winnipeg, il est difficile d’en demander davantage aux partisans.

«C’est une ville passionnée de hockey, mais au bout de la ligne ça prend maintenant de gros moyens pour aller t’asseoir à l’aréna. Les Jets ont peut-être 700 000 partisans qui soutiennent l’équipe, mais c’est une ville d’ouvriers qui n’ont pas tous l’argent avec le prix des billets qui augmente à chaque année. On le sait quand même que lorsqu’on joue là, la ville est derrière l’équipe à 100%.»

De bien pires marchés

Celui qui a pris sa retraite l’automne dernier après son unique saison à Montréal a conclu en rappelant une évidence. La situation à Winnipeg est loin d’être aussi désolante que celle dans certains marchés comme l’Arizona.

«Il y a des marchés comme à Phoenix où ça va clairement moins bien et ce n’est même pas comparable. Ce qui est dommage, c’est que pour Gary Bettman, une équipe canadienne qui ne fonctionne pas à plein régime c’est la pire chose. C’est pour ça que la pression est mise sur les fans», a-t-il analysé.

Publicité

Une offensive qui déplaît aux fans

Difficile de prédire si l’offensive des Jets sera productive à long terme, mais à en juger par la réaction de nombreux partisans, l’équipe semble pour le moment avoir marqué dans son propre but.

Sous la capsule vidéo diffusée par les Jets mardi via leur compte Twitter, les commentaires de partisans affluent et sont plutôt cinglants, dans une bonne proportion.

«Il n’y a rien comme une menace subtile d’un autre déménagement de l’équipe pour rallier les partisans», s’est exprimé quelqu’un sous le pseudonyme de Tomski.

«On déménage à Québec, n’est-ce pas?», a même lancé un petit comique prénommé Noah.

Photo AFP
Photo AFP

Pris à la gorge

Au cours de cette campagne promotionnelle pour ramener des partisans, les Jets ont indiqué que 2000 d’abonnement avaient quitté le navire depuis la pandémie. 

L’organisation a laissé entendre que les partisans avaient pris des habitudes plus sédentaires. Avec le coût de la vie qui a explosé dans les dernières années, il est probable qu’ils soient difficiles à ramener à bord, selon ce que certains d’entre eux ont souligné.

«Les taxes foncières ont grimpé de plus de 6%, la taxe carbone ajoute 8 cents du litre sur l’essence, la nourriture n’est plus achetable. Je pense que bien des gens préféreront quatre murs, un toit et de la nourriture sur la table plutôt que d’aller voir des millionnaires qui s’écrasent en fin de parcours pour une cinquième année de suite», a déploré un dénommé WillyBWilliams3.

La faute aux Jets?

De son côté, un autre partisan, Todd Poirier, lance directement le blâme aux Jets.

«C’est brutal. Ça prend chacun de nous, sauf les gens qui peuvent rendre le sport plus abordable et améliorer l’expérience de match. C’est ce qui s’appelle refiler le blâme. Il y a plein de raisons qui expliquent que les matchs ne se vendent pas. Les fans ne sont pas la raison», a-t-il opiné en réaction à la publication des Jets.

Difficile en séries

Depuis leur retour à Winnipeg, les Jets n’ont franchi la deuxième ronde éliminatoire qu’une seule fois, soit au printemps de 2018, lorsqu’ils ont vu leur parcours prendre fin face aux Golden Knights de Vegas, en finale de l’Ouest.

«C’était plein à craquer et pendant les séries, c’était des dizaines de milliers de personnes dans les rues. Je trouve ça assez spécial de voir que les partisans y vont moins», a noté Mathieu Perreault.

«Winnipeg n’est pas une grande ville et il faut que les gens puissent se les payer, les billets. C’est ça qui est l’enjeu. C’est un excellent marché, mais un petit marché», a-t-il enchaîné.

Publicité
Publicité