Les héros du dimanche

Jean-Nicolas Blanchet
Partager
Et puis, c’était comment, vos deux derniers dimanches ?
La semaine dernière, le Canadien éliminait Tampa Bay. Mon meilleur ami, un des fans les plus fous du CH, était ému jusqu’aux larmes chez nous.
Là, j’étais au Centre Bell pour assister à cette autre victoire convaincante contre les Sabres.
En tout respect pour les mordus de football et ceux qui adorent dévorer leurs beaux programmes à la télé, les dimanches sont assez tranquilles dans nos chaumières. On prépare les lunchs, on doit se coucher pas trop tard et on est au moment le plus éloigné du prochain congé.
Mais à la place, pour deux dimanches, le CH vient de gagner deux des plus importantes victoires de sa décennie.
Je ne suis pas trop fafan. Je continue d’aller bruncher avec Badaboum de temps à autre.
Là, je ne veux pas partir en peur, mais je vous avoue que je capote.
Ce n’est pas impressionnant pour une jeune équipe.
Ce n’est pas impressionnant pour une équipe qui n’a pas fini sa reconstruction.
C’est impressionnant, point.
Des garçons braves
Un héros se définit d’abord comme quelqu’un qui se distingue par sa bravoure.
Il y en a en batinse, de braves petits gars, dans ce club-là.
Voilà une semaine que Cole Caufield n’est pas capable de marquer et que tout le monde souligne qu’il doit en faire plus.

Oui, on s’attendait à plus. Mais il faudrait lui installer une caméra sur la tête pour voir ce qu’il voit pendant un match en séries. Tout le monde essaie d’aller l’atomiser sur la glace.
Quand il a marqué dimanche, c’était fou dans le Centre Bell. Comme si 21 000 personnes avaient marqué avec lui. L’annonce du but, par Michel Lacroix, a duré le temps d’une pause publicitaire, car la foule s’est lancée dans un de ses nombreux « Olé, olé ».
Je n’ai pas vu ça à Buffalo.
Parlant de Buffalo, c’était une foule extraordinaire. Et vous savez quoi ? Elle n’arrive pas à la cheville de celle de Montréal.
Hutson, franchement
Sur la bravoure, on peut jaser de Lane Hutson aussi. C’est le rêve de Tage Thompson, 6 pieds 6 pouces, de le casser en deux. Non seulement il n’en est pas capable, mais Hutson continue de jouer avec le sourire en craignant que la sirène sonne, car ça signifiera qu’il ne peut plus jouer. Je ne sais pas pour vous, mais moi, au moins trois fois par match, encore en série, je me dis : ça n’a pas de tab@?& de cal&%& de bon sens combien il est bon.
Il y a le brave Jakub Dobes aussi qui se parfume à la confiance, quand beaucoup de gens le voyaient derrière Fowler il n’y a pas si longtemps. Son large sourire, quand il a vu un panneau d’arrêt à son nom sur l’écran géant, était tellement beau à voir. Sa candeur et son bonheur, avec Élizabeth Rancourt, après le match, étaient tout aussi touchants.

Que dire du brave Zachary Bolduc. Il ressemble à un jeune qui est trop intense dans des autos tamponneuses. Il frappe tout le monde. Les joueurs de Sabres ne sont plus capables de l’endurer.
Quand tu arrives deux heures avant le match au Centre Bell et que tu vois déjà cette marée rouge à l’extérieur, que tu ne peux pas parler à ton voisin durant tout le match, que tu prends un coup de soleil dans l’aréna tellement il y a du rouge et quand tu es rendu tanné de faire la vague... tu commences à te dire que oui, tout ce monde-là vient voir ses héros.
D’ailleurs, petit point pour finir. Si tu as le privilège de venir au Centre Bell en séries, que tu es partisan du CH, mets un chandail rouge du Canadien. Comme 96 % du monde. Pas le bleu, pas le blanc, pas l’armé... le rouge. Si tu n’en as pas, demande à un ami.