Les golfeurs trop puissants? Deux organismes veulent réglementer les balles de golf


François-David Rouleau
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Le Royal and Ancient (R&A) et l’Association de golf des États-Unis (USGA) ont décidé de prendre le taureau par les cornes en limitant la puissance des golfeurs professionnels. Ceux-ci pourraient devoir utiliser des balles moins performantes qui diminueraient la distance.
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À la suite d’une longue étude sur les distances, c’est la conclusion à laquelle sont arrivés les deux grands organismes de gouvernance du sport. La nouvelle réglementation entrera en vigueur dès l’arrivée de 2026.
Les balles devront respecter des spécifications précises. Selon les données, elles franchiraient environ 15 verges de moins chez les plus longs cogneurs.
Les amateurs et les golfeurs du dimanche n’ont toutefois pas à s’inquiéter, la réglementation ne les concernera pas.
Plusieurs raisons
Bien conscients qu’ils ne font pas que des heureux, le R&A britannique et la USGA ont dit avoir pris cette décision difficile pour défendre l’intégrité du sport, hier, lors d’un point de presse virtuel. Ils souhaitent mettre l’accent sur les habiletés plutôt que sur la distance, qui devenait un problème.
Sur cet enjeu, le golf se trouvait à la croisée des chemins. Les pros frappent de plus en plus loin. Par souci de conscience, de durabilité et d’environnement, il était préférable de limiter les distances franchies, ont-ils expliqué.
Pour résister aux percées technologiques et à la puissance, on avait tendance à allonger les parcours depuis une dizaine d’années.
À preuve, le prestigieux club de golf du Augusta National a ajouté des centaines de verges depuis quelques années afin de se défendre face à l’équipement moderne.
«Changez les maudites balles de golf, avait lâché Jack Nicklaus en point de presse, à Augusta, en 2016. Elles vont tellement loin. Ce terrain est probablement le seul au monde qui peut se permettre financièrement des changements pour rivaliser avec la technologie.»
Toujours plus loin
Depuis 20 ans, la distance a augmenté d’une verge par année, en moyenne.
Il y a exactement 20 ans, ils étaient neuf golfeurs du circuit de la PGA à frapper, en moyenne, plus de 300 verges. Dix ans plus tard, ils étaient 21. À la fin de la saison 2021-2022, ils étaient 99.
Depuis le début de la présente campagne, Rory McIlroy mène le peloton avec des claques de 326,6 verges, en moyenne. La nouvelle mesure ramènerait la technologie des balles des années 1990.
Les récentes avancées technologiques sur les balles datent du milieu des années 2000.
Responsabilité
«Par notre étude, nous avons observé la tendance des distances augmenter, a signalé le grand patron du R&A, Martin Slumbers. Si nous laissions la tendance actuelle, les distances frappées continueraient d’augmenter. Il fallait adresser la situation pour le bien du sport. Ç’aurait été irresponsable de la laisser aller.
«Nous savons que ces changements sont difficiles, mais ils sont nécessaires pour préserver le jeu pour les prochaines générations», a-t-il ajouté.
Le chef de la direction de la USGA, Mike Whan, est aussi conscient de la frustration que cause cette nouvelle réglementation, surtout chez les fabricants, qui ont été avertis des changements à venir. Certains d’entre eux ont exprimé leur désaccord avec la mesure. En compagnie de Slumbers, Whan écoutera tous les intervenants du milieu avant d’instaurer la règle.
Tant le R&A que la USGA ont confirmé qu’ils appliqueront le nouveau règlement à leurs différents championnats en 2026.
Quant au circuit de la PGA, il collaborera avec les organismes de gouvernance pour trouver des solutions dans l’intérêt supérieur du sport, sans toutefois qu’elles aient des impacts négatifs.
La LPGA ne se sent pas concernée par cette nouvelle mesure, puisque la distance n’est pas un problème sur le circuit.