Tous les résultats
Publicité

Les funérailles de Ken Dryden déjà célébrées: Serge Savard raconte

Les obsèques ont été à l’image de l’homme et de ses dernières volontés. Rien de comparable aux souvenirs que l’on garde des obsèques de Maurice Richard, de Jean Béliveau et de Guy Lafleur.

Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Marc de Foy

2025-09-10T04:00:00Z

Partager

Un match de hockey est rempli d’imprévus. À cet égard, Ken Dryden n’était pas différent des autres joueurs. Il réagissait selon le déroulement du jeu. Mais il était tout autrement dans la vie. Il était prévoyant et organisé dans tout ce qu’il faisait et il l’aura été jusque dans la mort. Quatre jours après son décès inattendu, ses funérailles ont eu lieu hier à Toronto.

Les obsèques ont été à l’image de l’homme et de ses dernières volontés. Rien de comparable aux souvenirs que l’on garde des cérémonies ayant marqué les départs de Maurice Richard, de Jean Béliveau et de Guy Lafleur.

Pas de défilé dans les rues de la Ville Reine, pas de grand-messe, pas de rassemblement monstre. Le grand bonhomme est parti comme Monsieur Tout-le-Monde. L’hommage qui lui a été rendu s’est tenu dans une chapelle du cimetière torontois où il a été inhumé. Il y avait quelque 75 personnes qui avaient été triées sur le volet.

Parmi elles se trouvait Serge Savard, qui était accompagné de son fils Junior pour l’occasion.

Le tout s’est fait à la dernière minute. Savard a reçu l’invitation pour les funérailles lundi. Mardi matin, à quatre heures, il a pris la route avec l’aîné de ses trois enfants.

Publicité

«C’était très privé, a raconté Serge sur le chemin du retour. Ses enfants [Michael et Sarah] ont pris la parole, de même que sa bru et le fils de son frère Dave.»

Photo d’archives
Photo d’archives

Face-à-face mémorable au Forum

Les moins jeunes se rappelleront que son frère a lui aussi été gardien dans la Ligue nationale ainsi que dans l’Association mondiale.

Le 20 mars 1971, les deux frangins sont passés à l’histoire en devenant les premiers gardiens frérots à s’affronter dans un match de la LNH opposant le Tricolore aux Sabres de Buffalo au Forum.

L’entraîneur des Sabres, l’expérimenté George Punch Imlach qui le sens du spectacle, envoya Dave dans la mêlée pour le début du match avec l’espoir que son vis-à-vis Al MacNeil fasse appel au grand Ken. Ce dernier fit plutôt appel à Rogatien Vachon. Le match en cours, Imlach remplaça Dryden par Joe Daley, l’un des derniers gardiens de la LNH à avoir joué sans masque.

Mais on n’avait pas tout vu..

Vachon subit une blessure qui le força à quitter la rencontre. Ken fut appelé à le remplacer et Imlach releva Daley par Dave. Le Canadien l’emporta 5 à 3, et, dans une scène qui fut publiée dans tous les quotidiens montréalais, les deux frères se rejoignirent au centre de la patinoire pour se serrer la main. 

Publicité

Ken Dryden venait de signer sa troisième victoire en autant de matchs dans la LNH. Il devait l’emporter aussi à ses trois sorties suivantes en saison régulière avant de mener le Tricolore à une conquête imprévue de la coupe Stanley.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Outre Savard, Geoff Molson, Frank Mahovlich et Bob Gainey étaient présents aux obsèques de Dryden.

D’autres anciens joueurs avaient été invités, mais n’ont pu se déplacer en raison du temps qu’ils auraient mis à le faire.

«Quelques chansons ont été jouées et un goûter a suivi. C’était très bien.»

De Malartic à Boston en auto

Puis, Savard a parlé de la coupe de 1971, l’une des conquêtes les plus spectaculaires, sinon la plus excitante de la longue histoire du Canadien. L’ancien défenseur avait été forcé au rôle de spectateur cette année-là.

«J’avais la jambe dans le plâtre», a-t-il rappelé en faisant référence à la deuxième fracture qu’il avait subie en l’espace de 10 mois.

Le soir du cinquième match de la série de premier tour qui opposait le Canadien aux Bruins, grandement favoris pour remporter une deuxième coupe de suite, le joueur de centre Michel Brière, des Penguins de Pittsburgh, rendit l’âme après avoir passé près d’une année dans un coma consécutif à un accident de la route survenu dans les environs de Val-d’Or.

Publicité

«Le Canadien m’avait envoyé à Malartic [ville natale de Brière] pour représenter l’organisation, relate Savard.

«Je m’y étais rendu dans ma Thunderbird avec mon grand ami Claude St-Jean [ancien lutteur qui était propriétaire d’un restaurant qui portait son nom sur le boulevard Taschereau de Greenfield Park].

«De Malartic, on avait roulé jusqu’à Boston pour assister aux deux premiers matchs de la série contre les Bruins.»

Quelle année!

Dryden encaissa une première défaite dans l’uniforme du Canadien, effectuant 39 arrêts dans un échec de 3 à 1. C’est lors de la rencontre suivante que le Tricolore réalisa sa fameuse remontée de six buts pour signer un triomphe de 7 à 5.

La suite est passée à l’histoire. Inspiré par les prouesses, le Canadien sortit les Bruins des séries, prenant ensuite la mesure des North Stars du Minnesota et des Blackhawks de Chicago, aussi largement favoris, en grande finale.

Une autre vedette était née devant le filet montréalais.

«Le gars a remporté le trophée Conn-Smythe cette année-là, le trophée Calder la saison suivante, cinq fois le trophée Vézina et six coupes Stanley, tout ça en seulement huit ans. On ne voit pas ça souvent!» de lancer Savard.

Photo fournie par Pascale Vallée
Photo fournie par Pascale Vallée

Le préféré de ces dames

En effet, Jean-Maurice.

C’est le genre de souvenir qui revient chaque fois qu’un grand nom de l’histoire du Canadien nous quitte. C’est comme si notre jeunesse défilait sous nos yeux. On se sentait proches des Lafleur, Savard, Cournoyer, Lapointe et des autres parce qu’ils étaient de chez nous.

Dryden, lui, tout comme Gainey, avait pris le soin d’apprendre le français. Il était parfait, Ken. Tellement qu’en 1973, il avait été élu parmi les finalistes au concours du plus bel homme du Canada organisé par Lise Payette.

Les dames aimaient bien son allure et Mme Payette aussi, il va sans dire. Après l’avoir vu descendre un long escalier, accompagné d’une belle dame, l’animatrice d’Appelez-moi Lise lui avait fait un beau compliment en lui confiant qu’elle aurait bien aimé être à son bras dans l’escalier.

On peut trouver la scène sur Facebook.

Quelle époque c’était!

On va revivre tout ça au Centre Bell, lors d’une cérémonie dont la date reste à être déterminée.

Publicité
Publicité